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Zuul
Zuul

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Date d'inscription : 08/05/2015

[Article] « Victime présumée »

le 16.08.16 0:38
Un texte autour de l'expression «victime présumée» :

Le vocabulaire de la présomption d’innocence peut aussi se retourner contre les femmes
http://m.slate.fr/story/118853/presomption-innocence-femmes-victimes

Les termes «victime présumée» semblent insinuer que les femmes ne sont pas vraiment victimes, s’inscrivant ainsi dans une longue histoire des violences faites aux femmes où elles étaient systématiquement considérées comme des menteuses.

On l’a entendue de nombreuses fois pendant l’affaire Baupin: sur les plateaux télévisés et dans les journaux, les journalistes ont employé l’expression de «victimes présumées» pour qualifier les femmes qui ont témoigné dans l’enquête de Mediapart et France Inter de faits de harcèlement sexuel et d’une agression sexuelle. Mais cette expression a quelque chose d’étrange. «Ça a écorché nos oreilles, car cela ressemble à une présomption de mensonge, comme s’il y avait du doute sur le statut de victime. Elle distille du soupçon», fait remarquer Ségolène Hanotaux, membre du collectif de femmes journalistes Prenons la une, qui lutte contre les stéréotypes sexistes diffusés par les médias[1].

L’expression de «victime présumée» renvoie à la présomption d’innocence, un principe en droit qui protège les personnes mises en cause. La loi du 15 juin 2000 a renforcé ce principe, en instaurant dans le code pénal un article préliminaire qui stipule ceci:

   «Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d’innocence sont prévenues, réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi.»

Une expression des journalistes pour se protéger

L’expression de «victime présumée» est en quelque sorte le pendant «journalistique» (elle n’a pas d’existence légale, même si elle a une existence judiciaire) d’«auteur présumé des faits»: tant que l’on ne sait pas si une personne a bien commis les faits qui lui sont reprochés, il est difficile de parler de ses «victimes», car l’expression «victime» renvoie à une culpabilité établie (c’est le terme juridique réservé à la fin d’un procès). Dire «les victimes de Denis Baupin» pourrait donc théoriquement exposer les journalistes à un procès en diffamation.

En réalité, une fois qu’une action en justice est lancée, il faudrait pour être correct et employer le bon vocabulaire juridique parler plutôt de «témoins», de «plaignants» ou de «partie civile». Lorsque aucune enquête n’a été ouverte, il n’y a aucun vocable défini mais les journalistes ont pour habitude pour ne pas prêter le flan à la plainte en diffamation d’utiliser toute sorte d’expression, dont cette fameuse expression de «victime présumée». Même le service de communication du parquet de Paris a employé l’expression à propos de l’affaire Baupin pour qualifier les femmes qui se sont exprimées dans la presse

(...)
Mais, et c’est là où le bât blesse, le terme «présumé» a acquis dans la perception du public une sorte de connotation négative, due au fait qu’il est accolé à des procès. «La présomption est un terme positif en droit mais dans la perception du grand public c’est devenu négatif, il y a un soupçon», se désole Ségolène Hanotaux. «Est-ce qu’on entend dans “présumée victime” l’idée que les femmes sont victimes tant que la justice n’a pas déclaré la culpabilité ou est-ce qu’on n’entend pas plutôt qu’elles ne sont pas vraiment des victimes?» interroge Catherine Le Magueresse, doctorante en droit. Cette ex-présidente de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) juge que l’expression «présumée victime» et plus généralement le recours à cette idée de présomption brandie dès lors qu’ils s’agit de femmes qui se disent victimes de violences venant d’hommes sont «des attaques contre la crédibilité des femmes», comme on a pu le voir au moment de la couverture de l’affaire Amber Heard.
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