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Walkyrie⋅n
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article de médiapart sur l'islamophobie

le Ven 25 Jan 2013 - 19:16
Pour celleux qui ont un abonnement.
En fait, je trouve cet article de médiapart tardif, mais normal, par contre les commentaires... Shocked Crying or Very sad
Une suite sans fin de commentaires du style "elle n'avaient qu'à pas provoquer, elles l'ont bien cherché" etc...
Seule critique à rajouter à l'article, l'oubli complet de la dimension sexiste également de ces agressions...
http://www.mediapart.fr/journal/france/230113/cinq-femmes-racontent-lislamophobie-ordinaire

Quelques extraits:
Sans prétendre à une quelconque représentativité, nous avons recherché des témoignages d’hommes, de femmes, de tous âges et de niveaux socio-professionnels variés. Mais les femmes, plus que les hommes, ont accepté de prendre la parole. Ce n’est pas un hasard : elles représentent l’écrasante majorité des personnes visées, soit 85 % des cas recensés et, plus particulièrement, 94 % des agressions, selon le rapport annuel du CCIF.

Réalisée auprès de 22 000 individus, l'enquête TeO de l'Ined et de l'Insee rappelle que les discriminations liées à l'origine prédominent par rapport à celles reposant sur une base religieuse. Mais les femmes, confirme aussi l'enquête, sont plus fréquemment touchées que les hommes par les inégalités se fondant sur une appartenance religieuse réelle ou supposée. Nous leur avons donc consacré cette enquête.

Ismahane vit à Chatou dans les Yvelines et Djamila à Nanterre dans les Hauts-de-Seine. Elles portent un hijab, un voile qui couvre les cheveux et laisse apparent le visage. Elles sont fréquemment prises à partie à cause de leur tenue. Rebecca, d’origine tunisienne, vit en Ile-de-France et travaille à Paris. Elle n'est pas musulmane, ce qui ne l’empêche pas d’être interpellée sur son appartenance religieuse présumée. Fatima est pratiquante, non voilée. Elle se sent agressée quotidiennement par le climat médiatico-politique délétère à l'égard de l'islam. Samira, enfin, habite dans la capitale et se définit comme athée. Elle vit comme un harcèlement le fait de devoir décliner son identité et ne supporte plus les amalgames récurrents entre arabe, maghrébin, immigré et musulman.

Ces femmes, de nationalité française, entretiennent des liens plus ou moins distendus avec le pays d’origine de leurs parents. Des préjugés apparemment anodins aux discriminations handicapantes : toutes, à leur manière, sont marquées par ce qu’elles perçoivent comme une hostilité à leur égard.

« Dans la rue, le voile cristallise la haine »

C’est un passage obligé, et pourtant un lieu de violences répétées. La rue, espace pour tous, se transforme pour certaines femmes en terrain inhospitalier. Les regards se tournent vers les voiles. Et celles qui les portent voient des kyrielles d’yeux se fixer sur elles. Des regards réprobateurs, systématiquement. Des insultes, parfois. Des coups, de temps à autre.

Ismahane s’est installée à Chatou, dans la banlieue ouest, en 2001. « Quand je suis arrivée dans cette ville, j’étais la seule femme voilée, peut-être la première. Les habitants me regardaient comme une curiosité. » Et puis, ils ont appris à la connaître, « maintenant, ça va mieux, d’autres sont arrivées, ça se démocratise le voile, je me sens moins seule. Les commerçants se sont habitués, ils me saluent ».

Mais ailleurs, ça continue. Dans le métro, dans le train, elle décrit des regards « de colère, de dédain, inquisiteurs », décuplés le lendemain d'une émission de télé stigmatisant l'islam. « Le voile cristallise la haine », constate-t-elle. « À leurs yeux, je suis une aliénée qui s’ignore. » C’est pourtant paradoxal, « les gens se focalisent là-dessus, comme s’ils ne voyaient que ça, alors que ce voile, je ne veux pas qu’il soit un étendard, j’aimerais qu’il soit invisible ». Les plus virulents sont les hommes, remarque-t-elle, « je soutiens le regard, je souris et je dis bonjour, ça les énerve ».


Assistante maternelle, en charge de trois bambins, Djamila vit à Nanterre dans un immeuble récent, vue dégagée sur La Défense, au pied du RER A. La cinquantaine, elle a décidé de porter le voile il y a dix-sept ans « à la suite d’un cheminement spirituel ». Elle aussi, les regards désobligeants, elle connaît. Une anecdote, parmi d’autres : « C’était un jour de brocante, j’étais en train de faire mes petites courses, et, là, un homme me lance : “Et ben dis donc, elle doit avoir chaud avec son voile, celle-là !” Et il ajoute : “Retourne d’où tu viens !” J’ai répondu que j’étais française, mais mon mari m’a dit de laisser tomber, que sinon ça allait se retourner contre nous et que les gens diraient que nous, les musulmans, sommes agressifs. » Une autre fois, elle conduisait. Un automobiliste l’a alpaguée : « Ah bon, vous savez conduire ? Et le permis, vous l’avez eu où, dans votre pays ?»

La question de la visibilité est aussi au centre de son expérience. « Mon mari, on ne dirait pas un musulman. Mais aux yeux des gens, il devient musulman quand il se promène à mes côtés, à cause de mon voile. Mon fils, c’est pareil, c’est vraiment le petit Français. Il est châtain clair avec les yeux bleus. De l’extérieur, on ne peut pas dire qu’il est musulman. Mais s’il met un qamis ou une djellaba au centre commercial, alors là, tout le monde le dévisage. »
Ismahane, en novembre 2012, lors du Forum social mondial Palestine Libre à Porto Alegre au Brésil.Ismahane, en novembre 2012, lors du Forum social mondial Palestine Libre à Porto Alegre au Brésil.

« Quand je dis que ma mère est une “vraie Française”, les gens poussent un “Ah !” de soulagement. »

Samira ne porte aucun signe d’appartenance religieuse. Et pour cause, elle est athée. Mais son « point d’accroche », comme elle le désigne elle-même, est son nom de famille, qui lui vaut d’incessantes et d’insistantes questions. « Il suffit que je tende ma carte vitale à la pharmacie pour qu’on m’interroge : “D’où vient ce nom, quelle est votre origine ?” C'est lassant. En général, je réponds que c’est un prénom arabe ou alors que je suis d’origine maghrébine. Pour gagner une étape, il m’arrive d’aller directement au nœud du problème et je dis que je suis d’Algérie, ou algérienne, même si je suis française. »

Sa mère, née dans l'Ardèche, n’a pas d’origines étrangères, tandis que son père est un ex-indigène, devenu algérien après avoir été français musulman. Samira est née avant l’indépendance en 1962.

« Je suis née en France de deux parents français », résume-t-elle. Parfois, elle se sent obligée de décliner l’identité de ses parents, « quand je dis que ma mère est une “vraie française”, les gens poussent un “ah !” de soulagement ». Vient alors l’ultime question : « Pas à la pharmacie, mais dans des conversations courantes avec des connaissances, on me demande facilement si je fais le ramadan et si je mange du cochon. En revanche, on ne me demande pas si je fais la prière. »

« Ce n’est pas islamophobe en soi de poser ces questions, mais c’est si fréquent que je le ressens comme une injonction à me positionner, pour savoir de quel côté je suis. Suis-je du côté français ou de l’autre ? Au fond, je me sens sur la frontière. Pour les Français, quoi que je fasse, je reste étrangère, et pour les autres, c’est pareil, je ne suis pas non plus comme eux. Je ne parviens pas à m’y habituer, je ressens comme un flottement d’identité. Ce que je suis ne rencontre pas l’imaginaire des gens », regrette cette professeure d’histoire, qui admet de plus en plus préférer la compagnie « des métèques, comme moi, des Antillais et des expatriés ».
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Re: article de médiapart sur l'islamophobie

le Lun 28 Jan 2013 - 12:36
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