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Grisélidis Réal parle de la prostitution comme d’une torture

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Grisélidis Réal parle de la prostitution comme d’une torture

Message par pierregr le Jeu 2 Oct 2014 - 10:06

Il me paraît important de prendre en compte cette part de son discours. Car elle est souvent citée par les personnes défendant "le droit de se prostituer", je dois dire que j'ignorais totalement qu'elle avait été aussi lucide sur cette activité. La violence physique qu'elle subit des clients s'ajoute à celle subie de la part de son conjoint.

L'article vient d'un site suisse et abolitionniste. Illes connaissent bien la problématique de ce pays encore fort imprégné de culture patriarcale. Je n'ai copié qu'une partie. Pour obtenir les liens, je vous conseille d'aller sur la page mentionnée plus bas

Grisélidis Réal est une écrivaine, peintre et prostituée, fondatrice en 1982 à Genève d’une association de défense des prostituées : l’Aspasie. Cette association est l’équivalent du STRASS (Syndicat du travail sexuel en France).

Le 3 novembre 2011, Le Monde publiait un article de Virginie Despentes à propos d’un recueil de lettres de Grisélidis Réal (lettres rédigées entre 1954 et 1993).

Voici cet article : "Mémoires de l’inachevé", de Grisélidis Réal : asphalte gitane

Dans une lettre écrite en 1967, Grisélidis Réal parle de la prostitution comme d’une véritable torture: « Loin d’être une partie de plaisir, c’est bien plutôt une TORTURE, la démolition de l’âme et du corps. Chaque matin, à l’aube, quand je vais au lit, épuisée, il me semble qu’un troupeau de pourceaux m’a passé dessus, qu’ils m’ont piétinée, meurtrie, bavé dessus, craché sur mon visage, dans mes yeux, mes oreilles, ma bouche. C’est une sensation d’humiliation et d’horreur qui me pousserait au-delà de la nausée jusqu’au meurtre. Oui, je pourrais facilement, très facilement tuer si je me laissais aller. Tu vois, je ne suis pas faite pour ça – et si je n’avais pas d’enfants, je volerais, je mendierais plutôt pour vivre. J’aimerais encore mieux la faim, aller coucher dehors, trouver de la nourriture dans les poubelles. J’aimerais mieux être en prison. Mais j’ai promis à mes enfants de les tirer de la pension, de les reprendre avec moi, de les rendre heureux. » (source : l’article ci-dessus)

Dans une lettre écrite en 1975, Grisélidis Réal décrit la violence conjugale qu’elle subit : « Oui j’ai mal partout, la moitié de mes cheveux est arrachée, les déchirures mettront longtemps à cicatriser, j’ai sur la peau de grandes flaques noires, bleues et jaunes que tu m’as faites avec tes poings. Pourtant je reste, Hassine Ahmed, enfant perdu qu’on a trop enfermé. Je reste en pleurant et en tremblant collée à ton corps d’où me vient tout le mal et l’amour. Et tu pleures toi aussi en me demandant pardon. » (source : l’article ci-dessus). Ce passage montre que Grisélidis Réal était victime de violence conjugale, comme la plupart des prostituées, avec le classique processus d’emprise qui empêche la victime de fuir son agresseur.

Dans une lettre écrite en 1972, Grisélidis Réal décrit la violence institutionnelle à laquelle elle doit faire face (placement de force de ses enfants) : « Je devrais me taper une ou plusieurs séances avec l’assistante sociale du juge d’enfants et, qui sait, même paraître devant le juge, ah MERDE ! Même si ce sont des gens importants et intelligents, et humains et tout ce que tu veux, j’en ai MARRE de raconter TOUJOURS et à chaque fois ma vie, en pesant chaque mot, j’en ai marre d’avoir des dossiers partout pour chacun de mes gosses, avec des documents, et des photocopies, et des lettres et des reçus postaux et des extraits de jugements, et j’en ai MARRE, MARRE ! de ces éternelles séances dans des petits bureaux, et de trembler, et de mentir quand il faut. Ça fait des années que c’est toujours la même musique et toujours, TOUJOURS ça recommence, et des interrogatoires, et des enquêtes et on est toujours là misérablement sur une chaise, pendant des heures, comme une coupable, suspecte, indigne, VICTIME, incapable. » (source : l’article ci-dessus)

Malgré l’immense violence qu’elle subit de toutes parts (prostitution, partenaires et institutions), dès les années 1970, Grisélidis Réal se met à défendre la prostitution en affirmant qu’il s’agit d’un métier, d’un choix, d’une décision, allant même jusqu’à qualifier la prostitution d’acte révolutionnaire et d’activité qui soulagerait la misère humaine. Simultanément, elle continue de reconnaître le côté sordide de son « métier ».

« Au cours des années 1970, Grisélidis Réal devient une activiste, une des meneuses de la « Révolution des prostituées » à Paris : 500 femmes prostituées occupent la Chapelle Saint-Bernard, à Paris, en juin 1975 et réclament la reconnaissance de leurs droits. Rejetant l’argument selon lequel une femme ne se prostitue que si elle y est obligée par le souteneur, elle déclare que la prostitution peut aussi être un choix, une décision. Elle tient à ce que sur ses documents officiels figurent non seulement écrivain mais aussi « péripatéticienne » qu’elle considère comme une deuxième profession. Elle apparaît, filmée chez elle en 1975 ou 1976, à la fin du documentaire Prostitution de Jean-François Davy.

Grisélidis amène sa « Révolution » à Genève en 1977 et reprend la prostitution, activité abandonnée sept ans auparavant. Elle est une des fondatrices en 1982 de l’association de défense des prostitués Aspasie. Elle a étendu son combat en participant à des conférences internationales, en venant parler de ce qu’elle considère comme son métier dans des universités, en donnant de nombreuses interviews et en animant des réunions publiques. Dans son petit appartement des Pâquis, elle crée un centre international de documentation sur la prostitution.

Parallèlement à ce combat politique, Grisélidis Réal a toujours revendiqué un rôle social de la prostitution qu’elle considère comme une activité qui soulage les misères humaines et qui a sa grandeur. En 1977, elle écrit que « la prostitution est un acte révolutionnaire »1. Elle a développé une vision positive de ce qu’elle a appelé en janvier 2005 (dans la préface de Carnet de bal d’une courtisane), « un Art, un Humanisme et une Science ». Mais elle reconnaissait également le côté sordide de son travail, dont elle parlait avec des termes crus. » (source)

La lecture de ces quelques lettres et notre parfaite connaissance des pratiques suisses d’une grande violence au niveau des placements de force d’enfants, fait penser que Grisélidis Réal a probablement fait ce changement de cap pour ses enfants à qui elle avait promis de les sortir de la pension et de les rendre heureux.

En donnant une image « honorable » à la prostitution et en devenant l’égérie d’un mouvement, une écrivaine, Grisélidis Réal se donnait une toute petite chance d’extraire ses quatre enfants de la pension dans laquelle les services sociaux les avaient placés de force, selon les pratiques habituelles de la Suisse aujourd’hui encore.

A l’époque de Grisélidis Réal, c’étaient essentiellement les prostituées, les « gens du voyage » les mères célibataires et/ou dans la précarité auxquelLEs les services sociaux retiraient leurs enfants pour les placer de force.

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Re: Grisélidis Réal parle de la prostitution comme d’une torture

Message par Araignée le Jeu 2 Oct 2014 - 10:57

A l’époque de Grisélidis Réal, c’étaient essentiellement les prostituées, les « gens du voyage » les mères célibataires et/ou dans la précarité auxquelLEs les services sociaux retiraient leurs enfants pour les placer de force.

Grisélidis cumulait plusieurs de ces choses, puisqu'elle était à la fois prostituée, gitane et mère célibataire...

Je pense aussi, que lorsqu'on est forcée pendant longtemps de se prostituer alors qu'on le vit comme une violence, le déni est un moyen de survie... Se dire que c'est un métier noble, qu'on se sacrifie, que c'est un choix, est un moyen comme un autre pour ne pas tomber dans la dépression et se suicider...
Ca rejoint aussi le mécanisme d'identification à l'agresseur (qu'on voit bien à l'œuvre dans la lettre où elle parle à son conjoint violent) : l'agresseur dans la prostitution étant les clients, rien d'étonnant à ce qu'elle finisse par les voir comme des hommes malheureux à qui elle apporte du réconfort.

Je suis soulagée pour ma part d'avoir pu arrêter avant d'arriver à ce stade...

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Re: Grisélidis Réal parle de la prostitution comme d’une torture

Message par pierregr le Jeu 2 Oct 2014 - 11:06

Je pense aussi qu'il y a des mécanismes de survie qui se mettent en place dans certaines circonstances extrêmes, Rosen Hicher en parle d'ailleurs également.
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