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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 20:05
@Baba Yaga

Personnellement, je ne parlais pas de cicatrices. Evidemment, si je vois de grosses cicatrices, ça va m'interroger et ne pas me laisser indifférente. Mais ça ne va pas me faire peur ou me choquer.

Je parlais par contre de quelqu'un se mutilant devant moi, surtout de manière profonde et violente. Ca, ça me choquerait beaucoup. Ca reste quand même de la violence, même si c'est envers soi-même, et je pense qu'on a le droit de ne pas vouloir y être exposée.

(et quand j'y pense : j'ai déjà une fois vu un mec qui venait de se faire gravement tabassé, la gueule en sang. J'ai été super choquée, pourtant les agresseurs étaient partis et je n'avais pas tellement peur pour moi-même. Seulement, ben voir des blessures, ça me choque

De la même façon, je supporte pas de voir des animaux écrasés.)
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 20:16
Ok, alors c'est moi qui étais complètement à côté de la plaque. Non évidemment je ne parlais pas de se blesser devant quelqu'un (quelle idée...), ni d'exposer aux regards une plaie ouverte ou de s'inquiéter pour l'intégrité physique de quelqu'un...
(moi aussi pour les animaux :/ )
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 20:20
C'est peut-être moi qui suis à côté de la plaque ^^

En lisant, le post de shun, je me suis imaginée le voisin qui s'auto-mutilait devant elle, ou du moins, dont les plaies ouvertes étaient bien visibles...

Mais en fait, peut-être que ce n'est pas ça.

Au final, Arrakis a peut-être raison. Depuis plusieurs posts, on parle du message de shun, alors que oui, on n'a peut-être pas le contexte, etc.
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 20:34
Je vais préciser mes propos vu que ça a généré un questionnement. Alors je précise à cette époque, je m'auto-détruisais beaucoup (conso de prod +++, alcool +++, relations sexuelles avec personnes à risque sans protection +++ etc ...). J'avais déjà un passé d'AM assez costaud (pas de scarif, mais de l'arrachage de peau direct à vif qui m'avait valu des renvois du collège puis du lycée, donc je connais bien le problème de l'exclusion).

Donc de ce côté, pas de soucis avec des cicatrices etc, d'ailleurs à moins qu'on m'invite à m'exprimer sur le sujet, je ne dis rien quand je les remarques, parce que c'est quelque chose de l'ordre de l'intime et que ça ne me regarde pas, sauf si c'est un proche, et que les blessures sont récentes, ce qui indique qu'il a peut-être besoin d'en parler (dans ce cas, je tends une perche au cas où la personne ait besoin de vider son sac), mais autrement non. C'est personnel.

TW violence en HP:
Ma voisine de chambre, celle dont je parlais des jambes : c'étaient des hématomes de pas loin de 10 cm de diamètre, pas du tout dus à de l'AM, c'était une femme battue par son conjoint, qui était arrivée là en urgence parce qu'elle " délirait " à cause des dernières violences conjugales. Elle portait aussi des stigmates osseux de violences plus anciennes qui avaient cassés des os qui s'étaient mal ressoudés (en faisant des bosses), parce qu'elle n'était pas allée voir de médecin (ce que je ne juge pas). Donc là ce n'est pas la peur de l'AM, c'est la peur de l'atrocité que subissait cette femme. C'est affreux. Horrible. Quand elle s'est déshabillée en parlant (en gros elle expliquait ce qui c'était passé, en me disant que c'était normal, parce que son mari était portugais), j'avais envie de dégueuler.

Pas parce que je la trouvais effrayante elle, mais ce qu'elle a subi, oui, je trouve ça très très effrayant, en fait pour moi ça ressemble juste à l'enfer (même si je crois pas en l'enfer, ni au paradis).

L'autre personne que j'ai vu qui d’auto-mutilait, étais une femme anorexique, sourde, elle était là pour sa 17ème tentative de suicide. Elle se taillait dans un endroit peu commun : les aisselles. Elle essayant de couper son bras (j'ai pas très bien compris pourquoi, parce que étant sourde, elle avait des difficultés d'articulation, et moi énormément de mal à me concentrer devant un charcutage atroce, dont elle ne semblait pas ressentir la douleur), c'était très impressionnant. Des morceaux de chair pendant, ça saignait partout. Et aucun soignant. Rien, le désert, juste moi, qui essayait de lui dire qu'il fallait qu'elle s'arrête, (désolée, hun, je respecte la volonté des malades psy, pas de soucis, mais j'avais pas vraiment envie qu'elle se désosse le bras quoi, je sais pas, elle aurait pu le regretter quand même, sans penser aux problèmes d'infection etc ... enfin, non, résolument, je peux pas regarder quelqu'un s'amputer sans rien faire quoi, c'est au delà de mes forces). J'essayais de lui parler, mais comme elle était sourde, et qu'elle ne me regardait pas, je n'arrivais pas à établir le contact. Et oui, je le reconnais, j'avais peur que si j'intervenais elle ne comprenne pas (la surdité n'aidant pas la communication) et qu'elle n'accepte pas mon intervention. J'ai cherché un soignant, mais je n'ai trouvé personne (inutile de dire, qu'on avait pas de sonnette pour appeler l'infirmière hun ...)

Ensuite, la dame dans les toilettes, je ne sais pas si c'était de l'AM, je ne crois pas, elle était très délirante, et je pense qu'elle essayait de " chasser " quelque chose qui l'habitait. Elle proférait des menaces, des injures etc ... à quelque chose qui semblait être en elle, et qu'elle voulait faire sortir en se tapant la tête. Très agressive, impossible d'intervenir (je pense d'ailleurs que ce n'est pas le rôle des malades quand même), elle m'aurait tapé, (elle avait déjà essayé à plusieurs reprises avant, elle me prenait visiblement pour quelqu'un d'autre, c'était une des raisons pour lesquelles je refusais le traitement --> baisse de vigilance = risques dans un univers hostile (que les violences viennent des malades ou du personnel).

Quant à ma meilleure amie, qui s'est retrouvée avec une pendue à coté de son lit ... heu je crois que normalement, même avec de la tolérance sur les maladie psy, et sans aucun jugement, le but, c'est quand même pas que les gens se tuent, tellement ils vont mal, (ou qu'ils s'amputent, ou qu'ils se fassent sauter le râtelier), donc bien sur, je ne porte pas de jugement sur cette personne tellement mal qu'elle en est morte, ni sur les autres malades que je viens de citer, mais plus sur le système qui les abandonne à une souffrance si terrible.

Pour info, dans cet HP qui se trouve à Rouen, la visite psychiatrique c'était 15 min, une fois par semaine, avec un infirmière qui notait le comportement du malade pendant la séance.
D'ailleurs tout était noté aussi en dehors des séances :
- le nombre de fois où on va aux toilettes,
- le comportement alimentaire,
- le comportement avec les autres malades,
- l'intégration " sociale " en milieu HP,
- les occupations qu'on peut arriver à avoir (j'ai fini par jouer à la marchande avec des bouts de papier et des lettres de scrabble),
- si on prend les médicaments correctement,
- si on dort ou pas à l'heure (oui y a une heure genre 20h ou tu dois dormir, si tu dors pas, c'est le mal --> pas le droit de lire, pas le droit de regarder la télé, et tempi si tu te sens pas bien, angoissé, ou si t'as juste envie de pisser, et comme c'est mal, ça sera consigné, et rapporté au psychiatre, pour le jour ou t'as tes 15min de rdv),
- si on se lave,
- si on utilise des objets plutôt dangereux (genre un peigne, ou un sèche cheveux, ou une lime à ongle),
- à quelle heure on se lève, si la chambre est pas trop bordélique, d'ailleurs, les chambres sont inspectées tous les jours --> comme en prison (matelas, oreiller [quand t'as la chance d'en avoir un], couverture, armoire (oui celle la même dont tu gardes précieusement la clé dans ta chaussette nuit et jour et que malgré ça tes affaires disparaissent), recoins susceptible de planquer un truc interdit (grille d'aération, extracteur de fumée HS etc ...).

Inutile de dire, qu'avec moi ça c'est très mal passé :
- On m'a interdit de porter mes chaussures avec des lacets (risque de pendaison), donc j'étais pieds nus, vu que ben mes chaussure tenaient pas sans les lacets,
- On m'a interdit de porter mes vêtements, je devais porter une espèce de blouse, avec marqué dessus CENTRE PSYCHIATRIQUE donc si j'arrive à sortir, j'irais pas bien loin ...
- interdiction du téléphone,
- interdiction des visites
- et de tout ce qui possède un câble (y compris le mp3),
- interdiction de la musique,
- interdiction des activités " manuelles " (type scoubidou, perles de rocailles, etc ...),
- heure de tv règlementées.
- Pas trop le droit de rester devant une fenêtre trop longtemps (on risquait pourtant pas de se défenestrer, les fenêtres ne s'ouvrait pas et on était au RDC),
- hygiène dégueulasse (sang dans les douches, poils, cheveux, moisi).
- Pas de miroir (pour pas qu'on se blesse),  
- savon " comestible ".
- Couverts en plastique, assiettes en plastique.
- Interdiction de sortir, évidemment, double sas d'entrée (comme dans les banques), pour éviter toute évasion.

Non vraiment, je n'ai absolument rien contre les malades, dont je plains sincèrement le sort. Je suis malade psychiatrique, même si je suis beaucoup plus stable qu'avant. Je n'ai pas peur des gens qui font de l'AM, j'ai plus peur pour eux (passé un certain stade que je juge dangereux pour le pronostique vital de la personne, ou au moins pour sa capacité à conserver un membre), et je ressens une douleur atroce parce que je me dis qu'en arriver à ce point, ça signifie une souffrance psychologique incommensurable, et que pour moi, il n'y a rien de pire sur terre que la souffrance psychologique.

Par contre, je n'ai jamais eu peur qu'ils me fassent du mal (ils en auraient été bien incapables je pense). J'aurais tellement voulu les aider, leur apporter un peu de soutien, mais j'étais tellement submergée par mes propres difficultés, celles de tous les malades qui m'assaillaient pour me parler des leurs, que j'étais à bout de nerfs, à bout de souffle. Je n'avais pas les moyens de porter tout ça, c'était vraiment trop lourd. Pourtant, j'étais tellement convaincue que ces personnes valaient la peine, d'être écoutées, entendues, soutenues, tellement convaincue, qu'avec des vrais soins, une vraie prise en charge leurs vies auraient pu s'améliorer, et qu'ils auraient peut-être moins eu de souffrance à supporter...

Ho non, vraiment, je n'aurais pour rien au monde voulu juger ces gens, pas après (ni même avant) ce que j'ai vu. Comment aurais-je pu ?
Cette prise de conscience en arrivant : je suis ici, parce que je suis comme eux ... J'en suis donc à ce point de désespérance ? De souffrance ? Et dire que je n'en avais même pas conscience.
C'était insupportable, il y avait une telle condensation de souffrance au m² que l'air était irrespirable.

Là franchement j'aurais eu besoin d'une personne dans un bon épisode maniaque. Ça m'aurait fait un bien fou.
Mon vécu au contact d'une schizophrène en HP:
Et quand j'y repense, il y avait une schizophrène, jeune, elle avait - de 18 ans, et elle je l'aimais bien, elle était une des rares malades qui n'était pas abandonnée par sa famille, et sa famille lui apportait régulièrement des chocolats des trucs comme ça, et elle partageait, sans rien demander en échange. Elle aimait danser, même sans musique (d'ailleurs elle était surnommée la petite danseuse), et j'aimais bien danser avec elle, même si je n'entendais pas la musique qu'elle avait dans la tête, parce que ça lui faisait plaisir, et que son visage s'illuminait, et que c'était un rayon de soleil.
Mais voilà, le personnel soignant considérait ça comme déviant, lui donnait alors un traitement assommoir, pour qu'elle aille dormir. Et je ne voyais plus la petite danseuse. Alors je lui ai dit qu'on pouvait faire danser nos doigts comme des jambes, sur la table.
Je me suis faite épinglée comme menace subversive envers des malades particulièrement fragiles.

... Voilà ce que ça a été. Et encore, je vous passe les techniques d'entretien psy... qui étaient d'une violence sans nom.

mon idée de la répartition des malades en HP, basée sur le coopératif, et l'inclusion:
Non ce que je pense c'est qu'il faudrait répartir les malades plus équitablement, par exemple la petite danseuse, pour moi était un élément de réconfort, elle ne me gênait pas du tout, par contre elle gênait beaucoup d'autres malades qui avaient peur de ses pas (la nuit elle dansait dans sa chambre et on entendait le bruit de ses pas, ce qui effrayait beaucoup de malades qui l'évitaient), là je pense qu'on aurait eu, elle et moi, une spirale ascendante. D'autres malades ont beaucoup besoin de solitude parce qu'ils sont phobiques sociaux, d'autres sont très tactiles et proposent des massages, ce que je pense c'est qu'il aurait fallu organiser des groupes en fonction des affinités des patients, et de leur capacité à échanger des choses positives entre eux, éventuellement avec un soignant qui aurait pu aider à organiser le truc, ou à dépasser certaines appréhensions. Faut pas croire, certains malades psy, ont très peur d'autres malades, et vice versa, ce qui génère un climat de stress supplémentaire. Mais justement désamorcer cette peur de l'autre, par des activités en coopération, ça aurait pu être une idée à développer, ça aurait renforcé la cohésion des malades, et ça aurait pu les aider. Ça a été une de mes initiatives, de proposer des activités communes, mais j'ai été convoquée immédiatement, et mise en isolement.

Voilà j'espère que ce que j'ai écrit ne choque personne, surtout pas les gens atteints de difficultés psy, car je suis moi même malade, et je ne hiérarchise pas les maladie psy, je pense qu'elles peuvent être complémentaires (dans le sens s'aider mutuellement à aller mieux, quand on les assortit bien) et qu'il y a un soignant pour gérer le groupe de manière à ne pas perdre de vue les objectifs (même si ils sont très simples, comme préparer le repas), parce que ça peut être très valorisant pour les malades.
Edit : désolée de mon temps de réponse, mais vous avez beaucoup posté, et j'ai énormément de boulot en ce moment (je dois faire dans les 46h semaine).
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 21:30
shun a écrit:Ça a été une de mes initiatives, de proposer des activités communes, mais j'ai été convoquée immédiatement, et mise en isolement.
Euh... sérieusement ?
Je suis de plus en plus choqué par tout ce que tu raconte sur cet HP, un certain nombre de trucs sont communs mais d'autres sont pas mal hard, ça a dû être franchement horrible.
Il n'y a pas ou peu d'activités thérapeutiques dans les HP parce qu'ils n'ont pas les moyens, et c'est pour ça que ça se limite à du gardiennage médicamenteux.

Normalement il y a une commission interne que tu peux saisir avec un-e représentant-e des usagers, il faut vraiment qu'on mette qq chose en œuvre pour les gens connaissent leurs droits... (plus que la fiche des droits des personnes hospitalisées qui au final ne sert à rien). Enfin au stade que tu décris... ça me fait penser à cette phrase de Jean Oury : "Soigner les malades sans soigner l’hôpital, c'est de la folie".
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 21:48
Oui, c'est tout à fait sérieux. Les violences vécues dans cette hôpital venaient surtout du personnel médical, qui profitait de l'état des patients, et surtout du fait qu'ils ne seraient pas crus, pour les maltraiter, voler leurs affaires (on avait fait des petits bijoux, avec des perles, le personnel soignant nous les a confisqués et on a vu les bijoux portés après par ces mêmes personnels devant nous).
Il fallait payer le personnel soignant pour avoir des cigarettes : 3x le prix du commerce.
Parfois ils monnayaient aussi des médicaments périmés à des malades " à croc ".
Bref, tu sais le chef de service a été mis en accusation pour vols aggravé : il prenait les clés des patients (celles de leur domicile, qu'on est obligé de remettre à son arrivée), et il allait visiter les logements, en prenant ce qui l'intéressait ...
C'est même paru dans le journal. Donc, je pense que le service où j'ai atterri, était vraiment un endroit ... spécial.
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Breizhmel
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 22:17
Shun, je t'en supplie... dis-moi que ce n'était pas à Guillaume Régnier... Shocked
D'ailleurs, dis-moi que tout ce que tu raconte n'as pas eu lieu en fait, que c'était un affreux cauchemar et que tu t'es réveillée trempée de sueurs froides mais que tout cet enfer n'existe pas réellement... Crying or Very sad
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Drärk
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Re: Mad Pride

le Lun 16 Fév 2015 - 23:26
C'est étrange, mais ma mère traitait parfois comme les malades dont tu parles Shun : interdiction de sortir, enfermée dans le noir des heures, comportement cruel en ma présence pour me faire très peur et grand sentiment d'injustice, chez moi c'était presque une sorte de mini-HP (ma mère me traitait souvent de folle en fait, pour me faire pleurer, j'ai un souvenir qui revient là et c'était vraiment chaud patate à l'époque).

Je veux pas faire de parallèle, ni hiérarchiser, mais je suis vraiment hypersensible face au sentiment d'injustice, genre porter ostensiblement un objet volé à des personnes dont on est censé-e prendre soin. Les sanctionner pour tout et n'importe quoi. Il y a vraiment de quoi vouloir en finir. Et quand je vous lis, ben ça me ramène en arrière, quand j'étais gosse puis ado, sous emprise, c'est vertigineux. Même à mon pire ennemi, je ne souhaite pas ce que j'ai enduré ou ce que je lis ici. Même à mon géniteur, je lui souhaite pas ça (et pourtant, je le vomis ce type).

J'ai des traces d'AM sur les bras, j'sais pas si tu les as remarquées tiens, Shun, perso j'y pense plus. J'me mets en tee-shirt, je retrousse mes manches, j'm'en balance. Juste au début, quand ça cicatrisait, ça faisait des lignes en relief et rouge foncées, et j'avais rendu visite à la maman de ma sister M., qui m'a demandé de faire attention, pour ma fratrie, la plupart très jeune. Elle avait demandé ça gentiment, sans jugement, et je l'ai pas mal pris, parce qu'iels m'aiment beaucoup et je trouvais légitime d'avoir cet égard pour elleux. De toute façon, en cas de question, je répondais que c'était un accident, du genre une vitre ou du verre. Mais maintenant ça fait 5 ans et ça se voit, mais moins et c'est comme mes tatouages, ils font partie de ma peau, je les oublie souvent. J'ai beau être CF, je suis largement capable de m'occuper d'enfant-e-s, en plus je suis anti-âgiste, des marques d'AM sur les bras c'est parfois rien du tout à côté des marques psychologiques subies par des tiers...

De toute façon, si je me mets en débardeur, mes aisselles et mon bracelet tatoo font très bien diversion :dents

En ce qui concerne les soins aux malades, j'ai eu "mal" en voyant le GP de mon cousin, en phase terminale, il était pas branché à part une perf quoi, mais je "sentais" sa fin, il était faible et dormait, j'ai eu cette sensation de fourmis dans les mains, les poignets et les mollets, ça me le fait souvent quand je "sens" la douleur physique d'une personne et pourtant j'étais au bout du lit, je ne l'ai même pas touché, c'était "palpable" pour moi dans la pièce (si c'est émotionnel, moral, psy, j'ai plutôt une boule dans la poitrine). Mais j'ai pas eu peur de lui.

Cela me révolte qu'on traite aussi mal des personnes, de quel droit ? Je réprouve les gros jeux de pouvoir, mais les comportement de petit-e-s chef-fe-s, ça me met en rage.

Edit : Araignée, bah si j'étais pas loin de chez toi, je t'accompagnerais volontiers ma fois, juste histoire de soutenir, parce que j'sais pas ce que ça fait, jmais je me doute que le regard sur les marques de piqûres, ça doit pas être coton à gérer :/


Dernière édition par Drärk le Lun 16 Fév 2015 - 23:30, édité 1 fois (Raison : Ajout.)

_________________
Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter.
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Si j'écris un propos qui vou-e-s heurte, n'hésitez pas à me mp, je sais que je peux me tromper.


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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 0:09
C'est terrible ce que tu racontes Shun. C'est de l'abus de pouvoir puissance mille Sad

Quand j'ai fait part à mon psy de ma peur d'être enfermée (ce qui ne m'est jamais arrivé, la seule fois où un psy a voulu m'hospitaliser en HO, j'ai tellement manifesté ma terreur qu'il a fini par me laisser partir, parce que, je le cite, "il n'était pas là pour me faire violence". Aujourd'hui je l'en remercie, j'étais pas franchement en état pour sortir mais il a pris ma parole et ma peur en compte), je lui ai écrit une longue lettre pour lui expliquer cette peur, et lui parler d'abus de pouvoir qui avaient eu lieu dans mon entourage.
Sa réaction, ça a été de souligner le fait que j'avais un regard critique sur tout ça assez développé (ça avait pas l'air de lui déplaire, au contraire), et de me faire remarquer "en même temps, vous écrivez que vous savez bien que je ne vais pas vous faire enfermer".
Du coup ça va, je suis rassurée. Je peux lui étaler mes idées suicidaires ou quasi-délirantes, y a peu de risques qu'il me fasse enfermer sans mon accord.

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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 0:13
Très sincerement, le regard des gens à la piscine, étonnamment, c'est un endroit où j'en ai jamais trop pris dans la face avec mes cicatrices. Même à l'époque où elles étaient rouge pétard, voire encore à l'état de croutes.

J'ai mis longtemps à oser y aller, pis un jour y a pas eu le choix (camping, pas de douches utilisables dans le camping, donc la piscine était un peu le seul plan viable pour se décrasser). On était en camping avec des potes d'un forum d'entraide sur l'AM justement, on y est allés en masse, pas forcément ultra rassurés à la base, parce qu'on était tous dans la même galère au niveau "cicatrices apparentes", et en fait c'est passé comme une lettre à la poste, pas de regard dérangeants du tout. De toutes manières, du moment que tu es dans l'eau, plus personne voit l'état de tes jambes, et de tes bras, quoi.

Après, pour revenir à ce que je disais sur le mot "peur" concernant l'AM... Je pense que ca serait peut-être des fois judicieux (même si c'est relou de devoir se fliquer sur les mots), d'utiliser plutôt inquiétude (quand ca concerne "J'ai peur pour l'autre")... Histoire de ne pas contribuer à véhiculer (même pas volontairement du tout) ce truc moisi tellement répandu dans la société qui dit que les malades psy sont "dangereux", et qui fait qu'on les regarde comme des espèces de bombe à retardement qui peut nous péter à la gueule à n'importe quel moment, qui sont imprévisibles, toussa toussa.
Ca aurait le mérite de rendre clair le truc, de ne pas renforcer les préjugés de ceux qui en ont, et de ne pas renvoyer aux personnes concernées le coté "tu me fais flipper avec tes bizarreries" qu'on se mange dja bien souvent dans la face.

Pour ce qui est des HP... J'aimerais bien pouvoir dire que ca me "surprend", ou me "choque", de lire ces témoignages... Mais j'ai tellement lu et entendus (voire vu de mes yeux, toujours en visite parce que j'ai toujours réussi à éviter l'HP et à fuir comme la peste bubonique les psy qui auraient pu vouloir m'y envoyer) de trucs dans ce genre là que malheureusement, ca ne me surprends même plus. Mais ca me fout toujours autant la gerbe, par contre.

La psychiatrie institutionnelle est malheureusement largement plus "folle" que les malades qu'elles soigne, dans son fonctionnement... Et malheureusement, elle est des fois indispensable (pour éviter de céder à la crise suicidaire, pour se mettre à l'abri, toussa...). Mais y a tellement, tellement de trucs hallucinants dans les HP...

Dernier truc en date que j'ai vu : une personne très proche de moi était hospitalisée (idées suicidaires, tout ca). Je suis allée la voir tous les jours. Tous les jours, elle me disait qu'elle avait une grosse douleur à l'aisselle, qu'elle avait du mal à bouger le bras. Tous les jours, je l'ai tannée pour qu'elle en parle aux infirmiers (vu que c'est pas du tout son genre de demander de l'aide). Tous les jours elle l'a fait. Malgré ses demandes, elle n'a jamais vu le médecin en HP. On lui a filé du paracetamol, et on lui a expliqué que c'était psychosomatique...

Verdict : elle avait une grosse infection (abcès de la racine d'un poil qui avait salement dégénéré, tu m'étonnes, il avait eu le temps !), et elle commençait à avoir de la fièvre quand elle a enfin eu, non pas une visite du médecin, mais une perm', qui lui a permis de passer chez le médecin. Qui l'a limite engueulée (il ne savait pas qu'elle était en HP) d'avoir attendu aussi longtemps, parce qu'elle était à deux doigts de la septicémie, et que si l'abcès avait éclaté, ca aurait vraiment été la merde...

C'est à se cogner la tête dans les murs tellement ce système est absurde...



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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 8:13
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Après, pour revenir à ce que je disais sur le mot "peur" concernant l'AM... Je pense que ca serait peut-être des fois judicieux (même si c'est relou de devoir se fliquer sur les mots), d'utiliser plutôt inquiétude (quand ca concerne "J'ai peur pour l'autre")...

Le flicage de mots est une demande répandue dans le féminisme, mais elle me pose sérieusement problème : elle fragilise les femmes en les coupant de leurs moyens de communiquer (et en les isolant) et elle leur impose un soldat mental féministe qui les garde à l'oeil et évite qu'elles sortent du cadre.

On parle de se retrouver à dormir dans la même chambre que de parfaits inconnus : c'est parfaitement sensé que les gens ne soient pas en mode 100% confiance. Tu pourrais dire : ce serait pas mal, si tout s'est bien passé avec les autres patients, que vous le disiez. Parce ça, ce serait la vérité.
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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 9:43
J'ai plusieurs fois été à deux doigts de demander un internement volontaire, mais voilà...A lire tout ça, je suis contente de ne pas l'avoir fait. Je vois aussi d'un autre œil la façon dont on m'a reçue aux urgences psychiatriques...A l'époque j'avais mis ça sur le compte de plusieurs erreurs humaines, de malentendus, voire de moi qui n'avait pas bien expliqué les choses, je voulais même écrire un courrier pour dénoncer certaines choses. Aujourd'hui je n'en ai plus tellement envie, si ça se trouve ce traitement est habituel et cautionné par le chef de service, c'est peut-être même pire à l'intérieur des murs.

J'ai un passé (et aussi présent je crois) de dépression de différentes sortes, d'AM, tentative de suicide, phobie sociale, hypersensibilité, hyper-empathie...j'ose même pas imaginer comment mon cas pourrait être traité.

édit : truc qui n'a rien à voir avec la choucroute, hier j'ai joué à un mmo, et pendant un gros rassemblement de joueurs certains se sont mis à insulter les autres "autistes" "idiots" "gogols". C'est la première fois que je le ressens si violemment, d'habitude je n'intervient pas (les insultes c'est très habituel) mais là c'était trop. Bonne surprise, plusieurs personnes m'ont soutenue et certains m'ont conseillé de faire un report. je ne vais donc pas me gêner :dents
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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 10:42
Gloup, vos expériences font peur à vivre. J'ai beau être critique par rapport au milieu hospitalier belge (pour le fréquenter et y avoir travaillé en tant qu'assistant social), les situation françaises décritent ici semblent encore bien plus merdique et relèvent clairement de la maltraitance et de la violence institutionelle (Maintenant je suppose que ca doit varier d'un hopital à l'autre aussi)
Petite question technique: En France les patients utilisent le diminutif hp pour parler de l'hopital psychiatrique ? (En Belgique le terme hp est utilisé pour parler surtout des habitations protégées)                  

Sinon, un des hopitaux avec qui je collabore a décidé de rendre sa section semi ouverte non mixte homme. (Suite me disent-ils à la prise de conscience de la vulnérabilité de leur résidentes femmes dans ce milieu) Il me reste à voir à quoi ressemble le service ou elles ont été relogée (service qui m'est inconnu, je vais le visiter dans les semaines à venir)

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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 10:50
Oui, HP est utilisé pour hôpital psy en effet.
Après, euh, si je me souviens bien, on avait une pote qui avait fait un séjour en HP de Belgique et ça avait pas été la joie non plus (maitre yoda ayant une meilleure mémoire que moi, elle me contredira).

Honnêtement, y a beaucoup de pays où c'est loin d'être la joie, même si la France a un niveau particulièrement écoeurant... On n'a même pas de loi régissant la contention....
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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 11:18
Tention que je dis pas que c'est la joie en Belgique ou qu'il n'y a pas de violences institutionelles, c'est plutot une comparaison. (Y'a toujours moyen de faire pire en matière de violence instutionelle ;() Et il peut y avoir des différences énormes par rapport aux établissements, peu importe le pays. (Il y a surement des hopitaux pire en Belgique et bien meilleurs en France)
A noter qu'il n'est pas évident en Belgique de mettre en observation (coloquer) une personne et c'est pour une durée limitée (j'ai l'impression qu'en France, on peut "interner" plus facilement.
D'un autre coté, on a en Belgique  la vieille loi de défense sociale qui pose de sérieux problème de violences institutionelles. (Ou l'on tape les malades dans les annexes psychiatriques des prisons en cas de faits pénaux même mineurs)

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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 14:08
@Breizmel : non rassure toi c'était pas à Guillaume Régner !! C'était pas à Rennes, mais à Rouen ( pour les Rouennais c'était à Saint Etienne du Rouvray, le service du Dr AOUZIR, adepte de la méthode choc, pour traiter les " cas rebelles ", un type tout à fait charmant ... qui continue à diriger son service tranquillement, malgré les différentes plaintes et enquêtes qui ont eu lieu à son sujet.
@Drärk : oui j'ai vu les cicatrices sur tes poignets. Ça ne m'a pas choquée. Tu as bien vu de toutes façons que je laissais les enfants " te grimper dessus ", et je t'ai même proposé de faire du babysitting. Je l'aurais pas fait avec une personne de qui j'aurais eu peur.

Après si tu veux MaitreYoda, je peux utiliser " inquiétude ", mais franchement ce que j'ai ressenti, c'était plus un sentiment de panique, face à une situation qui me semblait grave, et ou je ne savais pas quoi faire (personne n'était là), en fait " je me suis inquiétée " que les 2 personnes dont j'ai parlé ne garde des séquelles graves, voir ne meurt. Mais après, quand je croise des gens dans la rue avec des marques, oui ça peut m'interroger (comme je peux m'interroger sur un tatouage ou un percing, ou même des fringues que j'ai pas l'habitude de voir), mais ça ne me fait pas peur. Je n'inspecte pas les gens avant de leur parler (ou pas). De manière générale, je considère que le rapport au corps est quelque chose de personnel que je n'aime pas qu'on m'impose. Je n'aime pas toucher les gens, ni être touchée, je n'aime pas les regards déplacés, et j'évite de fixer les gens ailleurs que dans les yeux.

C'est pareil avec les injections, je n'aime pas voir les gens se faire piquer, ou se piquer (que ça soit des UD, ou des malades en traitement), et je n'aime pas me piquer devant des gens quand j'ai à le faire (ce qui peut arriver du fait de mes pbms de santé, et que je ne supporte pas que les soignants me touchent), je suis aussi tatouée, et les tatouages, je ne veux pas les faire devant d'autres personnes que ma tatoueuse, parce que c'est intime (même si le tatouage est dans mon dos, ou sur mon ventre).

Donc par voie logique, je n'aime pas regarder des personnes qui font de l'AM, ou faire de l'AM devant des gens. Ça me gène. C'est personnel, intime, c'est comme les actes sexuels (pour moi hun).
Après, une fois que c'est fait, voir les traces d'AM, de piqures, de tatouages ou autres ... ça ne me dérange pas du tout.

Après malheureusement je n'ai qu'une très mauvaise expérience de la psychiatrie institutionnelle. Je ne sais pas si elle est représentative ou pas de l'institutionnel à un niveau national. J'en sais rien.
Mais moi ça m'a suffit, pour ne jamais, jamais vouloir y remettre les pieds. Ça fait partie de mes phobies en fait.

Par contre je sais qu'en clinique privée, il y a de très bonne initiatives, notamment pour le soin des traumas (à Lyon Lumière), où ils font de l'EMDR en intensif, avec des séances dans l'eau, et qu'il y a des soignants en permanence disponibles pour parler, etc ... Mais la liste d'attente est longue (il faut attendre environ 6 mois) et c'est cher (il faut compter 1500€ pour un séjour de 10 jours).

Mais visiblement, les résultats sont très encourageants. Ils font aussi tout ce qui est gestion du corps dans l'espace, hypnose, etc ... C'est mon psychiatre qui m'en avait parlé. Il a envoyé plusieurs patients là-bas, avec des stress post traumatiques très envahissants, et ils sont revenus nettement moins " malades ", disons que leurs troubles étaient beaucoup moins envahissant et qu'il pouvait instaurer une thérapie en ambulatoire alors que ce n'était pas possible avant.
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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 14:34
A oui, il parait que ça marche super bien l'emdr, mon collègue de bureau vient de faire son tfe la dessus et à ce qu'il m'explique,ça à l'air super intéressant comme approche curative d'anciens traumatismes. Dommage que cela soit aussi cher ;( (Les formations pour praticiens coutent également honteusement cher Sad )

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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 14:39
Shun:

shun a écrit:@Drärk : oui j'ai vu les cicatrices sur tes poignets. Ça ne m'a pas choquée. Tu as bien vu de toutes façons que je laissais les enfants " te grimper dessus ", et je t'ai même proposé de faire du babysitting.
Ma réputation de CF est foutue c'est officiel :dents

Bon je plaisante hein, j'adore tes mômes, même que j'ai pas fait de crise de panique à l'idée de "travailler" (bon y a eu le passage évident du "j'en serai jamais capable, et si elle tombe, si elle est malade ? oO omg, omg, OMG !  affraid ), mais rapport à d'habitude c'est à l'aise Blaise. Dans le sens où il m'est déjà arrivé de pleurer devant les annonces de PE en me maudissant de pas être foutue de trouver un taff. Phobie sociale toussa...  :dents

Ce serait chouette que les gentes puissent avoir accès aux soins positifs dont tu parles, sans se heurter à la barrière "argent". J'avais entamé un suivi psy et je culpabilisais et m'inquiétais tellement à cause de l'argent (psy non remboursée, conseillée par une médecin, sauf que j'étais étudiante sans taff à 45€/séance...), j'ai fini par me dire que je gaspillais du fric pour du vent (mais j'fais pareil pour la bouffe, pour tout en fait :dents ). J'ai arrêté le suivi, sans oser appeler pour prévenir (du coup la psy était inquiète) et j'ai pas osé la payer le mois suivant, parce que, bah, j'ai pas osé.

Je pense que la situation économique est très influente dans les processus de prises en charge et guérison. Oui j'enfonce des portes ouvertes ^^

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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 16:43
Il existe aussi les CMP (centre médico-psychologique) qui proposent une offre de soins mentaux . Les CMP sont pluridisciplinaires et regroupent différents professionnels de santé. Les consultations en CMP sont entièrement prises en charge par la sécurité sociale.

Le souci, c'est que les praticiens des CMP n'ont pas toujours très bonnes réputations mais c'est pris en charge...
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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 23:19
J'ai eu une psy en CMP, super mais qui a dû cesser son activité pour un temps et j'ai cessé le suivi. Je confirme, pris en charge, j'ai également été uivie par une pédi-psy étant enfant, toujours dnas le cadre d'un CMP. En revanche, selon les villes, attention au temps d'attente, la dernière fois on m'a parlé de 4 mois sur mon secteur de rattachement à Toulouse (en cas d'urgence, c'est chaud).

Un de mes frère a été suivi par une orthophoniste en CMP. Ma mère aussi en psy (on est abonné-e-s ^^), et j'ai pas eu de souvenir de mauvais traitement sur les deux. Ce qui ne prouve rien évidemment ^^

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Re: Mad Pride

le Mar 17 Fév 2015 - 23:27
J'ai demandé un suivi en CMP pour ma fille pour suspicion de phobie scolaire en avril 2014, j'ai eut une réponse en décembre... heureusement pour elle, elle s'est parfaitement adaptée au collègue et le chant qu'elle pratique à haute dose (elle est en CHAV) l'aide à régler son soucis d’intégration/de confiance en elle.

Je ne m’étendrai pas sur le suivi qu'a reçu mon fils en CMP, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils n’étaient clairement pas formés pour l’accueil d'enfant autiste Evil or Very Mad
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Re: Mad Pride

le Mer 18 Fév 2015 - 1:09
Comme quoi certaines pratiques en dehors des champs thérapeutiques classiques peuvent vraiment aider les gens : le chant, le sport, les activités artistiques, l'inscription dans des groupes sociaux etc etc. Après bien sûr, ces pratiques ont leurs limites et c'est à adapter au cas par cas mais on ne parle pas suffisamment à mon sens qu'un soutien psychologique peut se faire de différentes façons.

Pour exemple, il me semble très intéressant qu'une personne souffrant d'un trouble dépressif puisse prendre du plaisir dans une activité voire y trouver un certain sens de vie. Si elle y arrive bien sûr.

Pour les champs thérapeutiques plus classiques, il me semble que c'est difficile parfois de trouver une ou des techniques et la ou les personnes qui correspondent à la situation de chaque personne. De plus, il y a un manque de praticiens formés à certaines techniques comme dans l'autisme, si je ne me trompe pas.

Et après, il y a les moyens financiers aussi.
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Re: Mad Pride

le Mer 18 Fév 2015 - 1:51
Les moyens financiers et... l'entourage direct ! Genre la famille qui interdit les ami-e-s, la lecture, les activités extra-scolaires, mais de manière insidieuse, pas vraiment en mode "Je t'interdis" (encore que...) mais via la manipulation, faire perdre confiance en soi, inculquer une peur de tout. Et évidemment critiquer le moindre intérêt pour une activité ou si l'activité correspond aux critères de l'entourage, faire en sorte de décourager la personne, instaurer un esprit de compétition/domination que même si on s'en fout ou qu'on a de supers résultats, ce ne sera jamais assez bien.

Ptit combo croustillant : argent + dénigrement ou plus savoureusement "Tu coûtes cher". Effet garanti :dents

J'ai deux sisters qui vont pas toujours bien, l'une écrit, l'autre dessine, elles se débrouillent hyper bien (et même si pas, je m'en fous, ce sont mes sisters, elles le font forcément bien et toc ^^) et je les encourage à fond (ce qui n'est pas automatique dans ma famille en fait).

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Re: Mad Pride

le Mer 18 Fév 2015 - 2:17
Je suis persuadé que c'est très important le soutien que tu apportes à tes sœurs. Et d'une manière générale, je suis bien d'accord l'entourage est fondamental pour aider ou pas.

Justement, il me semble qu'il y a souvent un gros manque. C'est vis-à-vis de l'environnement immédiat des personnes en difficulté psychique.

Je m"imagine que cela ne doit pas être simple à vivre, à appréhender pour les proches. Un soutien serait sans doute nécessaire dans bien des situations. Un soutien possible pour gérer leurs propres souffrances et un soutien possible là-aussi pour réfléchir ensemble pro et proches sur comment aider au mieux la personne en difficulté psychique.
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Re: Mad Pride

le Dim 7 Juin 2015 - 17:05
Je serai à la mad pride Smile qqun.e d'autre ?
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Re: Mad Pride

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