Derniers sujets
C'est quoi le Masculinisme?Dim 24 Sep 2017 - 18:49michekhenliens pour accueil ne fonctionne pas? Dim 24 Sep 2017 - 17:04michekhenVidéos et films féministesVen 22 Sep 2017 - 13:04Black SwanThe man-woman warsVen 22 Sep 2017 - 7:05ReikoHoi tout le monde! >u</Jeu 21 Sep 2017 - 19:01Appoline[Article] Grossesse : au moins 7 bonnes raisons (scientifiquement prouvées) de ne pas s'inquiéterJeu 21 Sep 2017 - 16:24IridaceaBonjourJeu 21 Sep 2017 - 11:52TortueNouveau débat public sur la PMAMar 19 Sep 2017 - 9:25erulelyaLe Dom Juan et la salope : pourquoi cette différence de traitement ? (Je sais pas si on l'on déjà posé celle là °^°)Lun 18 Sep 2017 - 22:10AppolineBla.Dim 17 Sep 2017 - 17:53AëlloonChansons féministesDim 17 Sep 2017 - 6:54AëlloonSauvons la Bibliothèque Marguerite Durand ! Ven 15 Sep 2017 - 19:53DihyaImpact des violences sexuelles sur la santé des femmesVen 15 Sep 2017 - 19:39DihyaBonsoirJeu 14 Sep 2017 - 17:11IridaceaSurvivante vs. victime (agression sexuelle)Mar 12 Sep 2017 - 10:451977"non-binaire" c'est quoi ?Dim 10 Sep 2017 - 15:04TortueC'est quoi "être une femme" ?Ven 8 Sep 2017 - 12:28mïelitie[Ressources] La transphobieVen 8 Sep 2017 - 10:32HopeyPrésentation Sychriscar :)Ven 8 Sep 2017 - 3:09AraignéePeggy SastreVen 8 Sep 2017 - 1:11Araignée[HS] Homosexualité chez les enfants d'un couple homosexuelJeu 7 Sep 2017 - 23:58AraignéeLa transmisogynie, qu'est ce que c'est?Mer 6 Sep 2017 - 0:19michekhenRugbyGirlDim 3 Sep 2017 - 0:49Administratricebonjour!Sam 2 Sep 2017 - 19:59AraignéePrésentationVen 1 Sep 2017 - 10:42FurèneLa santé pour les garçons fémininsMer 30 Aoû 2017 - 19:11Reiko[Article] Ruptures : pourquoi on reste avec eux ?Mer 30 Aoû 2017 - 16:14erulelyaSalon du livre lesbien et débat HERstory le 1er juillet 2017Mar 29 Aoû 2017 - 19:57Iridacea[Article] Les hommes hétérosexuels sont-ils aussi victimes de violence conjugale ?Mar 29 Aoû 2017 - 12:20chester DenisL'homosexualité au Japon Mar 29 Aoû 2017 - 6:00Reikocomment se proteger de la repression policiere/judiciere ?Lun 28 Aoû 2017 - 13:31TortueNouvelle venueSam 26 Aoû 2017 - 22:40Araignée

Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Cylia
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 1045
Date d'inscription : 06/04/2013

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 11 Juin 2013 - 18:55
Supporter les remarques agressives, à la longue, c'est fatiguant. Et puis on n'est pas toujours d'humeur à les supporter. On peut se faire agresser pour ça, aussi (pas que les poils), ça génère une certaine peur, par moments, qui va nous pousser à ne pas apparaître sur la voie publique comme on le voudrait.
Et on ne peut pas empêcher les gens de juger l'apparence des autres, c'est trop bon pour leur ego.
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 11 Juin 2013 - 22:46
Dans les centaines de témoignages de femmes gardant leur pilosité que j’ai pu lire, il y a un certain nombre qui se protègent en cachant cette pilosité aux collègues/à la famille ou aux inconnu-e-s, cela peut être pour plein de raisons très variables mais ce qui revient le plus, c’est le fait d’avoir déjà le corps scruté en permanence et surtout, que les poils sont mal vus sur le corps des femmes. Le compromis pour celles qui ne veulent pas enlever leur pilosité passe par un habillement adapté, soustrayant l’objet du "scandale" aux regards jugeants.
Certaines femmes disent avoir des périodes où elles osent sortir en tenue dévoilant les poils mais d’autres périodes où elles se sentent plus fragiles et donc, s’adaptent.
Mais c’est très choquant d’un point de vue théorique, très peu d’hommes se posent la question de leur pilosité (celle en commun avec les femmes), il est vrai aussi qu’on voit moins d’hommes exposant leurs jambes/aisselles, à part en été évidemment. C’est là qu’on voit le double standard car femmes et hommes ont des poils mais le jugement sur leur présence/absence n’est pas du tout pareil.
avatar
sandrine
Amazone
Amazone
Messages : 3597
Date d'inscription : 15/09/2012

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 11 Juin 2013 - 22:55
Peut-être aussi que ce jugement sur les poils selon qu'on est homme ou femme est lié à la norme masculine et féminine. Dans l'ensemble les femmes ont une pilosité peu importante, en tout cas nettement moins importante que les hommes. Un homme nettement plus velu que la moyenne des hommes n'aura-t-il pas également à souffrir de commentaires désobligeants? N'aura-t-il pas tendance à cacher sa pilosité?



Commentaire pour cette photo; Photo comique d'un homme très poilu qui marche sur la plage

_________________
Le pouvoir est maudit, c'est pour cela que je suis anarchiste. (Louise Michel)
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 11 Juin 2013 - 23:28
Si mais on parle des poils en commun : bcp de femmes ont plus de poils aux aisselles que certains hommes. Pourquoi cette différence de traitement pour la même chose ?
avatar
Grunt
Banni·e
Messages : 2074
Date d'inscription : 27/09/2011

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 11 Juin 2013 - 23:34
Je n'ose imaginer le commentaire si c'était une femme.
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 11 Juin 2013 - 23:37
Il y a une femme très poilue qui s'expose sur le Net, je te dis pas ce qu'elle se prend comme insultes

http://phoenixfloephotography.tumblr.com/ (NSFW)

Elle reçoit aussi des encouragements, faut dire les choses.

avatar
Cylia
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 1045
Date d'inscription : 06/04/2013

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 0:47
Faudrait que je donne mon témoignage au complet à l'occasion.

Pour les hommes très poilus, j'avais entendu de loin sur une émission à la télé l'autre fois, sur un homme en Amérique qui avait une pilosité très très développée, genre une "maladie" très rare, mais je ne me souviens plus du nom, et ils l'appelaient "chewie" ( ), ça racontait en gros son calvaire, personne n'était bien tolérant à son sujet mais il refusait fermement de se raser pour se conformer, alors il était obligé de vivre une vie marginale, le seul endroit où il avait pu trouver un emploi était un cirque, connu pour recruter ce qu'on appellerait très sympathiquement des "phénomènes de foire".

Sinon mon copain se rase certains endroits, j'essai un peu de le rassurer là dessus mais il est complexé, il faut dire qu'il a une pilosité très forte et anormale, à cause d'un traitement médicamenteux qui modifie les hormones si j'ai bien compris. Enfin tout ça pour dire que les remarques désobligeantes, ça le connait.

Wow pour la femme, j'admire son courage. I love you
avatar
sandrine
Amazone
Amazone
Messages : 3597
Date d'inscription : 15/09/2012

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 1:17
Il me semble que le problème c'est le décalage par rapport à la norme, qu'on soit un homme ou une femme. Les femmes sont en moyenne peu poilues, les hommes beaucoup plus (mais en général beaucoup moins que l'homme de la photographie).
Evidemment comme dit Grunt si c'était une femme qui était aussi poilue que l'homme de la photo les quolibets seraient encore plus méchants parce que le décalage serait encore plus grand avec la norme féminine.
J'ai l'impression que la société tente de souligner les différences morphologiques entre hommes et femmes, dans le but de souligner - en les accentuant au maximum - la "féminité" et la "masculinité". Donc la femme ne doit pas seulement être "moins poilue" que l'homme, elle doit ne plus être poilue du tout (exceptés les cheveux, qui au contraire doivent être longs et fournis, alors que par opposition les cheveux des hommes doivent être le plus court possible).
Ce qui expliquerait que les poils sous les bras soient tolérés pour les hommes (ça souligne la "virilité") alors que pour les femmes ça indiquerait que la différence avec les hommes n'est pas "complète", il lui reste une part de masculinité (je ne sais pas si je suis assez claire?)

A part ça je crois que le rejet des femmes qui ne s'épilent pas n'est qu'un symptôme parmi d'autres du rejet des femmes qui refusent de se conformer aux modèles ambiants, et pas seulement sur le plan physique. Evil or Very Mad
avatar
Cylia
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 1045
Date d'inscription : 06/04/2013

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 1:29
'ai l'impression que la société tente de souligner les différences morphologiques entre hommes et femmes, dans le but de souligner - en les accentuant au maximum - la "féminité" et la "masculinité". Donc la femme ne doit pas seulement être "moins poilue" que l'homme, elle doit ne plus être poilue du tout (exceptés les cheveux, qui au contraire doivent être longs et fournis, alors que par opposition les cheveux des hommes doivent être le plus court possible).
Ce qui expliquerait que les poils sous les bras soient tolérés pour les hommes (ça souligne la "virilité") alors que pour les femmes ça indiquerait que la différence avec les hommes n'est pas "complète", il lui reste une part de masculinité (je ne sais pas si je suis assez claire?)
Pour moi tu es parfaitement claire et je trouve ça très pertinent, c'est même un truc que j'avais tenté d'expliquer sur l'autre fil sur le fait de creuser l'abcès le plus profondément possible dans les différences. Il faut différencier, mais comme y'a des trucs en commun chez h et f, on les inventent carrément, ces différences, comme ici avec les poils, il faut pas que les femmes en aient, pour ne pas dire elles n'en ont pas.

Je pense aussi que ce n'est qu'un symptôme parmi d'autres, je crois aussi que c'est une histoire d'ego, plus on va pointer du doigt les gens qui sortent des modèles ambiants, plus ça nous rassure sur le fait que nous, nous sommes bien conformes et acceptés, nous avons notre place dans la société, on s'assure de bien faire comme il faut pour être le petit citoyen parfait, pour ne pas être rejeté, pour être sûr d'avoir sa place. Et là dedans vient se greffer la notion de "jalousie" dont on avait déjà parlé sur ce fil, on va rejeter parce qu'on voit que quelqu'un a le culot de faire ce que nous ne sommes pas capables de faire.
avatar
Cylia
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 1045
Date d'inscription : 06/04/2013

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 2:32
Bon, je suis motivée pour écrire ma contribution, le plus possible de A à Z.

Je n'ai pas l'impression d'avoir été "endoctrinée" aussi fortement qu'ont pu l'être d'autres, dans mon entourage, dans ma famille, je crois savoir pourquoi, mais je n'en suis pas certaine, en tout cas ma première "épilation" draconienne est arrivée plutôt tard à en croire ce que je vois, à l'âge de 15 ans, pour "tester" puis plus rien pendant 1 ans.
Pourtant j'ai été pas mal imprégnée, ma mère s'épilait avec l'espèce de rasoir électrique, les jambes totales et les "coins" qui dépassaient du pubis, et si j'essaie de remonter au plus loin que je me souviens l'avoir vu faire, c'était quelque chose comme vers mes 5 ans. Cela dit, elle ne m'a jamais trop saoulé avec ça, ça a dû jouer je pense (par contre elle me faisait chier pour que je porte des soutifs, j'en ai pas mis jusqu'à mes 13 ans et encore)

Vers 11-12 ans, je commençais à entendre les premières grosses remarques désobligeante, par rapport à moi ou pas, je commençais à comprendre que les poils, étaient des ennemis qu'il fallait éradiquer. Mais je n'en avais pas du tout envie, j'avais très peur du rasoir, électrique surtout, j'avais peur de m'enlever ma peau avec. Et j'avais peur qu'on m'enlève mon "identité". Je ne sais pas, je les aimais déjà, mes poils. Et ça avait peut-être un lien avec le fait que les poils sont connotés comme étant des trucs "masculins", et je voulais très fortement être un garçon, à l'époque, c'est peut-être pour ça que j'y étais si attachée, que je n'avais pas envie de les enlever. On va dire que dans ma tête, ça donnait ça : poils = garçon --> moi+poils = garçon. Embarassed
Je me souviens juste que j'avais un peu coupé mes poils pubiens parce que je trouvais ça un peu dégueu quand j'avais mes règles, mais sinon je n'y avais jamais touché avant mes 15 ans (je n'ai pas touché à mes sourcils non plus avant, d'ailleurs, pourtant c'est limite le truc sur lequel je me prenais le plus de remarques).

Je ne sais pas trop pourquoi, mais c'est à 15 ans que j'ai commencé à essayer de coller un peu aux trucs "féminins", port de soutifs tout les jours, rasage bien nickel, sourcils épilés, vêtements moins "sac à patate". Je crois que c'est parce que je me sentais moche, j'étais complexée et trop "garçon manqué", comme ça avait été souligné sur un autre fil, si on en est, on est "raté". J'en avais marre d'être ratée, je crois.
Enfin ça a pas duré bien longtemps, après j'en avais marre, c'était trop chiant de raser, trop chiant de faire ce que l'on appelle grossièrement, amha, "prendre soin de soi", donc j'ai tout arrêté, je me faisais juste les sourcils quand j'avais le temps.
Puis quelques temps après j'ai recommencé, j'étais dans un environnement avec des filles qui avait une sorte de confiance en elles avec option petit ami, et surtout, surtout, cette injonction de devoir plaire aux garçons. On me le répétait toujours, sans arrêt, c'est quand que t'as un copain? Tu vas finir par avoir un mec oui ou merde? Faut que tu prenne plus soin de toi, blah blah blah. En fait, je crois que je le faisais pour qu'on me foute la paix. Et après j'ai re tout arrêté parce qu'on m'avait fait remarqué que "oh, tu es de plus en plus féminine, c'est cool, enfin etc." et ça m'a disons... Ecoeurée. Surtout quand on a sous-entendu que j'essayai de séduire "quelqu'un" en faisant ça. Que je voulais séduire...? Neutral non pas vraiment. Y'avait une part de curiosité, et une part de foutez moi la paix avec ça.

Maintenant, ça fait belles lurettes que je ne me rase plus, toujours juste les sourcils quand j'ai le temps (à hauteur de tout les 2-3 mois on va dire), mes poils, c'est moi, c'est comme ça, c'est comme ça que je m'assume, c'est comme ça que je m'aime, et j'ai compris que pour avoir la paix, fallait pas que je fasse ce qu'on voulait que je fasse, fallait que je fasse ce que moi j'en envie de faire, parce que même si j'ai pas la paix avec les remarques, au moins je suis en paix avec moi-même parce que je reste comme j'ai envie d'être, à l'inverse de quand je m'épilais pour avec des vacances, c'était une belle supercherie tant je ne me sentais pas à l'aise dans mon propres corps. C'était plus adapté pour moi de garder mes poils.

Et cette expérience, j'en tire ceci, est-ce qu'on a vraiment la paix quand on s'épile? Je me demande, parce que quand je le faisais, certes on ne m'ennuyait pas, mais c'était tellement déstabilisant, je ne sais pas comment dire... Cette façon d'être poussées à la haine de soi, de devoir faire quelque chose qu'on a pas envie de faire pour ne pas être emmerdées, au fond de moi je savais très bien que je le faisais uniquement pour ça, et je savais surtout très bien à quel point ça me faisait chier de le faire, alors pourquoi dois-je le faire? Pourquoi est-ce si dégouttant? Pourquoi on doit haïr une partie de ce qu'on est? Ce sont des questions qui m'ont déstabilisée.

Voilà, c'était mon témoignage, qui est à prendre pour ce qu'il est
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 10:02
Merci pour ton témoignage Cylia, c'est très touchant et ça montre bien les contradictions permanentes entre la pression des autres pour être dans la norme par rapport à ce qu'on ressent en soi et qui n'a rien à voir.
Pour la fin de ton témoignage, je parlerais volontiers de déni pour certaines femmes mais ça m'a déjà valu d'être accusé de mansplaining. Je constate simplement que certaines femmes ayant arrêté le rasage disent que quand elles se conformaient, elles étaient dans une espèce de déni et elles auraient refusé catégoriquement toute notion de pression extérieure. Je reprends leurs termes, je n'interprète pas Wink
Concernant l'endoctrinement, il n'y a pas que la pression exercée par les personnes autour de toi, il y a aussi les médias mainstream qui ne montrent que des corps glabres et donc, il n'y a aucun réferent pileux pour les fillettes/adolescentes. S'il y avait ne serait-ce que 10% de femmes avec des poils visibles aux jambes/aisselles dans les médias, il serait bcp plus facile pour les ados et les femmes d'assumer, je pense.

Sardine a écrit:J'ai l'impression que la société tente de souligner les différences morphologiques entre hommes et femmes, dans le but de souligner - en les accentuant au maximum - la "féminité" et la "masculinité".


C'est ce que j'explique sur mon site : lors de la puberté, le corps est profondément modifié mais il y a un point commun entre femmes et hommes, les poils. Donc, en imposant la norme du glabre aux femmes, on a marqué la différence corporelle qui pourtant, existe : les seins, par exemple. Les poils rappellent de façon magistrale que les femmes aussi sont des êtres pubères, ont une sexualité et cela a toujours dérangé le patriarcat. En imposant le glabre, on imposait symboliquement aux femmes le corps des fillettes prépubères (donc dociles). Les seins étaient tolérés car perçus comme nourriciers.
avatar
Grunt
Banni·e
Messages : 2074
Date d'inscription : 27/09/2011

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 10:24
(Je n'ai jamais compris cette injonction à s'épiler/raser les sourcils pour les femmes).
avatar
sandrine
Amazone
Amazone
Messages : 3597
Date d'inscription : 15/09/2012

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 10:32
Pour les sourcils, j'en ai parlé un peu plus haut sur ce topic, même pour les hommes il y a une question de décalage par rapport à la norme: mon fils qui a de grands sourcils qui se joignent un peu au milieu est moqué à cause de ça.

Je ne suis pas convaincue au sujet de l'injonction des femmes de ressembler à des enfants.
Les seins étaient tolérés car perçus comme nourriciers.

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'une écrasante majorité de mecs ne perçoivent pas les seins comme "nourriciers" (ils sont même souvent surpris quand on leur rappelle que les seins ne servent pas à la base à faire bander les hommes!).
Pour moi la norme du glabre est une exagération parmi d'autres des caractéristiques "féminines": les femmes sont en moyenne moins velues que les hommes Arrow pas velues du tout. Les femmes ont des seins, pas les hommes: Arrow les plus gros seins possible.
D'ailleurs en règle générale, les femmes ne se font pas opérer pour avoir des seins plus petits (pourtant ça les ferait davantage ressembler à des gamines!)

_________________
Le pouvoir est maudit, c'est pour cela que je suis anarchiste. (Louise Michel)
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 10:48
Je parle surtout de la vision qu'on avait des seins les siècles passés, en fait. C'est clair qu'aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
Si on regarde les tableaux du Moyen Age, quand une femme montre un sein, il y a souvent un bébé pas loin
avatar
sandrine
Amazone
Amazone
Messages : 3597
Date d'inscription : 15/09/2012

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 10:52
Que l'art du moyen âge n'ait pas montré les seins ne signifie pas forcément que dans les faits les seins n'étaient pas objets de désir. Je te rappelle que l'Eglise interdisait toute oeuvre artistique qui n'était pas religieuse.

_________________
Le pouvoir est maudit, c'est pour cela que je suis anarchiste. (Louise Michel)
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mer 12 Juin 2013 - 10:56
Ah oui, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je précisais seulement que sur certains tableaux, on voyait parfois un sein mais que souvent, un bébé n'était pas loin, c'était pour justifier l'aspect nourricier de l'époque, il y avait bien entendu l'aspect désir. Mais peu de gens aujourd'hui pensent à l'aspect nourricier quand ils voient des seins nus, c'est ça que je voulais pointer comme changement d'attitude.

-------

http://feminisme.fr-bb.com/viewtopic.forum?t=1701
avatar
mhysterie
Walkyrie⋅n
Walkyrie⋅n
Messages : 1564
Date d'inscription : 08/08/2011

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 23 Juil 2013 - 13:31
pierregr a écrit: Sinon, je ne suis pas sûr de bien comprendre : tu épiles à la cire de temps en temps ?
Oui, je m'épile de temps en temps, j'aime beaucoup avoir les jambes douces mais elles le restent si peu de temps que je ne le fais pas souvent…
Ne pas m'épiler les jambes, c'est surtout montrer qu'on peut le faire même avec ma pilosité brune sur peau blanche Smile
Je n'aime pas mes poils des jambes, sinon. Le plaisir, je le prends surtout dans l'acte militant. Dans la vie de tous les jours, comme Nurja, j'essaie du mieux que je peux, de m'habiller en fonction de mes envies/météo sans tenir compte des poils…mais j'ai plus de mal à le faire pour les poils de jambe…
Pour les poils des aisselles, c'est différent, ceux-là me dérangent beaucoup moins, je les accepte sans trop de problème (sauf dans certains milieux professionnel)… (j'ai déjà dû dire tout ça, il y a quelques pages)
avatar
Nurja
Déesse/Dieu Suprême
Déesse/Dieu Suprême
Messages : 9215
Date d'inscription : 12/04/2012

Re: Pilosité et influence sociétale

le Mar 28 Jan 2014 - 6:59
Le discours est le même, qu'il s'agisse des poils des femmes ou des cheveux des Africains sub-sahariens.  Crying or Very sad 

Ce renversement du naturel fait passer les personnes qui ne choisissent pas de lisser leurs cheveux au mieux pour des artistes inspirés ou des militants, au pire pour des personnes sans éducation ou des pauvres. La société, dont le regard s’est habitué à ces pratiques, attend de toutes les femmes qui ont les cheveux naturellement crépus qu’elles les portent lisses, et celles qui ne font pas « l’effort » de se conformer à cette injonction sociale sont perçues comme « négligées ». Une femme portant des cheveux naturels sera ainsi considérée comme une originale, une « rebelle » ou une femme prenant peu soin d’elle. Stigmatisation garantie.
(http://lmsi.net/Sois-blanche-et-tais-toi)

_________________
I'm a radical feminist, not the fun kind. Andrea Dworkin
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Jeu 30 Jan 2014 - 10:04
qq extraits d'un article de madmoizelle.com

Des apps pour enfants à base de chirurgie esthétique et épilation

Des applications terribles pour petites filles à base de chirurgie esthétique et d’épilation, c’est le WTF déprimant du jour.

Leg & Foot SPA, qui divertit les enfants dès 4 ans en leur apprenant à éradiquer les poils des jambes d’une jeune femme. La description de l’appli fait froid dans le dos : « Un parfait relooking est incomplet sans des jambes douces et satinées. »

Indispensable, vraiment : à 4 ans, j’aurais aimé savoir que pour se raser plus facilement, c’était toujours mieux de se passer les jambes à l’eau chaude pour s’ouvrir les pores. Et puis surtout, n’hésitons pas : faisons passer une loi pour rendre l’épilation obligatoire chez toutes les femmes du monde, pendant qu’on y est. S’agirait pas qu’on ait chacun et chacune une façon différente et bien à nous de les appréhender.



http://www.madmoizelle.com/pire-application-chirurgie-esthetique-enfants-227257

La partie sur la chirurgie esthétique est aussi à gerber mais l'application a été retirée depuis, contrairement à celle sur l'épilation No

Un autre article, un peu plus encourageant : http://www.madmoizelle.com/poils-psycho-153475

Avec un commentaire qui confirme ce que j'explique sur mon site

En effet, j'ai fait des études d'histoire de l'Art et c'est ce que l'on nous a appris en cours : On ne peignait pas ou effaçait les poils des aisselles et pubiens car ceux-ci étaient le comble de l'érotisme. En effet les poils renvoient directement à la capacité reproductrice de la femme, c'est donc fortement sexuel. En lui enlevant ces signes de maturité, elle ne renvoie plus que l'image d'une petite fille et ne suscite donc pas de désir.
avatar
Drärk
Amazone
Amazone
Messages : 3828
Date d'inscription : 01/02/2014

C'est désespérant.

le Sam 1 Fév 2014 - 21:06
Il m'a fallu 10 ans pour réussir à arrêter complètement de m'épiler et commencer à ne plus avoir peur de me montrer dans des situations de la vie quotidienne. C'est pas des tentatives d'endoctrinement sur les gosses de maternelle qui me feront changer d'avis. Quant aux candidat(e)s de la remarque humiliante, je les enverrai sur les roses Very Happy 

Exemple : Un ami est venu chez nous hier soir, je trainais un vieux short Adadas de mon mec, et je me suis dit qui si ça se voyait, je m'en fichais, j'étais chez moi, c'est un ami de mon copain, qui est sympa avec moi, donc pas de raison que je prenne une remarque sur le vif. Et puis, si ça avait été le cas, on l'aurait "gentiment" prié de se casser.
Bon, ben y a un an j'aurais ptèt prévu de remettre un pantalon à la place du short de slackage total. Vivement l'été prochain tiens.

_________________
Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter.
M.D.

Si j'écris un propos qui vou-e-s heurte, n'hésitez pas à me mp, je sais que je peux me tromper.


Pas de Justice, pas de Paix.
avatar
La Chatte
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 826
Date d'inscription : 15/01/2014

Re: Pilosité et influence sociétale

le Sam 1 Fév 2014 - 23:04
Franchement, je vous envie vraiment d'assumer vos poils, et surtout de vous aimer avec. Ça fait une semaine que j'ai une touffette (ce mot n'existe pas, je sais) sous les bras et, même alors qu'on est en hiver, je me sens mal avec, ça fait des jours que je songe à les enlever (je ne le fais pas car j'ai la flemme).  Crying or Very sad 

_________________
L'amour, ce n'est pas violenter l'autre, c'est le protéger contre toutes formes de violences ou se tenir à ses côtés lorsqu'elles adviennent.
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Sam 1 Fév 2014 - 23:06
Tu te sens mal, ça se manifeste comment ? Tu te sens "sale", "pas féminine" ? Autre chose ?
avatar
La Chatte
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 826
Date d'inscription : 15/01/2014

Re: Pilosité et influence sociétale

le Sam 1 Fév 2014 - 23:14
Pas féminine, c'est certain. Sale aussi, un peu, maintenant que tu le dis, ce qui est assez hallucinant d'ailleurs car je ne trouve pas les poils sales sur les autres : ni sur les hommes, ni sur les autres femmes. Un pubis ou des aisselles touffues, je ne trouve pas ça sale ou repoussant. Pourtant sur moi, je ne supporte pas. C'est comme s'il y avait un corps étranger sur moi, qu'il fallait éradiquer. L'idée qu'on me voit avec mes poils me complexe. Etrange, hein?

_________________
L'amour, ce n'est pas violenter l'autre, c'est le protéger contre toutes formes de violences ou se tenir à ses côtés lorsqu'elles adviennent.
avatar
pierregr
Amazone
Amazone
Messages : 3990
Date d'inscription : 05/09/2011
http://www.norme-du-glabre.ct-web.fr/

Re: Pilosité et influence sociétale

le Sam 1 Fév 2014 - 23:17
C'est paradoxal, je trouve. Car tu parles du regard des autres que tu aurais du mal à assumer et en même temps, tu dis que tu ne supportes pas tes poils.
Mais ce que je dis n'est pas un jugement, j'essaie juste de comprendre.
En tout cas, tu es loin d'être la seule à avoir cette perception de rejet d'une partie de ton corps, couplée à une crainte d'être vue avec des poils
avatar
La Chatte
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Messages : 826
Date d'inscription : 15/01/2014

Re: Pilosité et influence sociétale

le Sam 1 Fév 2014 - 23:43
Vu que c'est l'idée de moi avec des poils qui me rend mal à l'aise, forcément le regard que les autres peuvent porter sur moi quand je suis poilue me met mal à l'aise aussi. Si je ne supporte pas mes poils, c'est parce que j'ai intégré qu'ils étaient malvenus. C'est comme quand on s'est pas lavé les cheveux et qu'on se sent mal, on a alors l'impression que tout le monde regarde nos racines grasses, vu que nous on est focalisé dessus Smile 
Quand je ne suis pas épilée et que je suis avec mon copain, par exemple, je culpabilise et j'ai un peu honte. Alors que lui, mes poils, il s'en fout un peu. Parce que dans ma tête, je ne colle pas au modèle de la femme désirable (alors même que je trouve que des femmes non épilées peuvent être tout à fait désirables) (oui, c'est vraiment paradoxal).
En fait, je crois que je projette sur les autres (comme mon copain) des attentes qu'il n'ont pas nécessairement, et que j'ai peur de leur rejet si je ne colle pas à ces attentes imaginaires (un grand problème chez moi. J'ai peur de ne pas être assez bien.

_________________
L'amour, ce n'est pas violenter l'autre, c'est le protéger contre toutes formes de violences ou se tenir à ses côtés lorsqu'elles adviennent.
Contenu sponsorisé

Re: Pilosité et influence sociétale

Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum