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Judy Squires
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Ven 6 Mar 2015 - 14:15
@pierregr a écrit:Le mot untermensch m'est venu en tête en vous lisant [...]

Pour en revenir là, même si la conversation n'est pas focalisée dessus...

Qu'il y ait une base biologisante effectivement présente dans l'antisémitisme nazi, personne ne le nie, ou en tout cas pas moi (je ne suis pas spécialement familière avec l'oeuvre de Rokhaya Diallo). Reste qu'à ce qu'il me semble, c'est bien loin d'être le fin mot de l'histoire, et j'aurais même tendance à penser que c'est être assez en-dessous de l'objet qu'on se donne, qui est l'extermination et pas la domination ou l'exploitation (en cela je tiens la thèse que l'antisémitisme n'est pas un racisme, mais un fait historique spécifique qui mérite d'être envisagé comme tel !). Or en s'appuyant sur cette histoire d'untermensch et en en faisant un fait centrale dans l'analyse de l'antisémitisme nazi, je crains qu'on ne rende parfaitement inintelligible l'extermination, qui n'a jamais concerné les slaves pourtant tout aussi englobéEs dans le concept dont on cause...

Une fois de plus, il est fort possible que Rokhaya Diallo promeuve des analyses libérales et dépolitisantes de l'antisémitisme, comme la quasi-totalité des militantEs contemporainEs, républicainEs tradiEs comme intersectionnelLEs anti-impérialistes (qui touTEs maintiennent l'antisémitisme dans le domaine psychologique, acte de folie etc.). Reste que les phrases incriminées ne me semblent pas trop fausses, en ceci qu'effectivement l'extermination n'a jamais été motivée par une hypothèse d'infériorité biologique des juifVEs (attendu que cela concernait bien d'autres catégories qui n'ont jamais été visées par l'extermination), mais bien plus par une hypothèse de supériorité sociologique desditEs juifVEs, cf les travaux de Postone que j'avais mis en lien dans mon précédent message.
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Lollipop
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Ven 6 Mar 2015 - 14:29
Réputation du message : 100% (1 vote)
Mais en fait, je me demande quelles possibilités il y a pour faire connaître le discours de quelqu'un qui nous semble gênant.
En le représentant de façon honnête : en permettant aux gens d'accéder aux textes et de juger par eux-même (avec contexte, en commentant après le texte seulement), en paraphrasant sans sarcasme ou approximations, en critiquant d'après nos connaissances et après avoir réfléchi et jugé cette réflexion bonne (et pas en répétant ce qu'on a lu ailleurs). On peut aussi partager une critique qu'on juge de qualité, mais il faut réaliser alors l'ampleur qu'on veut donner à la chose.

Pour les critiques militantes :

* la représentativité: elle est une personne, pas une affiche promotionnelle avec les bonnes charactéristiques ! Elle est là pour faire le boulot qu'elle veut faire, pas pour répandre la bonne parole par sa virginale présence.  
Si parler publiquement revenait à étouffer les discussions antiracistes, on ne s'en sortirait pas. Au contraire elle amène ses sujets au grand jour, et ce sont ses sujets qui comptent et ce qu'elle fait des moyens qu'elle acquiert.

* sa présence aux événements: là, c'est la considérer comme une marque pour laquelle on voterait en se retrouvant à sa présence. C'est un raisonnement qui empêche les alliances, et qui est une mentalité de consommateur, pas d'adversaire luttant pour un même objectif.*
On peut tout à fait se démarquer clairement de ses idées, ou ne pas soutenir ses efforts, et le dire. Mais pour porter une critique à un public large, qui lui portera préjudice, il faut avoir plus que "a tenu des propos gênants", sinon on est simplement en train d'essayer de saboter une femme noire qui parle de racisme.

Il faut pouvoir la critiquer sans la priver de ses moyens et de son espace de parole et d'autonomie. Si elle doit taire ses réflexions et ses idées par peur de représaille ou de se faire blacklister, de perdre son travail et sa réputation, alors elle n'est pas autonome et devient un pion. Ce n'est ni féministe, ni antiraciste.

*tu le dis avec les féministes qui jugent soutenir ses propos en participant. Mais c'est réduire les possibilités d'autonomie des femmes et de ces féministes à un choix de consommation. Il y a la question des intrus qui s'invitent dans les événements féministes qui est récurrente, mais je la gérerais très différemment de celle de femmes aux opinions dérangeantes qui fait surtout du bon boulot publiquement. Il faut réfléchir en terme d'alliances, de négociation, de débats, et pas d'adhésion à une espèce de famille où tout le monde est bon et gentil.
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Césarion
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Ven 6 Mar 2015 - 14:43
Réputation du message : 100% (1 vote)
Je te rassure Lollipop, ce ne sont pas quelques malheureux screens qui vont porter atteinte à l'espace de parole de Rokhaya Diallo qui, au vu de ses fréquentes apparitions télévisuelles, m'a l'air plutôt confortable (je connais certains auteurs qui auraient aimé avoir autant de soutien, surtout sans avoir écrit de telles immondices).

Bref, j'éviterai de poster dans ce thread, il y a des moments où le débat est impossible.

PS : réduire Rokhaya Diallo à une femme noire qu'on essaierait de "saboter" me semble sauvagement réducteur pour la cause antiraciste et pour toutes les femmes noires antiracistes qui auraient sans doute des choses plus constructives et bienveillantes que ce qu'elle raconte dans les extraits cités.
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Omniia
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Ven 6 Mar 2015 - 15:59
@Lollipop a écrit:en train d'essayer de saboter une femme noire qui parle de racisme.
Sous-entendu : des gens essaieraient de la "saboter" parce que c'est une femme noire qui parle de racisme ?

Pourquoi réduire son "sabotage" à cela et pas, par exemple, au fait qu'elle alimenterait une idéologie qu'on souhaite combattre (antisémitisme, sexisme, etc.) et au fait qu'elle détiendrait des réseaux et une force médiatique importante ?

Pour le reste, je ne sais pas trop quoi dire...

D'un côté tu dis des choses qui me parlent et sur lesquelles je suis d'accord et en même temps... je ne vois pas en quoi c'est un problème de refuser de s'allier avec des personnes qui ont des discours à l'opposé de notre idéologie  Question
Au contraire même. Quel sens et utilité a une lutte politique si on s'allie avec des gens qui s'y opposent ?

Edit : Parce que le problème qui a été soulevé dans les débats auxquels je faisais référence, ce n'est pas que Diallo serait une militante qui dit parfois des trucs un peu problématiques, c'est carrément que des militant-es considèrent qu'elle n'a pas de base idéologique commune avec elleux. Qu'il y a vraiment une différence de nature entre leur vision des choses.


Dernière édition par Omniia le Ven 6 Mar 2015 - 20:06, édité 9 fois

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Ven 6 Mar 2015 - 19:52
(pas le temps d'intervenir ni même de faire autre chose que survoler, donc juste pour actualiser :
LMSI a écrit:
Le 3 mars devait avoir lieu à la mairie du 20ème arrondissement un débat intitulé « Violence sexistes : pas de ça chez nous ? ». Apprenant la présence de Rokhaya Diallo, Frédérique Calandra a mis son véto en lui promettant de la « défoncer » si elle voulait débattre. Après avoir menacé Christine Delphy, qu’elle ne « connaît pas », de la « mettre dehors », la maire a finalement tenu ses promesses. Un moment épargnée par la foudre calandrienne, Christine Delphy subit donc le même sort.
Bref, Delphy a également été déprogrammée, et une action de protestation a eu lieu durant l'évènement. bref article ici. D'autres sur le site de LMSI (et ailleurs).

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Ven 6 Mar 2015 - 22:35
@Judy Squires a écrit:Or en s'appuyant sur cette histoire d'untermensch et en en faisant un fait centrale dans l'analyse de l'antisémitisme nazi, je crains qu'on ne rende parfaitement inintelligible l'extermination, qui n'a jamais concerné les slaves pourtant tout aussi englobéEs dans le concept dont on cause...
En fait, il était prévu qu'une fois Juifs et Tsiganes entièrement exterminé-e-s, la machine infernale à broyer des vies continue à tourner, pour y faire aussi passer les Slaves, Polonais-e-s en tête.

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Sam 7 Mar 2015 - 11:36
Aujourd'hui à la Fnac :



Au rayon "femmes et violence" hein... Même pas spécifiquement un truc sur le sexisme dans l'islam ou un minimum d'honnêteté intellectuelle. Non franchement quand je lis "sexisme? Pas de ça chez nous!" je comprends parfaitement ce qu'elle à voulu dire.

En fait j'ai pas mal réfléchis à ce qu'elle disais dans ses bouquins et aussi par rapport aux accusations de Victim Bashing, et je vais aller jeter un coup d'oeils à tout ses livres dès que je serais de retour sur paris parce que je crois que je commence à comprendre un peu son raisonnement.
Il me semble que personne ici n'a lu les bouquins dont elle parle (sur le buisness de la pauvre femme de banlieue) et ça ne m'éttonerais pas que ses bouquins soient bien racistes en fait, et que les auteures pointent du doigt le fait que l'homme racisé "a une éducation particulière" et est "bien plus raciste que le blanc". Ce qui expliquerais pourquoi elle considère que ce sont des femmes qui ce font de l'argent en pointant du doigt leurs propres cultures. (Et j'espère qu'on excusera pas le racisme sous prétexte qu'on à été victime de sexisme).

En tout cas je descends sur paris Mardi et je vous tiendrais au courant. Smile
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Sam 7 Mar 2015 - 12:14
J'ai lu la moitié de ce qui est dans ce rayon fnac, et d'autres qui n'y sont pas. J'étais pas intervenue jusqu'à maintenant parce que l'extrait qui circule sur Twitter me parle et qu'au vu des réactions je me demande si c'est bien "normal"

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Sam 7 Mar 2015 - 12:32
@erulelya a écrit:J'ai lu la moitié de ce qui est dans ce rayon fnac, et d'autres qui n'y sont pas. J'étais pas intervenue jusqu'à maintenant parce que l'extrait qui circule sur Twitter me parle et qu'au vu des réactions je me demande si c'est bien "normal"

Je t'invites si tu le souhaite à développer, en tout cas ça m’intéresses car je pense qu'une personne qui à lu les livres sera toujours plus pertinente qu'une personne qui va aller les feuilleter. Pour ma part je trouve les réactions ici assez bienveillantes malgré les divergences d'opinion et je crois que ça intéresserais tout le monde de savoir ce qui se passe derrière toutes ses publication. Après si tu ne sais pas si c'est "normal" que l'extrait twitter te parle, je pense que le mieux serait encore de parler de ton ressenti et d'exprimer tes interrogations par rapport à ce que tu as lu.

Mais je ne te forces à rien.
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Sam 7 Mar 2015 - 12:47
Je l'ai Dans l'enfer des tournantes et je ne l'ai lu qu'une fois, avant la prise de conscience sur mes traumas. Ce qui explique sans doute que la lecture ne fut pas trop brutale question ressenti (en revanche, question rage et j'étais pas positionnée féministe à l'époque, j'avais de réelles envie de fracasser du bitard).

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Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter.
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Si j'écris un propos qui vou-e-s heurte, n'hésitez pas à me mp, je sais que je peux me tromper.


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erulelya
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Sam 7 Mar 2015 - 19:08
@Fleur a écrit:

Je t'invites si tu le souhaite à développer, en tout cas ça m’intéresses car je pense qu'une personne qui à lu les livres sera toujours plus pertinente qu'une personne qui va aller les feuilleter. Pour ma part je trouve les réactions ici assez bienveillantes malgré les divergences d'opinion et je crois que ça intéresserais tout le monde de savoir ce qui se passe derrière toutes ses publication. Après si tu ne sais pas si c'est "normal" que l'extrait twitter te parle, je pense que le mieux serait encore de parler de ton ressenti et d'exprimer tes interrogations par rapport à ce que tu as lu.

Mais je ne te forces à rien.

Merci je prendrai le temps plus tard pour bien poser le truc
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Nurja
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Sam 7 Mar 2015 - 20:20
Lire l'une ou l'autre chose écrite par R. Diallo plutôt que des extraits permet peut-être une approche plus juste?

Contribution de Rokhaya Diallo concernant l'affaire DSK:
Le 3 mars prochain a lieu dans une salle du 20ème arrondissement un débat intitulé “Violences sexistes : pas de ça chez nous ?”. Ce débat ayant été censuré par la maire Frédérique Calandra en raison de la présence de Rokhaya Diallo, dont le féminisme a au passage été mis plus qu’en doute, il nous a semblé opportun de republier sa remarquable contribution – celle de Rokhaya bien entendu, pas celle de Calandra ! – à un ouvrage collectif féministe consacré à l’affaire DSK. Cela d’autant plus que la proximité de Frederique Calandra avec ledit DSK est notoire, assumée et inébranlée – au point qu’on peut légitimement se demander si ce n’est pas aussi un délit de lèse-DSK que paye aujourd’hui Rokhaya Diallo.
Claude Guéant, ministre de l’intérieur, a refusé la nationalité française à un homme marié à une Française depuis 4 ans (condition qui aurait dû donner lieu à l’octroi de sa nationalité). Pourquoi ? Parce que Claude Guéant est très attaché à l’égalité femmes-hommes, bien sûr ! Jugeant que cet Algérien avait une « conception dégradante » de la place de la femme dans la société, allant à l’encontre des « valeurs fondamentales » de la société française, parce qu’il empêchait notamment sa femme de sortir seule, de prendre la parole sans son autorisation ou encore de travailler, il lui a dit non. « Vous n’êtes pas digne d’être français Monsieur. », a-t-il probablement pensé. Parce qu’en France on respecte les femmes, c’est bien connu.

Un « féminisme » à deux vitesses

Depuis quelques années, la question des violences contre les femmes fait l’objet d’une attention toute particulière. De la dénonciation des « tournantes » aux « crimes d’honneurs » attribués aux hommes d’origine étrangère en passant par la récente loi interdisant le port du voile intégral au nom de la « dignité des femmes », rarement la condition féminine a autant monopolisé le débat médiatique et politique. Mais c’est la condition de certaines femmes qui semble focaliser toutes les attentions.

Miraculeusement, les débats ayant précédé l’interdiction du port de la « burqa » dans l’espace public ont converti certains de nos représentants politiques au féminisme : au nom des droits des femmes, il est soudainement devenu urgent de sauver les « opprimées » du port du voile intégral.

Que certains de ces nouveaux défenseurs de la cause féminine (Jacques Myard, Lionel Luca ou Thierry Mariani entre autres) se soient par le passé opposés à la réforme de l’IVG et de la contraception, ne semble étonner personne. Ni le fait que ce féminisme à géométrie variable soit manifesté par des élus qui siègent sans états d’âme dans une Assemblée où trônent 82% d’hommes.

Cet élan féministe national était-il en congés le dimanche 15 mai ? On est en droit de s’interroger ! Ce jour là, c’est une France incrédule qui se réveille au son de LA nouvelle : Dominique Strauss-Khan jusqu’ici présenté comme le favori pour les élections présidentielles est accusé de viol par la femme de chambre d’un grand hôtel new-yorkais. La France est sonnée : « c’est impossible ! » entend-on de-ci de-là. Comment un homme si « important » pourrait-il se comporter de la sorte ?

Très rapidement c’est la crédibilité de Nafissatou Diallo, la femme de chambre, qui a été attaquée : le président du FMI aurait pu avoir accès à tant de femmes, pourquoi se contenterait-il d’une pauvre femme de ménage ? Et « moche » qui plus est ! Car les premiers commentaires se sont attardés sur l’improbabilité de son agression au regard de son physique décrit comme peu attrayant. Et puis finalement non, Nafissatou Diallo serait en fait « très belle » et « très grande » (1,80 m tout de même !). Une bonne raison de la « trousser » ?

Et c’est avec effarement que l’on découvre les Unes de la presse américaine qui traite sans ménagement DSK, le qualifiant de « pervers », non sans l’avoir montré humilié, menottes aux poignets. Une telle chute semble inacceptable à une France habituée à manifester tant d’égards pour ses élites.

D’ailleurs, les premières réactions des « amis » de DSK ne se font pas attendre, laissant entrevoir le crédit qui aurait été donné à la parole de la présumée victime, si l’agression s’était déroulée en France.

Exprimant une solidarité sans faille, les amis de l’agresseur présumé – politiques, intellectuels, journalistes…— se sont précipités aux micros des médias pour prendre sa défense :« c’est impensable ! », « ce n’est pas son style ! », leurs témoignages attribuant implicitement le rôle de l’affabulatrice à la jeune femme de chambre.

Alors que Jean-Marie Le Guen assimile les allégations de Nafissatou Diallo à des « hallucinations », tous se montrent scandalisés par le traitement infligé à leur ami, dont témoignent les photos qui le montrent menotté, tête baissée. Ce n’est pourtant pas la première fois que les médias montrent de telles images : les images de sans papiers menottés avant d’embarquer dans leurs charters sont légion. A-t-on déjà entendu ces voix s’élever contre le traitement infâmant qui leur est fait. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des amis si médiatiquement visibles.

Des solidarités similaires s’étaient révélées au cours de l’affaire Polanski. Le ministre Frédéric Mitterrand avait excusé l’attitude du réalisateur par son statut artistique, tandis que le philosophe Alain Finkielkraut n’avait rien trouvé de mieux que d’expliquer que la fille violée par le cinéaste paraissait bien plus âgée que ses 13 ans ! La décence devient accessoire quand les intérêts des puissants sont en jeu.

DSK : un justiciable pas comme les autres

Revenons-en à DSK. Sitôt l’affaire rendue publique, Bernard-Henri Lévy, pourtant si prompt à défendre la veuve et l’orphelin à travers le monde déclarait : « J’en veux au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme les autres  » , pendant que la journaliste Sylvie Pierre-Brossolette s’interrogeait dans Le Point : « Quelle image donnons-nous au monde quand les télévisions de la planète entière montrent un prestigieux Français pénétrer dans le tribunal de New York, piteux, mal rasé et toujours menotté, pas mieux traité que les malfrats de couleur déférés avant et après lui devant le juge ?  ».

Les choses sont claires : que des « bronzés » soient maltraités devant les tribunaux, c’est dans l’ordre des choses, mais qu’un des « nôtres » subisse un traitement si dégradant, c’est intolérable !

Intolérance qui va de pair avec l’incrédulité quant à la possible culpabilité de DSK : « pas de ça chez nous, le sexisme, c’est les autres ! ». Les vrais agresseurs sexuels, les méchants qui font trembler la ménagère de moins de 50 ans, sont ces « Arabes » et ces « Noirs », ceux qui peuplent les banlieues. Et la lecture des médias tend à alimenter la curieuse impression que les femmes « des quartiers » vivent dans un monde parallèle obéissant à des règles particulières et sont victimes du sexisme bien spécifique de « leurs » hommes, qui n’a bien évidemment aucun lien avec celui qui sévit dans le reste de la société. Impression renforcée par des actions telles que la « journée de la jupe » créée par l’association Ni Putes Ni Soumises que sa présidente Sihem Habchi justifiait ainsi :

« Lorsque je suis en jupe, je remarque, oui, que les hommes me regardent. Lorsque je suis en jupe, je me sens femme, oui, aussi dans mon propre regard. Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, tentent d’en faire de même, elles se font traiter de putes. Elles bravent l’interdit en arborant trop de liberté et de féminité. ».

Outre le fait que cette allégation colporte d’odieux poncifs sexistes (la valorisation du corps des femmes passerait nécessairement par le regard des hommes et la « féminité » se résumerait à son aspect le plus caricatural, à savoir le port d’une jupe), elle sous-tend l’idée que seules les femmes issues de certains quartiers pauvres subiraient le sexisme. L’affaire DSK a le mérite de démontrer que ce n’est pas le cas. Les problématiques vestimentaires ne concernent pas que ces « pauvres » femmes, puisque la ministre Chantal Jouanno a avoué qu’à force d’entendre des propos « déplacés » lorsqu’elle osait arborer une jupe à l’Assemblée Nationale, elle avait fini par y renoncer.

Et l’affaire Tron, impliquant un ministre accusé de harcèlement sexuel, a mis la lumière sur un sexisme « d’en haut » largement toléré voire encouragé. A quand une action de Ni Putes Ni Soumises au Parlement ?

Un « donjuanisme » bien de chez nous

En France les attitudes de séduction conquérante ne font pas l’objet de réprobation. Pire, les femmes qui s’en plaignent sont souvent accusées d’être des « chieuses », qui devraient être flattées, au lieu de râler. On critique volontiers, « l’américanisation » de la société, se traduisant par une montée du « puritanisme » et la « judiciarisation » des rapports sociaux, aux antipodes de notre belle culture française, si libérée et si romantique…

L’attirance que manifestent les hommes puissants à l’égard des femmes est souvent accueillie avec une grande mansuétude. Il semble tout à fait tolérable que ces hommes soient des « séducteurs », il y a même une certaine admiration pour le « donjuanisme » de ces « hommes à femmes ». Mais que met-on derrière le mot « séduction » ? Est-ce qu’on s’interroge sur la violence que subissent celles qui ne sont pas nécessairement « séduites » ?

Les voix des nombreuses femmes qui à l’instar de la députée Aurélie Filippetti se sont plaintes de la « drague très lourde » de Dominique Strauss-Kahn n’ont pas reçu beaucoup d’attention, si ce n’est quelques ricanements. Après tout n’étaient-elles pas condamnées à accepter d’être réduites à des objets ? Le pouvoir ne se conjugue-t-il pas nécessairement avec un droit de cuissage ?

Lorsqu’on évoquait ses « problèmes » dans son rapport aux femmes, DSK répondait : «  j’aime les femmes et alors ? ». Souvenons-nous que les signaux d’alarmes activés par Jean Quatremer, le seul journaliste qui avait osé évoquer les penchants de DSK, avait fait chou blanc. Et comble de l’absurde, c’est vers lui que se sont orientées les foudres de ses confrères, indignés par tant d’indélicatesse.

La sexualité agressive de certains hommes, issus des cercles élitistes, apparaît souvent sous le jour sympathique, de « gauloiseries » bien de chez nous. Les riches hommes blancs peuvent « trousser » leurs domestiques noires, ça fait partie du folklore. Mais pour les hommes non-blancs, prière de se tenir à carreau : ils se doivent de scrupuleusement respecter l’égalité entre les hommes et les femmes pour mériter d’être Français.

Pendant que les médias, dénoncent à grand renfort de sensationnalisme, les pratiques « d’un autre âge » des cités populaires et relaient les cris d’orfraie poussés par nos politiques, dont l’énergie anti-sexiste semble vouée à lutter contre des morceaux de tissus, nos hommes politiques sont encouragés dans leurs pratiques sexistes, dont l’ampleur a longtemps été masquée par une trop grande indulgence.

Pourtant, la plupart des 75 000 viols qui ont lieu chaque année ne se déroulent pas dans les sombres caves des cités, les auteurs de violences sexistes ne sont pas plus nombreux parmi les bouchers polygames et autres « caïds » de banlieue que chez les élites politiques.

La violence contre les femmes n’est ni l’apanage des pauvres de « banlieue », ni le fait de minorités culturelles. Les chiffres prouvent chaque année qu’elle a cours dans tous les milieux sociaux.

Comment notre pays aurait-il accueilli les allégations d’une femme de chambre immigrée si elle avait accusé un homme riche, puissant et présidentiable de l’avoir violée ? L’affaire n’aurait sans doute pas franchi les murs de l’hôtel, et si ça avait été le cas, je doute fort que les autorités aient donné du crédit à sa plainte…

Si Dominique Strauss Kahn avait été un rappeur de banlieue nul doute que l’accueil de sa mise en accusation aurait été tout autre. A coup sûr, on lui aurait fait comprendre qu’il est indigne d’être français.

p.-s.

Ce texte a été rédigé en juin 2011 et publié dans le recueil Un Troussage de domestique, dirigé par Christine Delphy.


Dernière édition par Nurja le Dim 8 Mar 2015 - 6:58, édité 1 fois

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 0:26
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On peut être d'accord avec le fond mais trouver problématique la forme. Oui, le sexisme des "racisés'" est mis en avant, tandis que celui des élites blanches est caché, nié, dédramatisé. C'est tout à fait sûr et évident. Oui, les livres-témoignages sur les violences faites aux femmes sont presque tous écrits par des femmes noires, arabes, musulmanes.

Fallait-il pour autant dénoncer cet état de fait en passant par le victim-blaming le mépris des femmes racisées victimes de violences et l'expression "drames personnel" ? En d'autres termes, tomber dans l'excès inverse...

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 2:17
Réputation du message : 100% (1 vote)
D'où lui vient cette réflexion en fait ? Comment peut-on tomber dans le déni des victimes, en prétendant que c'est personnel (dans mon analyse d'ex victime, "drame personnel = c'est ton problème, tu en es responsable" aoutch...).

Je m'interroge sincèrement, est-ce pour éviter l’écueil raciste du "racisé misogyne violeur =/= le bon blanc respectueux des femmes" ?

Je m'attriste parce que les victimes sont tellement brisées, et plusieurs fois : par les bourreaux, par le jugement social, et parfois par des militant-e-s.

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Si j'écris un propos qui vou-e-s heurte, n'hésitez pas à me mp, je sais que je peux me tromper.


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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 7:00
Araignée, tout à fait d'accord avec toi. Je me méfie juste fortement des extraits sortis de leur contexte. (et puis, je dois dire, je n'arrive pas à lire des phrases sorties de leur contexte)

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 13:25
Au dela de l'expression Drame personel avec lequel je ne suis pas d'accord, je suis entrain de lire "un troussage domestique" et à lire certains extraits il semblerait que l'association "ni putes ni soumises" soit raciste et ait participé au fait de pointer du doigt les hommes racisés. Je ne sais pas quel est le lien entre elles et Rokhaya diallo mais elle à l'air de parler d'un phénomène bien spécifique.

Du coup la réflexion que je me fais c'est qu'une victime n'est pas juste victime et qu'à partir d'un certain stade on ne peux plus uniquement la traiter comme tel si ses propos sont problématiques et stigmatisent une partie de la population.

Encore une fois ce sont des supposition.

EDIT : Question que je me permets de poser et qui est casse gueule : Si les bouquins témoignage parlent du fait que l'homme racisé est plus raciste que l'homme blanc, en quoi les hommes racisés ne sont ils pas les victimes de leur témoignages à elles ?

c'est une vraie question.
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 14:04
@erulelya : Chouette car ça m'intéresse aussi.

@Fleur : Je ne suis pas certaine d'avoir très bien compris ton post et ta question.

Le truc c'est que même si on enlève l'expression "drame personnel" y a plein d'autres choses gênantes je trouve (le mot est faible) dans les extraits...

Moi il y a un truc que j'ai du mal à comprendre et que pointaint Césarion : le fait que les propos de R. Diallo sont minimisés par des gens du milieu féministe et antiraciste. Et j'aimerais bien comprendre pourquoi.

Je trouve intéressant ce que dit Lollipop sur les méthodes. Mais y a quelque chose qui est à noter quand même. Pointer des trucs problématiques chez des personnalités médiatiques et les étiqueter racistes ou sexistes ben, le fait de trouver ça gênant / dangeureux / contre-productif comme méthode, je peux tout à fait l'entendre, et les posts de Lollipop me font vraiment réfléchir. Mais, malheureusement ça se passe majoritairement ainsi dans le milieu.

Et ma question est : pourquoi il y a des gens / discours qu'on accepte de juger rapidement en connaissant peu le contexte et d'autres sur lesquels on se penche longuement, à propos desquels on va chercher des sources ailleurs pour essayer de comprendre au mieux l'auteur-e, pour essayer de leur trouver une justification, etc.

Faudrait sans doute tout le temps employer cette deuxième démarche mais ce serait faux de faire croire qu' "on" le fait à chaque fois.

Bref, pourquoi cette différence de démarche et de positionnement ?

Par exemple, @Fleur, je ne connais pas "ni putes ni soumises" et je ne sais pas quels extraits tu as lu, mais pourquoi ici tu acceptes de dire "il semblerait que l'association soit raciste et ait participé à..." en te basant sur quelques extraits, alors que tu refuses de le faire pour R. Diallo ?

Je prends cet exemple parce que tu viens juste d'en parler. Mais je pourrais sans doute en citer plein d'autres, de plein de gens ici ou ailleurs (et je me mets sans dedans).

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 14:10
Et ma question est : pourquoi il y a des gens / discours qu'on accepte de juger rapidement en connaissant peu le contexte et d'autres sur lesquels on se penche longuement, à propos desquels on va chercher des sources ailleurs pour essayer de comprendre au mieux l'auteur-e, pour essayer de leur trouver une justification, etc.
Je ne suis pas sûre que le "choix" soit fait consciemment, mais plutôt que parfois on a le temps, parfois aps. Sans doute aussi que si une personne qu'on considère de valeur dépend une personne, on va se dire que cette personne doit être valable en tous cas, je me rends compte que selon la personne qui me répercute une information, je réagis différemment.

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 14:13
Ça je le comprends très bien. Mais des fois il y a juste un tel écart de réaction en fonction de l'étiquette ou autre de la personne qui le dit Surprised

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 14:56
Par exemple, @Fleur, je ne connais pas "ni putes ni soumises" et je ne sais pas quels extraits tu as lu, mais pourquoi ici tu acceptes de dire "il semblerait que l'association soit raciste et ait participé à..." en te basant sur quelques extraits, alors que tu refuses de le faire pour R. Diallo ?

Ma réponse totale et sincèrement sincère c'est que je débute très fort dans l'antiracisme et que je compte (à donf) me renseigner. C'est juste que je connais mieux Rokhaya pour l'instant que Ni putes ni soumises. Je vais à la fnac mardi et il me faudra sans doute du temps pour savoir quoi acheter quoi lire et sur quoi me baser mais je me suis remise à bouquiner très récemment (ça fait moins d'un mois) et je manque énnormément d'informations sur le sujet.

Ce qui est sure c'est que j'ai très envie d'en savoir plus, c'est peut être pour ça que je poste un peu trop sans vraiment savoir, je suis curieuse  Embarassed . Mais déja je vais aller acheter "sexisme, pas de ça chez nous!" pour recontextualiser les extraits, et je vais commencer par essayer de lire quelque chose sur l'association ni putes ni soumises (elles ont sans doute publié des livres). Cependant je connais quand même un peu le fonctionnement car j'en avais entendu parler (en mal) à plusieurs reprises par le passé :   

En gros pour résumer ni putes ni soumises sont une association féministe dont le but premier est de défendre les femmes de banlieues des hommes sexistes. Elles ont nottament organisé les journées de la jupe dont le premier argument était qu'en banlieue on ne peux pas porter de jupe à cause des hommes sexistes > Ce qui à été critiqué par des femmes de banlieue et aussi des féministes qui disaient que ce n'était pas vraies dans ttes les banlieues et surtout que c'était un problème universel dans la société.
Visiblement elles participent au fait de pointer du doigt les hommes racisés plus que les hommes blanc à cause de leur "culture".

Plus je parle sans trop savoir (par rapport à ce que d'autres ont dit) , plus j'ai envie d'acheter un de leur livre ou manifeste pour savoir par moi même de quoi il en est.

Donc je vous tiens au courant, désolée si j'ai l'air d'avoir des préférences mais je suis tout à fait prête à pointer du doigt les pb chez Rokhaya diallo. J'ai l'impression de comprendre un peu de quoi elle parle et je m'excuse si j'ai l'air de minimiser ce qu'elle dit, je m'interroge énormément par rapport à mon vécu et ses extraits me parlent beaucoup.

HS ma vie:
Je précise juste même si c'est hs que je viens d'une famille magrhébine et que chez nous c'était la totale assimilation. J'ai grandi avec l'idée que quand même les hommes magrhébins sont bcp plus racistes que les blancs (c'est ma mère qui le dit, elle à divorcé de mon père maghrébin pour se remarier à un homme blanc), les noirs c'est pareils (en plus ils sont polygames) et que les femmes voilées donnent une mauvaise image et qu'il ne faut pas s'éttoner qu'il y ait des pb de racisme (je grossis un peu le trait, ma mère est plutôt de gauche mais en gros c'est ça et c'est quelque chose d'assez répandu chez les personnes assimilées de son entourage (amis de la famille qui viennent du maroc par exemple sans oublier les amis "blancs" qui sont d'accord avec eux sur le fait que les maghrébins sont plus sexistes forcément. De plus les amies magrhébines ou cousines de ma mère sont ttes mariées à des blancs)).

Des fois ma mère sort de ses trucs racistes... Un jour on était en voiture et a coté un cortège de mariés en limousine suivis de plein de petits rebeus dans de belles voitures qui faisaient du bruit (en mode mariage quoi) et elle m'a dit que c'était surement grace à l'argent de la drogue parcequ'on ne peux pas vivre en banlieue et se payer des limousines. Je l'ai engueulée et elle à reconnu qu'elle disait n'importe quoi, mais voila quoi :/ Je reconnais beaucoup de ma mère dans les critiques que fait Rokhaya des femmes qui pointent leur propre culture sous prétexte du sexisme. ça m'attriste car même si j'en fais un portrait négatif, à coté de ce problème ma mère est quelqu'un de formidable que j'aime de tout mon coeur et elle pense vraiment ce qu'elle dit à cause du sexisme qu'elle à vécu de la part des hommes racisés :/

Du coup je sais pas si ça explique un peu pourquoi j'ai l'air de défendre Rokhaya Diallo, mais surtout pourquoi je suis très bavarde sur ce sujet : j'ai très envie de savoir ce qui se passe exactement derrière toutes ses publications et toutes ses accusations d'un camp et de l'autre. Mais je vous assure que je compte me renseigner sur un maximum de choses Smile.

PS : Ne citez pas mon spoiler s'il vous plait, je le supprimerais peut être un jour car c'est personel...
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 16:09
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@Fleur : Je comprends et je ne souhaite pas que ce que j'ai dit dans mon post soit une incitation à ce que des membres se taisent sur le sujet hein, vraiment vraiment pas Smile

Je suis juste surprise qu'il y ait globalement (pas juste sur le forum) ce qui me semble être une minimisation, une prise de pincette pour parler de ces extraits, alors que dans plein d'autres cas où des propos plus ou moins problématiques qu'ici sont tenus, c'est tout le contraire.

Mais il peut y avoir plein de raisons à cela effectivement (qui peuvent être tout à fait légitimes comme pas, à mon avis).

Sur le fond, comme d'autres l'ont dit, je pense qu'on peut tout à fait dire qu'il y a une surestimation et une sur-médiatisation du sexisme chez les personnes racialisées et / ou une sous-estimation de celui-ci chez les blancs, et également analyser le fait que cette pensée peut aussi être intégrée et véhiculée par des personnes racialisées. Je pense qu'on peut dire tout ça sans tomber, comme le disait AS, dans l'extrême inverse, et sans non plus dire des trucs dégueulasses et blâmer des victimes en disant d'elles qu'elles cherchent le succès (apparemment facile à atteindre), en parlant des horreurs qu'elles ont subi et qu'elles feraient mieux de se la fermer (en en tirant des conséquences uniquemement individuelles) pour ne pas stigmatiser (trahir ?) leur culture d'origine...  

J'avoue que j'ai toujours personnellement du mal à y voir autre chose qu'un propos assez mascu et raciste, mais je suis sincèrement ouverte aux arguments hein.


Dernière édition par Omniia le Dim 8 Mar 2015 - 16:18, édité 1 fois

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 16:18
Du coup je te redis tout ça après avoir lu et replacé dans le contexte Smile.
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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 16:20
ok Smile

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 20:05
Réputation du message : 100% (1 vote)
Je viens de poster ce très court billet dans le topic sur le voile (ici) qui me semble intéressant de citer ici aussi par rapport aux questions dont on parle (notamment la première capture du bouquin de R. Diallo).

Les “beurettes” occidentalisées, sexualisées, fantasme de blancs, qui servent la soupe aux racistes pour mieux s’intégrer – voilà donc comment on nous appelle, chez les antiracistes, les chantres de la lutte contre l’islamophobie, les nouveaux hérauts du militantisme inclusif. Nous n’aimons pas notre culture et notre peuple, nous trahissons notre histoire et notre lutte – “harkies”, vous oseriez le dire. La “haine de soi” – “le racisme intériorisé” comme on dit quand on est chic. Nous sommes dominées et notre voix est illégitime. Nous sommes la cinquième colonne des opprimés, les femmes irresponsables et inconscientes au service du pouvoir blanc.

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

le Dim 8 Mar 2015 - 20:23
Je reviens donc^^

Pour commencer le terme "drame personnel" je ne l'ai pas compris comme la majorité mais au sens littéral : drame qui nous est arrivé personnellement. Mes viols étaient des drames personnels, l'agression de mon frère était un drame personnel, bref, quelque chose qui arrive à une personne et qui impacte sa vie. J'ai le sentiment que Rokhaya Diallo dénonce le fait que ces drames arrivés à quelques femmes soient utilisés pour stigmatiser des communautés entières et surtout passer sous silence les drames personnels bien de chez nous. C'est d'ailleurs le réflexe qu'on a en refermant les bouquins (écrits par des femmes mais en majorité sous l'incitation d'un.e blanc.he qui lui fait comprendre la nécessité de dénoncer pour que ça se sache), on se dit "olala "là bas" ce sont de vrais barbares, ils sont méchants".

Dans "Brûlée vive" par exemple la façon dont l'histoire est racontée laisse à penser que tout le monde bat les femmes, tout le monde brûle/tue ses filles qui ont fauté, personne n'est jamais capable de penser autrement. Et il a toujours des étrangers blancs européens pour venir sauver les pauvres filles. (En vrai c'est génial qu'il y ai des bénévoles blancs ou pas pour prendre soin des victimes). En bref, que c'est une autre culture, c'est comme ça.

Par contre quand on parle de drames personnels bien de chez nous, tout le monde dit que c'est très triste mais voilà, c'est rare, comme le livre "la soupe aux cailloux" et sa suite "un pain au gout amer", des drames bien de chez nous, pas croyables par moments tellement c'est dur, où on le referme en pensant "mais où étaient les services sociaux et la police ?" .

Alors que c'est la même chose.

Sur la phrase "ces femmes font de leurs drames personnels..." franchement, sachant que ces livres sont bourrés de "merci machin (homme blanc en général) il m'a sauvé la vie et m'a incitée à écrire, sans lui j'aurais gardé ça pour moi"...Ouais, ça ressemble à du victim blaming, mais j'ai du mal à le voir comme ça. J'aurais plutôt tendance à l'interpréter comme "c'est dommage qu'au lieu de se cantonner à une stricte autobiographie on utilise ces drames de vie pour un but islamophobe/raciste".

Il y a beaucoup de propos que je trouve problématiques de mon point de vue de blanche qui a un peu connu la violence des banlieues à l'adolescence, mais en tant que blanche justement, je me dis que ce coup de gueule d'une femme racisée doit avoir un sens que je ne saisi pas bien, et qu'elle est déjà plus légitime que moi pour parler de ce qu'elle connait. Mais je n'ai pas encore lu son livre, je vais aller y jeter un noeil pour être sûre.

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Re: [PETITION] Contre la déprogrammation de R. Diallo d'un cycle de débats sur les droits des femmes par la mairie du XXeme

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