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ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 31 Juil 2014 - 2:40
je suis tombée sur cet article de rue 89
http://rue89.nouvelobs.com/rue69/2011/10/18/elles-ont-choisi-de-ne-plus-avoir-leurs-regles-225648#comments-start

deux choses me sont venues à l'esprit

--> quel role joue les lobby pharmaceutiques dans la promotion de la pilule hormonale comme moyen de contraception?
--> simone de beauvoir evoquant les regles dans le deuxieme sexe parle de ces femmes actives qui, n y pretant pas attention continue dans leur periode menstruel a se conduire comme à leur habitude
( le sous entendu etant que les regles deviennent un probleme pour les femmes qui les voient d'un mauvais oeil)

qu'en pensez vous?
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Araignée
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 31 Juil 2014 - 6:13
Je ne vois pas mes règles d'un mauvais œil, mais le premier jour de celles-ci, quand la douleur est plus forte qu'une rage de dents, je serais bien incapable de mener ma vie comme si de rien n'était...

Cela dit, c'est pas pour autant que je vais prendre la pilule (déjà que 1/ ma libido est malade 2/ je veux un (des !) enfant(s) mais ai très peur de ne jamais les avoir)...

En Chine, traditionnellement dans la médecine chinoise, on considérait les règles comme quelque chose de très important (on les appelait "eaux célestes", car on pensait que ce n'était pas du sang, mais le précieux liquide qui permet de faire des enfants) et les femmes qui avaient leurs règles avaient droit à beaucoup d'attention. On leur permettait d'arrêter de travailler ces jours-là, car il fallait qu'elles se ménagent et ne fassent pas trop d'efforts.




Reste que si ces arguments tombent facilement, il en reste un plus intime. Celui de la sexualité. Car comme le remarque Juliette :

« Avoir ses règles une fois par mois, c’est aussi s’autoriser à ne pas être disponible sexuellement. »
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Drärk
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 31 Juil 2014 - 7:47
C'est pendant mes règles que j'ai le moins peur de faire du sexe avec coït avec mon amoureux, sans doute parce que je sais que les risques de grossesse sont minimes. Donc je ne suis pas "disponible" sexuellement, j'ai juste moins la trouille de finir avec une grossesse imprévue, ce qui est fort différent. D'ailleurs, je ne suis plus jamais "disponible" sexuellement, et j'entends bien que ce droit soit respecté (il l'est par mon amoureux et il le vit très bien mort, donc le reste du monde devrait y survivre aussi).

Je n'ai pas envie de cesser d'avoir mes règles, d'où ma préférence pour une stérilisation plutôt que des hormones en continu. Mon corps est fait ainsi, il a son cycle et parfois il saigne, c'est comme ça, j'ai déjà eu du mal parce qu'on pense que les règles c'est sale et tabou et on aimerait que ce soit vraiment un liquide bleu dans les protections, je ne comprenais pas comment un tabou pouvait toucher la moitié de la population en âge de procréer, c'est pas comme si c'était un secret honteux. J'ai même déjà acheté par erreur des serviettes avec des perles anti-odeur, pour "neutraliser". Résultat ? Ben c'est la première fois que mes serviettes puaient justement, mais je n'aime pas les odeurs de synthèse, donc j'y suis très sensible.

Depuis quelques mois, je teste le flux libre en début et en fin de règles où je me sens parfois mal à l'aise, comme si une infection pointait le bout de son nez. Je ne mets rien, juste une serviette de bain sur mon siège de pc/place de lit au cas où et je me suis sentie bien libre libre ainsi, sans protection qui colle à mon sexe. Je n'ai pas eu des masses de fuites, sauf quand je passais outre une envie d'aller aux toilettes (parce que mon jeu/film était trop prenant ^^) et une fois où je me suis endormie pendant une douzaine d'heures (je n'avais pas prévu de rester en libre). Cela fait la nique au préjugé des femmes qui saignent passivement (contrairement aux hommes qui saignent activement), Françoise Héritier en parlait dans une entrevue (ou peut-être un documentaire) en disant que les femmes étaient considérées comme froides et passives car elles perdent du sang sans le contrôler (les menstrues) contrairement aux hommes qui le perdent de manière virile (combat, guerre...). Dans notre société occidentale, le froid et le passif sont "négatifs" et liés à la "féminité"...

Je respecte mon corps et si j'ai mal au point de ne pas pouvoir/vouloir me lever de mon lit, mon amoureux me prépare mon achillée en infusion. J'ai beau ne pas désirer d'enfant-e-s, je sais que mes règles signifient que je suis en bonne santé de ce côté-là, à priori en tout cas. J'ai cessé de nier quand j'ai mal et si mes sisters me disent qu'elles ont mal je suis à l'écoute, je ne leur balance pas un "C'est comme ça !" (que l'on peut traduire par : tu es née femme, tu enfanteras forcément et tu vas en chier, alors cesse de te plaindre et serre les dents). J'ai même (ré ?)appris à les sentir venir. Avant je mettais des serviettes jusqu'à deux jours à l'avance, pour "être sûre" de ne pas avoir de fuite et éviter de me taper des commentaires/la honte, sur tout au taff. Quand j'avais 13/14 ans (je sais plus), je me suis assise sur un muret humide et mon pantalon était un peu sali, ma mère est venue me voir en mode "Les gentes pensent que tu as tes règles", moi je savais que non et j'ai été surprise de cette réaction "Va vite aux toilettes", pourtant c'est pas toxique que je sache.

Je suis d'accord pour dire que rien ne change quand je les ai, je suis la même personne, parfois un peu fatiguée, parfois clouée au lit par la douleur, mais mon cerveau est toujours fonctionnel. En revanche, je ne suis pas d'accord avec le fait de mener un rythme de vie similaire, et surtout très actif. Je comprends que cela permette à des femmes de clamer "Vous voyez, je suis la même et je suis capable de travailler comme les hommes, tous les jours, la biologie n'a pas raison de moi". Le problème est que pour d'autres femmes, c'est fort différent, j'ai connu des douleurs telles que je ne pouvais pas bouger, ni aller uriner, car le moindre mouvement pour me retourner dans mon lit, pour marcher, être assise était un supplice, j'avais mal jusque dans les lèvres. On ne peut pas travailler dans ces conditions, quand on a l'impression d'avoir l'utérus et le dos en fusion, la tête comme une pastèque et des hématomes à la place de la vulve qui se cognent et frottent dès qu'on bouge, des nausées aussi et autres joyeusetés. Cela ne veut pas dire que je suis un sous-être, contrôlée par ses hormones comme une créatures dangereuse et non intelligente, ça ne veut pas dire non plus que je dois être ménagée comme un bibelot fragile, c'est à moi de choisir comment je veux être traitée. Si je me sens bien, je vis comme d'habitude, dans le cas contraire, je me repose. Je ne travaille pas actuellement donc c'est facile et je me souviens avoir bossé en ayant mal au dos et au ventre parce que si je me faisais arrêter pour mes règles, je perdais du salaire, c'était plus "rentable" d'avoir mal.

Je crois que les femmes ont le droit de prendre du repos quand elles en ont besoin, même les hommes. Je crois d'autant plus que les femmes ont le droit de ne pas bosser si elles sont vissées à leur matelas ou juste fatiguées. De toute façon, quand on est pas en forme, on est moins "productif-ve" (mais sans doute encore trop pour être ménagé-e). Ce n'est pas à moi de prouver ce que je vaux, c'est à la société de m'accepter telle que je suis. De plus, je ne prévois pas de commettre des crimes et des délits nuisant à l'intégrité physique et morale d'autrui, donc je pense être largement acceptable !

Je comprends les femmes qui souhaitent ne plus avoir leurs règles, parce que c'est difficile de vivre dans un monde où on peut entendre "T'as tes règles ou quoi ?!" si on se fâche ou si on dit quelque chose qui déplait (encore une fois, les hormones nous dévalorisent...). Et je sais que les traitement hormonaux sont souvent une solution à des maladies comme l'endométriose. A chacune sa contraception (et à chacun aussi d'ailleurs), règles ou pas règles. Et puis, on a assez de personnes qui prennent le prétexte des cycles hormonaux des femmes pour les cantonner à la maison, parce que ce seait plus facile à vivre pour elles, ce qui signifie qu'elles ne peuvent pas travailler, donc qu'elles doivent être en couple. Et on sait ce que ce signifie forcer les femmes à rester sous la coup des hommes : culture du viol et patriarcat. Déjà qu'on nous emmerde parce qu'on saigne, je trouve que c'est cher payé pour une "faute" qui n'en est pas une.

La question des lobbys se pose évidemment : Faire croire aux femmes que c'est mieux de ne pas saigner permet de les maintenir dans une dépendance médicale, qui représente un coût. C'est aussi une façon de laisser entendre que les règles, c'est presque une maladie (comme les poils tiens) et que l'on doit les avoir juste quand on est prêtes à enfanter (c'est bien connu, quand on a un utérus, il faut forcément s'en servir sinon on est pas une vraie Lafâme épanouie "étouça").

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 31 Juil 2014 - 9:35
Je ne crois pas que les lobby veulent qu'on ne saigne pas, le marché des serviettes et tampon est énorme il ne faut pas l'oublier, ce ne serait pas dans leur intérêt de voir toutes les femmes supprimer leurs règles.

A la base la pilule à été créer pour ne plus du tout avoir ses règles mais les mêmes labo qui les ont commercialisés ont inventé la pause d'une semaine en disant que ça rassurait les femmes. Les règles ont encore une mauvaise réputation, ne pas les avoir serait immoral, dangereux, elles serviraient à nettoyer le corps et autre bêtises véhiculées par les gynéco eux-même. A ce sujet deux articles http://www.acontrario.net/2011/01/18/choisir-de-ne-pas-avoir-ses-regles-ni-peche-moral-ni-danger-medical/ et http://www.acontrario.net/2010/06/22/la-pilule-les-regles-et-les-idees-recues-un-peu-de-menage-simpose/

Ce qui est féministe c'est d'avoir le choix, ne pas se soumettre à quelque injonction que ce soit, ni de les avoir, ni de ne pas les avoir. Etre libre de disposer de son corps comme on l'entend. Ce qui nécessite évidemment d'avoir déconstruit les mythes et les tabous qui gravitent autour de l'appareil reproducteur féminin.

De mon côté je n'ai pas eu les mêmes besoins au cours de ma vie, à une période j'aimais prendre la pilule en continu, j'aimais de ne pas avoir mes règles mais j'étais terrifiée à l'idée que quelque chose se bloque et me rende infertile (mythe là encore, mais c'est bien ancré) donc je faisais une pause tous les 3 mois. En ce moment je n'ai pas de règles, elles ne sont pas encore revenues depuis mon accouchement et j'apprécie cette liberté tout en attendant de les voir revenir. J'aime bien les avoir, en plus du fait de me rassurer de ne pas être enceinte, ça fait une sorte d'horloge régulière et rassurante. Peut être que plus tard j'aurai envie de reprendre des hormones pour ne plus les avoir, et je serai contente d'avoir le choix^^

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Nurja
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 1 Aoû 2014 - 0:19
Il me semble que les menstruations sont utiles au corps pour se détoxifier.
Je crois aussi qu'il n'est pas anodin de balancer dans le corps des hormones.

Je continuerai donc à être réglée.

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 1 Aoû 2014 - 1:41
Araignée a écrit:

Reste que si ces arguments tombent facilement, il en reste un plus intime. Celui de la sexualité. Car comme le remarque Juliette :

« Avoir ses règles une fois par mois, c’est aussi s’autoriser à ne pas être disponible sexuellement. »
Welcome in the culture du viol... Sad 
Je ne sais pas si c'est à toi que j'en avais parlé, mais ça me rappellele mikvé. Un bain rituel dans certaines pratiques du judaïsme, censé être entre autre pratiqué par les femmes après leurs règles pour qu'elles se « purifient » avant d'avoir d'autres rapports sexuels. Certaines femmes ont ainsi utilisé la règle à leur escient : pas de bain rituel, pas de sexe avec le mari. Very Happy
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erulelya
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 1 Aoû 2014 - 2:13
Nurja a écrit:Il me semble que les menstruations sont utiles au corps pour se détoxifier.

Non. Déjà d'un point de vue biologique, l'endomètre n'est pas que du sang, ce sont de petits vaisseaux sanguins qui s'accumulent en vue d'une possible grossesse. Le corps ne peut pas préparer le nid d'un embryon en y foutant des toxines qui doivent s'évacuer. Ça c'est le rôle des reins, de la peau, des poumons et de l'intestin.

Un mot de Winckler à ce sujet :

De quoi les règles sont-elles faites ?

Les règles sont composées de cellules de l’endomètre et de sang (ce n’est pas du sang pur). Les règles n’ont pas pour vocation de "nettoyer" l’organisme, elles correspondent tout simplement à un renouvellement des tissus, tout comme la chute de cheveux correspond à l’apparition de nouveaux cheveux, et la peau d’un animal qui mue à la pousse d’une nouvelle peau (la peau humaine se détache aussi, mais de manière microscopique, alors ça ne se voit pas).

D’où vient l’idée que l’absence de règles est mauvaise pour la santé ?

De l’association entre règles et fécondité. En effet, une femme qui n’a pas de règles régulièrement (et par régulièrement j’entends « à intervalles réguliers », et non « tous les mois », car on peut avoir des règles normales toutes les 6 semaines...) est souvent aussi une femme qui n’ovule pas régulièrement (rappelez-vous : pour avoir des règles, il faut avoir ovulé deux semaines avant). Et dans l’esprit du public, moins l’ovulation est régulière, moins l’éventualité d’une grossesse est grande. En réalité c’est plus compliqué que ça : des femmes qui ont des règles tous les mois ont les pires difficultés à être enceintes (souvent parce que l’infertilité est celle de leur mari...) et d’autres, qui n’ont pas de règles tous les mois, sont enceintes à peu près quand elles le souhaitent. L’équation « règles = fécondité » est donc souvent fausse.

Mais l’absence de règles peut être due à une maladie qui n’a rien à voir avec les organes de la reproduction. Le fait d’être malade empêche les femmes d’ovuler - et donc d’avoir des règles. L’absence de règles est donc aussi associée à une mauvaise santé. Elle est fréquente, aussi, chez les femmes qui prennent certains médicaments (neuroleptiques, tranquillisants, antidépresseurs, en particulier).

Enfin, la disparition définitive des règles est synonyme de ménopause, donc de fin de la période de fécondité - ce qui a longtemps été perçu comme une fin de la féminité. Même si les femmes d’aujourd’hui ne se sentent pas moins « féminines » après la ménopause, ce genre d’amalgame est profondément ancré dans l’inconscient collectif. Beaucoup de femmes prennent du poids à la ménopause, d’où l’idée selon laquelle « quand on n’a plus de règles, le sang [qu’on n’évacue plus] tourne en graisse », comme on le dit à la campagne. Même si toutes les femmes ne prennent pas de poids à la ménopause, cela aussi contribue à enrober la disparition des règles d’une image... pas très engageante.

http://martinwinckler.com/spip.php?article578

http://martinwinckler.com/spip.php?article932


Quand à l'histoire des hormones de synthèse, il est vrai que ce n'est pas anodin, et il est aussi vrai que parfois ça soigne comme n'importe quel médicament. Ce qui compte c'est d'avoir l'information et de faire son choix.
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 1 Aoû 2014 - 3:47
Je ne pense pas que le système reproducteur soit considéré comme un émonctoire, ce qui rend logique le fait de considérer qu'il ne détoxifie pas le corps. J'ai plutôt l'impression que c'est un vieux mythe qui sert à convaincre les femmes qu'elles sont sales car elles saignent mais qu'elles doivent saigner car elles sont sales si non fécondées. Tant qu'à aliéner la population, autant faire les choses en grand.

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 1 Aoû 2014 - 8:58
erulelya a écrit:
Nurja a écrit:Il me semble que les menstruations sont utiles au corps pour se détoxifier.

Non. [...]

Un mot de Winckler à ce sujet :

De quoi les règles sont-elles faites ?
Les règles sont composées de cellules de l’endomètre et de sang (ce n’est pas du sang pur). Les règles n’ont pas pour vocation de "nettoyer" l’organisme, elles correspondent tout simplement à un renouvellement des tissus,
Renouveller des tissus, c'est une façon de rendre neuf à nouveau et donc avec moins de toxines.

erulelya a écrit:Quand à l'histoire des hormones de synthèse, il est vrai que ce n'est pas anodin, et il est aussi vrai que parfois ça soigne comme n'importe quel médicament. Ce qui compte c'est d'avoir l'information et de faire son choix.
Sur cela, je suis d'accord, c'est important d'avoir les informations  pour choisir en connaissance de cause.

Je ne me sens pas sale lorsque je suis réglée. Je pense que la perte de sang liée aux règles force à reconstruire du sang et que c'est un aspect secondaire du processus, mais qu'il a un avantage. Je sais que certaines personnes font l'hypothèse que si, en moyenne, les femmes vivent plus longtemps que les hommes, c'est justement grâce à elles.

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 10:27
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Salut à toutes!

Pfui, le nombre de mythe qu'on a toutes sur nos règles! Enfin c'est compréhensible vu les histoires que les patriarcat ont posés la dessus!

Alors en chine du temps des empereurs: femme=sale, impur. On laissait d'ailleurs la mère seule pendant 1 mois après son accouchement avec son enfant (s'il mourrait, tant mieux) lu dans une ouvrage de la collections "les femmes au temps de" vulgarisation scientifique fait par des historiennes qui, merci à elles, enfin parlent des femmes. (le yin et le yang, encore une opposition en mode binaire et systématique entre les femmes= mauvaises, et les hommes=bons). Religions monothéistes: sang= impur. Océan indien: encore aujourd'hui des femmes sont obligées de vivre dans des cabanes à part de la communauté pendant leurs règles. Sérieusement je crois pas que ce sois les femmes qui se sont dis "chouette, on aura une semaine sans viol". Par contre c'est une pensée des "femmes de droites " cf Andréa Dworkin et C. Delphy: au moment de la lutte pour le droit à l'avortement en 1975 en France, des femmes réactionnaires voulaient l'empêcher car le risque de tomber enceinte était la seule raison "valable" (càd validé par certains hommes) pour refuser de coucher.

 Version moderne: aux douches avec une copine quand j'avais 6 ans en colonie de vacances: moi je me touche pas "là", je me lave seulement avec un gant, c'est sale. La honte au collège, les blagues des potes, collègues, parfois famille. Surtout la famille pendant l'adolescence, version "c'est chiant les ados, surtout les filles elles ont leurs règles ça les rends agressives" en gros. Et enfin, à 25 ans, une copine protestante pratiquante fille de pasteur, noire et vivant au Cameroun jusqu'à ses 12 ans: ha mais c'est sale! à 8 ans on m'a appris à bien me laver là.
Pour mon cas perso, j'ai jamais trouvé ça sale, ça m'a pas empêché d'avoir du sexe si je voulais (à part la connerie éventuelle du partenaire, on peut pas le forcer hein! M'enfin se laver avant et mettre une serviette sur le lit c'est pas bien compliqué. Et si monsieur a peur du sang et bien qu'il aille se polir ailleurs.
Mais j'ai bien ressenti la honte sociale, et l'effort constant de "cacher" ça pour éviter le tir croisé des remarques que tous le gens qu'on croise ces jours là, s'autorisent à faire.

Je croyais pour ma part à l'importance du cycle car "les femmes vivent et pensent de manière cyclique"(comme un cercle)  alors que les homme de manière linéaire (comme une flèche)" bref, l'explication biologisante à l'extrême: en tant que femme, mon comportement est dicté par mes hormones et par la reproduction du caractère de mes organes proquéateurs! genre: l'ovule attend passivement les spermatozoïdes actifs et compétitifs, le sang est impur et passif et signe de faiblesse, je vis de manière cyclique: entendez les femmes entretienne la maison, la nourriture (qui revient tous les jours: ménage, repas et encore et encore) et font et élèvent les enfants (renouvellement "cyclique" des générations) et faiblesse physique bien entendu (foutaise prouvée chaque jour depuis l'antiquité). Alors que les hommes vivent et crées l'Histoire, ont des carrières, construisent des entreprises, des empirent financiers, des découvertes qui change le monde (scientifiques, explorateurs). Et sont la force physique incarné (cf héros). Voyer la métaphore de "flèche". Bref, cette explication biologique est A VOMIR c'est un mythe enchevêtré à d'autres qui font partis de la mémoire collective, même si c'est insidieux. Et dont j'étais imbibé, malgré moi, sur certains aspect du moins, mais en fait ils sont liés donc cela fait une cage mentale.

Donc bon, quand un médecin généraliste et sexologue m'a affirmé  à mes 18 ans que c'était des conneries, et qu'il n'y avait aucun problème médical et risque de stérilité à prendre la pilule en continu, ce que faisaient des collèguEs de son âge (environ 50 ans) depuis des  années, ce que que ma gynéco me confirme encore aujourd'hui, hebien je l'ai cru! Et maintenant je ne fais pas la "pause placebo" de mes plaquettes, et non seulement je ne saigne plus, ce qui était effectivement parfois contrariant, mais surtout je n'ai plus mal. C'est quoi cette vision comme "normal" de souffrir 4 jours ou plus par mois, sois 208 jours par an, de 13 à 50 ans pour les femmes? Si c'est pas biblique: "tu enfanteras dans la douleur" je sais pas ce que c'est! Quand je vois ma cousine qui fait médecine, et qui refuse de la prendre alors qu'elle se tord de douleur, je trouve que ça craint pour elle de souffrir autant, et elle n'est certainement pas la seule.
Bien sûr elle choisit de faire "ce qu'elle veut" mais personne n'est réellement libre, surtout si on est désinformées et submergées de fausse vérités scientifiques et de jugements moraux. Moi même, j'ai beau vouloir être libre et sans assignation de genre, je n'ai pas eu la force dans ce cas la de rembarrer toute la journée les remarques que l'on me faisait sur les règles, donc je n'en parlait pas, voilà. On vit dans une société et on peut pas se battre sur tout, tout le temps, c'est épuisant.

Pour ce qui est du cancer, et bien vu que j'ai une chance sur 2 d'en avoir un, tous facteurs confondu, je prends les bénéfices en attendant.

Après c'est un budget (remarque les protèges slips et tampon aussi) mais j'ai un principe: quand je suis en couple je demande (poliment, avec des explications, et  fermement) à mon copain de payer la moitié du prix de la pilule.

Voilà mon témoignage comme contribution, pas comme "j'ai raison faites comme moi". Surtout que je vais sûrement changer et pas avoir le même fonctionnement toute ma vie. L'avantage pour moi aujourd'hui c'est que comme je ne fais pas de pause, je l'oubli moins, et comme je prend d'autres médicament, j'y pense de toute façon. Et comme je sais que je peux tomber sur un violeur, je me dis que je n'aurais pas d'embryon après (oui, cette crainte au vu des statistique est malheureusement dans ma tête, et existe réellement).

Ah oui, et enfin, perdre du sang gorgé de bonnes choses nourrissante  pour accueillir un œuf, ça noues fait juste être souvent en manque de fer, entre autre... D'où mon point de vu sur la nourriture carnée, dont les femmes ont été systématiquement privées, dans toutes les cultures à travers les siècles et d'où nos tailles actuelles (en moyenne 15 cm de moins que les hommes) cf le documentaire "Pourquoi les femmes sont elles plus petites que les hommes?" dont on discute sur un autre fil sur ce forum.

Enfin voilà, bonne journée!

Sororité, N

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adapté de Charles Fourier

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 10:50
Nyrhia a écrit:Ah oui, et enfin, perdre du sang gorgé de bonnes choses nourrissante  pour accueillir un œuf, ça noues fait juste être souvent en manque de fer, entre autre... D'où mon point de vu sur la nourriture carnée, dont les femmes ont été systématiquement privées, dans toutes les cultures à travers les siècles et d'où nos tailles actuelles (en moyenne 15 cm de moins que les hommes) cf le documentaire "Pourquoi les femmes sont elles plus petites que les hommes?" dont on discute sur un autre fil sur ce forum.

Huhuhu, en tant que végé hystérique je me sens obligée d'apporter une précision. Sur le fer, environ un quart des femmes est carencée en fer, indépendamment du régime alimentaire*. Cela correspond aux femmes aux règles abondantes. Sur la privation de nourriture, il faut souligner qu'il y a d'abord un différence de quantité, les femmes mangeant traditionnellement moins que les hommes; puis de qualité, les aliments considérés comme nobles (morceaux de choix des viandes, alcool, sucres) sont réservés au chef de famille.

Sur les protéines, il y en a partout, et à moins d'avoir une alimentation constituée d'un seul aliment, la carence est très dure à avoir si tu as un accès suffisant à la nourriture. La petite taille des femmes, si le lien alimentation-taille se confirme, passe aussi par un moindre accès à la nourriture.

Je me rends compte que tu n'as pas vraiment précisé ton point de vue sur l'alimentation carnée...



*je n'ai pas l'étude sous la main par contre. Notons que parmi les morceaux d'animaux, ce sont les abats les plus riches en fer, abats très peu consommés de nos jours...

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 13:22
Sur les protéines, il y en a partout, et à moins d'avoir une alimentation constituée d'un seul aliment, la carence est très dure à avoir si tu as un accès suffisant à la nourriture. La petite taille des femmes, si le lien alimentation-taille se confirme, passe aussi par un moindre accès à la nourriture.

Je suis végétarienne, et disons que je pense qu'actuellement, dans notre société, on n'a pas besoin de viande.

Par contre, je pense quand même que dans certains endroits de la planète, autrefois, il était difficile de se procurer des protéines, notamment par les plantes. Je me souviens que c'est par exemple abordé dans le livre De l'inégalité parmi les sociétés. Je crois même qu'il mentionne le fait que le cannibalisme est apparu dans des endroits de la planètes, où il n'y avait pas de plantes "protéinées", ni vraiment d'animaux à chasser/domestiquer.

Je suis pour l'abolition de l'élevage. Mais je ne suis pas sûre que, partout dans la planète, de tout temps, il n'y ait pas eu de difficultés à se procurer des protéines. L'exemple un peu bateau (et souvent utilisé pour ridiculiser les végé) est celui des Inuits, qui n'ont quasiment que de la viande comme alimentation. Je me souviens aussi qu'il mentionne des peuples en Nouvelle Guinée (mais je n'en suis pas certaine que ce soit à cet endroit là  Embarassed ) qui n'avaient quasiment que la patate douce, très pauvre en protéines.

Bref, je suis végétarienne (et dans l'absolu, j'aimerais être végétalienne), et je pense que j'ai globalement le même avis que toi, @Iridacea, sur l'alimentation carnée, mais je voulais un peu nuancer. Je ne suis pas sûre que les enjeux d'accès à l'alimentation (et, en l’occurrence, aux protéines) étaient les mêmes à la préhistoires que maintenant.

Sur le fer, environ un quart des femmes est carencée en fer, indépendamment du régime alimentaire*. Cela correspond aux femmes aux règles abondantes.
Je pense aussi. Mon exemple personnel, qui vaut ce qu'il vaut : je suis sévèrement carencée en fer depuis mon adolescence (si je ne prends pas de compléments), et pourtant je suis végé que depuis 3 ans. Pourtant, chez mes parents, c'était viande à tous les repas...
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 15:21
Mangeons des orties ! C'est pas une blague, les orties c'est trop bon, et c'est plein de minéraux, dont le fer. C'est juste un peu chiant à ramasser (faut se munir de gants ou d'un sac plastique sans trous, histoire de pas se piquer).

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 15:53
Re-coucou (hou c'est laid) Bonaprèsmidi  Very Happy

Je précise car j'ai dû mal m'exprimer.

D'une part la carence en fer est à mon avis dû aux règles (et très répandu d'après ce que dit @Iridacea: 1/4 des femmes, quand même!) Je cite cet exemple pour contrebalancer l'idée que "les règles ça permet d'éliminer les toxines" ou autres qui sous-entendent pour moi: heureusement qu'il y a les règles! comment font celles qui n'en ont pas!?

D'autre part, le problème de l'alimentation. Effectivement le fer ne se trouve pas que dans la viande (encore heureux vu que c'est vitale pour oxygéner les hématies). Après il y en "sûrement" dans le sang quand on mange des mammifères.

Effectivement, aujourd'hui dans nos sociétés occidentales, je pense qu'on pourrait nettement consommer moins (pour tout le monde) voir pas de viande (pour un grand groupe) a condition de manger de "bonnes" choses. Ça serait bien, oui.

Je disais ça aussi par rapport à cette idée que "les femmes ont besoins de moins de nourriture" et "certainement pas de ce qui est noble" (tout à fais d'accord avec toi là-dessus @Iridacea). Idées qui sont toujours d'actualité, désolée, la préhistoire c'est maintenant : les personnes pauvres (suivez mon regard: femmes avec enfants majoritairement, souvent parmi les populations subissant le racisme en plus) en France mangent peu, des produits peu nourrissants ( les calories ne sont pas seules à prendre en compte) et peu de viande et même de poisson parce que "ça coûte cher". Donc l'inégalité d'accès à la nourriture est encore genrée, racisée et suivant les revenus (of course) dans notre beau pays.

De plus les "nouveaux" modèles imposées aux femmes: minceur et salade de laitue, qui font porter le poids du regard social sur les femmes qui mangent des parts "normales" (=pour hommes) voire  carrément un "steack-frite", ça compte.  A ce propos l'un des 1er et plus connu sketch de Florence Foresti J'aime pas les garçons. de mémoire "ce qu'il faut sur terre pour les garçons: une vache, une patate et une porche". Donc préjugé toujours là de : alimentation carnée=privilège masculin.

Ce qui m’embête le plus avec l'application concrète du mouvement végétarien (que je connais mal, j'ai souvent l'impression que c'est plus des prises de consciences individuelles et un choix personnel) c'est que ce sont majoritairement les femmes qui l'incarnent. (Enfin Greenpeace est gouverné par des hommes, comme les assos LGBT, l'ordre "naturel" est respecté, pas de panique, hein).

Et bien personnellement, j'en ai assez que ce soit aux femmes de se contraindre, restreindre, jusque dans leur façon d'acheter, de faire à manger ET de manger.
De nombreuses mères préparent deux plats par repas du coup: Casseroles, amour et crises de Jean-Paul Kaufmann (sociologue vulgaisateur ici: http://www.lemangeur-ocha.com/texte/histoires-de-cuisine-histoires-de-familles-compte-rendu-de-louvrage-casseroles-amours-et-crises-ce-que-cuisiner-veut-dire-de-jean-claude-kaufmann/.  Est-ce aussi le cas dans les familles végétariennes? Ou c'est un point majeur avant la mise en couple? Et les enfants suivent automatiquement du coup? Je sais que ce n'est pas "mauvais ou dangereux pour la santé" des enfants, mais quand même c'est un choix de vie qui leur est imposé en quelque sorte (sur le principe, hein dans les fait c'est pas traumatisant, surement moins que d'être élevé dans la religions de ses parents). Ce que je veux dire c'est qu'il y a toute une socialisation par le partage de la nourriture, et je refuse que les femmes soient enclore plus exclues à cause de cela.

C'est encore aux femmes de faire des efforts, de se montrer généreuses et empathiques, de protéger les générations futures, d'être dans la compassions avec les animaux etc. De penser aux Autres, en l’occurrence l'avenir de l'humanité, l'avenir de la planète ET l'avenir des personnes non-humaines (ça fait du monde!) avant soi.
Eh bien oui ces valeurs "féminines" sont superbes et peuvent changer le monde, notamment l'agriculture (par exemple les mouvement des paysannes indiennes d'Inde et d'Amérique Centrale ici:  http://www.mediatheque-noisylesec.org/femmes-chiapas/F5.htm et la:http://1libertaire.free.fr/FemmesZapatistes.html )

Mais tant que cela reste un "choix personnel", vraiment je ne crois pas que ce soit une force de changement. Par rapport à la société de consommation de masse, en occident, cela est phagocyté, comme le bio, et devient une possibilité parmi d'autre dans notre grande démocratie.

Si vous avez les chiffres comparatifs du nombre d'hommes et de femmes végétariennes/véganes, ça m'intéresse.

Pour en revenir au sujet: les règles, l'article mis en lien par @Insulaire est bien sympa je trouve. Je le remet ici: http://rue89.nouvelobs.com/rue69/2011/10/18/elles-ont-choisi-de-ne-plus-avoir-leurs-regles-225648#comments-start . Moi aussi, j'ai cette sensation qu'il y a un tabou à ne pas les avoir, notamment vers 30 ans, au moment où la pression sociale pour "avoir" des enfant est la plus forte. De même , les gynécologues (la confiscation de la maitrise du corps des femmes aux "sorcières" pendant l'Inquisition, pour la mettre entre les mains des hommes, ici:) ont et continu  de raconter des horreur à ce sujet. Merci aussi @Erulelya pour tes liens.
En conclusion, je ne juge pas les femmes qui choisissent de les avoir, pas plus que celles qui choisissent de ne pas les avoir (y compris les athlètes, et travailleuses ex:classes prépa), je ne pense pas qu'elle soient des arrivistes qui rejettent leur féminité.
Je souhaite juste qu'on sois toutes plus informées, pour avoir vraiment le pouvoir de décision sur nos corps.

ps: oui aux soupes d'orties, carrément  Laughing

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 17:27
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HS végéta*isme:
Nyrhia a écrit:Ce qui m’embête le plus avec l'application concrète du mouvement végétarien (que je connais mal, j'ai souvent l'impression que c'est plus des prises de consciences individuelles et un choix personnel) c'est que ce sont majoritairement les femmes qui l'incarnent. (Enfin Greenpeace est gouverné par des hommes, comme les assos LGBT, l'ordre "naturel" est respecté, pas de panique, hein).
Pourquoi tu lies Greenpeace avec un mouvement végétarien. A moins que cela n'ait changé dernièrement, Greenpeace ne promeut pas le végétarisme.

Nyrhia a écrit:De nombreuses mères préparent deux plats par repas
C'est le cas d'une amie (qui aime cuisiner, heureusement). Parfois, c'est même trois repas différents. Elle est tout à fait omnivore. Je suis végétalienne et quand je cuisine, c'est 100% végétal pour tout le monde.

Nyrhia a écrit:Et les enfants suivent automatiquement du coup? (...) c'est un choix de vie qui leur est imposé en quelque sorte
Comme dans les familles omnivores où les enfants entendent automatiquement "finis ta viande". Ni plus, ni moins. Les familles transmettent un tas de choix de vie à leurs enfants.

Nyrhia a écrit:C'est encore aux femmes de faire des efforts, de se montrer généreuses et empathiques, de protéger les générations futures, d'être dans la compassions avec les animaux etc. De penser aux Autres, en l’occurrence l'avenir de l'humanité, l'avenir de la planète ET l'avenir des personnes non-humaines (ça fait du monde!) avant soi.
Les hommes devraient faire pareil et penser aussi aux autres.
Par contre, je pense à moi aussi et mon végétalisme n'est pas une façon de ne pas penser à moi.

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 17:35
@Antisexisme: Oui, je suis globalement d'accord. Après je dois dire que je me suis pas mal basée sur Famille et consommation de Delphy qui décrit l'accès à la nourriture des membres d'une famille de paysans en France (l'article est écrit dans les années 70). Donc c'est vrai que je n'incluais pas les problèmes de ressources que peut avoir une société en territoire "hostile" ou du moins très pauvre. Par contre je ne sais pas si dans l'ouvrage que tu cites l'accès genré à la nourriture y est évoqué (si ces sociétés le pratiquent).
Je suis un peu surprise par contre pour le cannibalisme, j'avais en tête que c'était une pratique essentiellement rituelle (on mange les prisonniers d'autres groupes- en Amazonie en tout cas). Mais j'avoue ne pas m'être beaucoup penchée sur le sujet.

@Nyrhia: Il y a beaucoup à dire dans ton post, je vais revenir rapidement sur les mouvements végeta*iens (parce que comme le féminisme, il n'y en a pas qu'un seul Razz ).
En fait, il y a plusieurs associations et mouvements. Certains militent pour des lois welfaristes (qui augmentent le bien-être des animaux d'élevage, sans remettre en question leur exploitation- e.g. des cages plus spacieuses pour les poules); d'autres sont abolitionnistes, i.e. militent pour l'abolition des abattoirs. On peut donc dire qu'il y a bien un courant de fond vers une remise en cause systémique du traitement des animaux. Après, on observe (malheureusement à mon avis) beaucoup d'assos et de militant-e-s prôner une approche de conversion individuelle, ce qui est bien (si tu crois que l'exploitation animale est une aberration, c'est toujours mieux d'éviter d'y participer), mais clairement insuffisant (vu que le reste de la société s'en fout, et les industriels de foutre leurs résidus d'animaux jusque dans la colle des chaussures).

Sur l'intersection féminisme-antispécisme (je préfère ce dernier terme parce qu'il s'agit d'une position éthique et pas d'un style de consommation), voir ce résumé du livre Sexual Politics of Meat de Carol J. Adams qui a un point de vue intéressant. Il y a notamment l'idée que les animaux exploités sont des femelles (vaches, poules, brebis); ce qui permet une animalisation des femmes et une féminisation des animaux (de ferme surtout) dans les représentations (publicités) et dans les pratiques (exploitation du corps féminin pour la reproduction, anybody?).
J'entends bien tes craintes sur la contrainte que ferait peser le végétarisme sur les femmes en terme d'organisation familiale; mais c'est le même argument que pour l'alimentation bio et maison, la prise en charge familiale des enfants et des adultes non-valides, voire même l'éducation à la maison. Ça tombe sur la gueule des femmes parce que notre société est sexiste, pas parce que ces choses sont mauvaises en soi.
Je ne connais pas d'études sur les difficultés au sein des familles végé-omni, mais tu peux chercher des témoignages sur ce forum.  

Nyhria a écrit:Et bien personnellement, j'en ai assez que ce soit aux femmes de se contraindre, restreindre, jusque dans leur façon d'acheter, de faire à manger ET de manger.
[...] Ce que je veux dire c'est qu'il y a toute une socialisation par le partage de la nourriture, et je refuse que les femmes soient enclore plus exclues à cause de cela.
Je pense que voir le végétarisme comme une restriction supplémentaire sur l'alimentation féminine est mal posé. C'est moins une privation que de cesser de voir le corps des animaux comme un aliment. Même si je comprends ta peur, hein, mais on ne parle pas d'un régime. Évidemment c'est un choix qui peut être excluant selon le contexte social, mais pas plus que d'autres convictions (même si la façon de s'alimenter est plus visible qu'une conviction féministe).

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Jeu 28 Mai 2015 - 17:44
Réputation du message : 100% (1 vote)
Ce qui m’embête le plus avec l'application concrète du mouvement végétarien (que je connais mal, j'ai souvent l'impression que c'est plus des prises de consciences individuelles et un choix personnel) c'est que ce sont majoritairement les femmes qui l'incarnent. (Enfin Greenpeace est gouverné par des hommes, comme les assos LGBT, l'ordre "naturel" est respecté, pas de panique, hein).

Et bien personnellement, j'en ai assez que ce soit aux femmes de se contraindre, restreindre, jusque dans leur façon d'acheter, de faire à manger ET de manger.
[...]

C'est encore aux femmes de faire des efforts, de se montrer généreuses et empathiques, de protéger les générations futures, d'être dans la compassions avec les animaux etc. De penser aux Autres, en l’occurrence l'avenir de l'humanité, l'avenir de la planète ET l'avenir des personnes non-humaines (ça fait du monde!) avant soi.
Eh bien oui ces valeurs "féminines" sont superbes et peuvent changer le monde, notamment l'agriculture [...]
Je suis d'accord avec toi.
Mais après, ce n'est pas que le végéta*isme : par exemple, quand on va mal, c'est souvent des amies féminines qui nous soutiennent (que l'on soit homme, ou femme). Ce sont les femmes qui sont "gentilles", t'intègrent, font des efforts, essayent de faire plaisir, etc.
Le truc, c'est qu'à mon avis, l'empathie envers les humains et les animaux n'est pas négatif (au contraire !!!), mais ça ne devrait pas être l'apanage des femmes. Le problème n'est pas tant que les femmes soient sympas et empathiques, mais que les hommes ne le soient pas et/ou qu'elles ne reçoivent pas de remerciements/gratitudes pour les efforts fournis (bon, là, je pense plus aux femmes qui soutiennent les hommes, mais qui ne reçoivent rien en retour... Pas trop aux animaux).

Les hommes ne sont jamais culpabilisés pour leur comportement. A l'inverse, les femmes le sont constamment, dès qu'elles n'ont pas un comportement 100 % "pures"/éthiques (à croire que ce ne sont pas des êtres humains qui ont le droit d'avoir des défauts et d'être imparfaites). Il y a sans doute un deux poids, deux mesures (je pense qu'une femme sera par exemple plus sévèrement jugée si elle s'en fiche un peu de ce qu'elle mange, qu'un homme). Il y a aussi le problème que les femmes peuvent laisser trop passer les désirs des autres avant les leurs, et les hommes pas assez... Bref, faut trouver un équilibre.

Bref, l'empathie, ce n'est pas un mal. Et je ne pense pas que ce soit "grave" que des femmes soient empathiques envers des animaux. Par contre, elles ne devraient pas dépenser de l'énergie à être empathiques envers des personnes qui ne le méritent pas (là, je pense à ceux qui ont peu d'empathie, et donc généralement aux hommes, même si c'est général). Et elles devraient encore moins se faire culpabiliser par celles-ci.  Rolling Eyes  Et je pense aussi qu'il faudrait apprendre davantage l'empathie aux hommes.

Mais tant que cela reste un "choix personnel", vraiment je ne crois pas que ce soit une force de changement.
Je me suis déjà faite cette réflexion. Pas tant que ce soit perçu comme un "choix personnel", mais que pour le moment, les militant-e-s semblent plus vouloir agir sur la consommation individuelle que sur des changements de loi.
Est-ce que tu aurais des suggestions pour que ça débouche sur un vrai changement ?

Si vous avez les chiffres comparatifs du nombre d'hommes et de femmes végétariennes/véganes, ça m'intéresse.
Pas de chiffres, mais je suis certaine qu'il y a plus de femmes que d'hommes végéta*iennes.

EDIT : mon post a été écrit pendant qu'Iridacea postait.
A propos de Sexual Politics of Meat, j'avais entendu dire, il y a quelques temps déjà, qu'il allait être publié en français. Est-ce que quelqu'un a des news ?
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 29 Mai 2015 - 14:46
Merci mes sœurs de luttes, vos post sont très éclairants. En effet j'ai peu débroussaillé ces questions, donc j'ai d'autant plus besoin d'en discuter avec vous.
Je n'ai pas pu détaillé tous ce que je voulais dire et je construisais ma pensée au fur et à mesure (ça me sert à ça de m'exprimer, d'autant plus par écrit) donc certains points sont grossiers. Je reviendrai discuter sur ce fil plus tard, le temps de réfléchir. (Et aussi histoire de profiter un peu du soleil^^).
J'apprécie vraiment que vous preniez en compte se que je dis sans le prendre mal, ça compte beaucoup pour moi.  
A bientôt,
sororité, N

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 29 Mai 2015 - 15:52
@Nyrhia: pas de soucis, on est là pour avancer ensemble! Very Happy

Pour revenir au sujet du fil, le féminisme à mon sens se place plus dans la possibilité de choisir. J'apprécie personnellement de sentir mon cycle et les petites variations qui y sont liées (ça me rassure aussi parce que je peux sentir l'absence de grossesse le cas échéant), je refuse donc les contraceptions hormonales. Mais si une femme veut supprimer ses règles avec une pilule en continu, je ne vais pas lui annoncer que Mère Nature va se venger de son affront en la punissant par l'infertilité ou la déchéance. Libre choix pour toutes! Smile

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Christine Delphy a écrit:Aucun degré d’empathie ne peut remplacer l’expérience. Compatir n’est pas pâtir.
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 29 Mai 2015 - 17:44
Je sais, je ne passe pas souvent (j'ai des "crises" personnelles avec moi-même, passons, et puis pas grand chose à ajouter sur vos super posts), mais je voulais rebondir sur les règles en Chine, étant d'origine chinoise (mais peut-être que ma contribution ne sert à rien, j'en ai conscience). Contrairement à ce qu'on peut croire, c'est tout aussi sale d'avoir ses règles et on ne peut par exemple pas planter de bâtons d'encens car on est "impures" lorsqu'on visite des temples taoïstes. D'ailleurs, il est possible qu'on nous demande si on a nos règles avant de nous filer les bâtons! C'est quelque chose qui m'a toujours agacée d'ailleurs. Il est tout aussi honteux qu'on puisse voir des fuites, je me suis déjà fait reprendre par ma mère pour ça.
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Ven 29 Mai 2015 - 18:13
Au contraire @Cyb, c'est très intéressant. Il me semble que dans un Inde dans certains temples les femmes ne peuvent pas entrer pendant leurs règles. À chaque fois, les règles sont une impureté qui éloigne du sacré... Mad

Je suis choquée que tu te sois fait reprendre pour des fuites, comme si on pouvait contrôler notre corps dans un société qui a tellement le tabou des règles qu'il est très dur de trouver des protections en cas de surprise hors de chez soi.

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Sam 30 Mai 2015 - 6:32
@Cyb : :calin: vraiment corrompre telle religion ou pensée ou philosophie avec un sexisme politiquement si petit et si dégueulasse me désole toujours autant... que j'y adhère ou pas de toutes façons (à la pensée ect, bien-sûr, le sexisme must die des fois que ce soit pas encore clair...).

La même chose existe dans l'islam aussi, et dans le christianisme aussi...

Bon de toutes façons, dans le christianisme (catholique et orthodoxe en particulier) Eve étant la seule grande fautive ayant précipité les humains hors du jardin d'Eden (tout ça pour avoir croqué la pomme, fruit de la connaissance, c'est quand même dingue qu'on nous reproche d'avoir voulu devenir plus savantes et intelligentes O_O) déjà au départ c'est mort, règles ou pas...

Mais vraiment ça doit être abominable de subir une telle intrusion de la part de gens qu'en plus on ne connaît pas forcément (ce qui ne veut pas dire que c'est plus légitime/agréable de la part de personnes qu'on connait), vraiment je compatis...

En fait ça m'énerve tellement que c'est un coup à ce que je me mette à faire de la peinture avec mon sang menstruel.

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Sam 30 Mai 2015 - 20:15
Tu verras, en séchant ça fait de jolis tons de brun... (oui, j'ai déjà peint avec mon sang, mais j'ai même pas pensé le faire avec le sang de mes règles...)

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Dim 31 Mai 2015 - 19:41
Bon, je maitrise pas la fonction éditer. Pas réussi a effacer mon doublon, alors des liens sympa : http://www.rionsunpeu.com/mysomisan.htm et http://lechodessorcieres.net/le-feminisme-est-il-soluble-dans-les-mass-medias-un-soir-a-la-tour-eiffel-special-8-mars/

N.


Dernière édition par Nyrhia le Dim 31 Mai 2015 - 20:06, édité 2 fois

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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

le Dim 31 Mai 2015 - 19:46

Bonsoir les sorcières!
J'espère que vous avez passés un bon we.

Merci @Cyb pour ton témoignage! J'ai parlé des mythes négatifs sur les règles en Chine d'après un livre, je ne voulais pas généraliser alors que les valeurs et les pratiques sur une si longue durée ont sûrement pleins de variations, surtout dans un empire si grand géographiquement. Je réagissais à une remarque de
Araignée a écrit:
En Chine, traditionnellement dans la médecine chinoise, on considérait les règles comme quelque chose de très important (on les appelait "eaux célestes", car on pensait que ce n'était pas du sang, mais le précieux liquide qui permet de faire des enfants) et les femmes qui avaient leurs règles avaient droit à beaucoup d'attention. On leur permettait d'arrêter de travailler ces jours-là, car il fallait qu'elles se ménagent et ne fassent pas trop d'efforts.
D'ailleurs, @Araignée, où as tu trouvé cette information? Mon impression est plutôt qu'en occident nous avons une vision idéalisée de l'orient, dans la filiation des chinoiseries de V. Hugo, l'orientalisme de Delacroix, "l'Aventure Indienne" de Voltaire et les Lettres Persanes de Montesquieu, bref du XXVIII° au XIX° siècle. Aujourd'hui la médecine chinoise est remise à l'honneur et comparée à la médecine allopathique occidentale pour faire ressortir les méfaits de cette dernière. Je m'y suis un peu intéressée, ainsi qu'au Feng Shui, et tout cela repose sur une vision binaire du monde en masculin-positif/féminin-négatif. Le livre d'histoire (cité plus haut) confirme la place subalterne des femmes dans l'Empire du Milieu.
Je pense que les connaissances médicales et apothicaires chinoises sont très précieuses, mais je suis contre la mise en avant du vieux système de croyance yin-yang qui y est inextricablement mêlé.

Je viens de voir ça sur facebook par rapport aux préjugés sur les règles: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.373283839542912.1073741875.102086526662646&type=1&pnref=story
C'est de l'anglais alors je comprends pas les subtilités m'enfin, ça a un lien avec le sujet de ce fil et peut-être que c'est intéressant, rien que dans la démarche de déconstruction et par sa diffusion à grande échelle via fb.

@Iridacea Pour change notre manière de considérer les animaux et les élever puis les tuer autrement (ou pas du tout), quelles formes de luttes politique sont envisageables et efficaces? C'est une question très complexe et difficile, j'y réfléchis.  scratch  study  drunken      :facepalm: :calin:   Razz  Razz   Smile  study  study  scratch  drunken may be Idea  

Bonne soirées mes sœurs!

N.

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"Le mariage est le tombeau des femmes, le principe de toute servitude féminine."
adapté de Charles Fourier

"Et aussi longtemps qu'une femme restera enchainée, je ne serai pas libre. Ni aucune d'entre vous."
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Re: ne plus avoir ses regles => feminisme?

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