Derniers sujets
» [Article] Sexe entre potes hétéros sur le forum JVC
par Iridacea Ven 21 Juil 2017 - 14:30

» Intro de Klazoo
par Klazoo Lexis Mer 19 Juil 2017 - 12:06

» Peggy Sastre
par Araignée Lun 17 Juil 2017 - 8:36

» Je me présente
par Titi63 Jeu 13 Juil 2017 - 21:56

» Salut!
par Nurja Jeu 13 Juil 2017 - 19:45

» kotava
par Iridacea Jeu 13 Juil 2017 - 10:27

» C'est quoi "être une femme" ?
par Coquelic0t Jeu 13 Juil 2017 - 9:43

» Le voile
par Iridacea Mar 11 Juil 2017 - 11:21

» Youtube
par Klazoo Lexis Mar 11 Juil 2017 - 8:35

» Le gene SRY
par Klazoo Lexis Mar 11 Juil 2017 - 6:57

» Bastien Vivès "Une soeur", votre avis ?
par Klazoo Lexis Mar 11 Juil 2017 - 6:19

» Photo de nus artistiques
par Klazoo Lexis Mar 11 Juil 2017 - 5:26

» Se faire des ami.e.s ?
par michekhen Mar 11 Juil 2017 - 0:05

» Salon du livre lesbien et débat HERstory le 1er juillet 2017
par michekhen Lun 10 Juil 2017 - 21:07

» Présentation Noki
par Claire G. Lun 10 Juil 2017 - 14:03

» Questionnaire sur le français inclusif
par Alpheratz Lun 10 Juil 2017 - 0:10

» "non-binaire" c'est quoi ?
par Iridacea Ven 7 Juil 2017 - 14:35

» [Article] 220 femmes tuées par leur conjoint, ignorées par la société
par Iridacea Ven 30 Juin 2017 - 16:26

» Mwà
par Iridacea Jeu 29 Juin 2017 - 14:00

» Bonjour tout le monde !
par Alpheratz Mar 27 Juin 2017 - 16:29

» Hey
par Alpheratz Mar 27 Juin 2017 - 16:28

» [Article] Que font les jeunes féministes de l’héritage des générations antérieures ?
par Alpheratz Mar 27 Juin 2017 - 16:15

» Vidéos et films féministes
par Dihya Ven 23 Juin 2017 - 20:39

» Une loi en Caroline du Nord (USA) n'autorise pas les femmes à rétracter leur consentement pendant le sexe
par Iridacea Ven 23 Juin 2017 - 15:28

» La porno féministe
par Nurja Mer 21 Juin 2017 - 12:54

» Bise et Serrage de Main
par Nurja Lun 19 Juin 2017 - 16:16

» La précarité des femmes sur le marché du travail
par Iridacea Lun 19 Juin 2017 - 14:42

» Présentation
par Nurja Dim 18 Juin 2017 - 8:04

» [Entretien] « Le féminisme ne nous a pas été appris par l’Occident » – Fatma Oussedik
par Iridacea Ven 16 Juin 2017 - 22:27

» [Article] Les fondements politico-économiques du fémonationalisme
par Iridacea Lun 12 Juin 2017 - 22:47

» Que pensez-vous de cette controverse?
par Nurja Dim 11 Juin 2017 - 13:24

» [Film] Regarde elle a les yeux grand ouverts
par erulelya Jeu 8 Juin 2017 - 21:38


La France d'en face

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La France d'en face

Message par Lila78 le Mar 29 Oct 2013 - 15:16

Quelqu'un a regardé ce documentaire de Jean-Robert Viallet sur France 3 hier soir ?
Il s'appuie sur les travaux de Christophe Guilly, auteur de Les Fractures françaises qui est devenu l'ouvrage de référence pour qui veut comprendre les effets de la mondialisation sur les couches populaires.
Je l'ai trouvé très intéressant.
Il est dispo en replay pendant une semaine.

Le point de départ : les chercheurs ont élaboré une carte de France à partir de plusieurs données : les revenus, le taux de chomâge, la part des emplois précaires, la part des ouvriers et des employés. Et ont dressé la carte des "fragilités sociales", "Aux vingt-cinq métropoles de plus de 370 000 habitants, dynamiques, en blanc, s’opposent ces trous périphériques, en bleu".

Le postulat c'est que les métropoles, les grandes villes françaises (Ile-de-France, Lyon, Lille, Toulouse, Nantes, etc), où les choses bougent, tirent profit de la mondialisation et représentent 80% du PIB, mais que tout autour, il n'y a "rien" (mot qui revient souvent dans la bouche des interviewés : pas de travail, pas de "vie", la précarité). Or, 60% de la population vit dans ces zones.

De nombreux sujets sont abordés :
- pour ce qui est des métropoles (avec les exemples de Paris et de Montpellier et de son littoral) : les classes populaires sont chassés des grandes villes qui se gentrifient. Les classes populaires sont soit contraintes de s'éloigner (exemple de Montpellier, avec les problèmes que ça engendre, en particulier la forte dépendance à la voiture) soit sont parqués dans des quartiers de périphérie, avec exemple de la Seine-Saint-Denis. Pour cette dernière, les auteurs refusent de parler de ghetto, car contrairement aux idées reçues, les gens bougent : 1/3 du parc immobilier change de mains tous les 4 ans, mais ceux qui y arrivent sont encore plus pauvres et plus précaires. Ceux qui ont réussi à partir le payent souvent au prix fort (éloignement de la capitale, endettement, forte charge de travail).
- pour les jeunes des zones périphériques, souvent, la seule possibilité est de partir. Mais seuls ceux qui sont privilégiés le peuvent.
- une analyse de la forte abstention et de la montée du FN dans ces zones : «La grande nouveauté, c’est une progression du Front national chez les employés, chez les femmes, et sur les territoires de l’Ouest et du Sud-Ouest, analyse Guilluy. C’est comme un nouveau vote de classe.»
- même dans des départements qui semblent épargnés, par exemple la Mayenne où le taux de chômage est seulement de 6%, où les gens sont souvent propriétaires, la précarité est présente. "Aujourd'hui, pour 12 à 15 millions de personnes, les fins de mois se jouent de 50 à 150 euros près". Or ces précaires ne peuvent pas bouger, aller vers les régions qui bougent. "L'idée qu'on peut bouger de sa maison pour trouver un emploi quand on est propriétaire précaire est absurde puisque c'est tout ce qui leur reste, un toit".
- la disparition de l'industrie, avec les témoignages de trois anciens ouvriers de Meurthe-et-Moselle, témoins impuissants de la fermeture des hauts fourneaux de Florange en particulier et de la désindustrialisation en général. QUi pointent le fait que c'est encore plus difficile pour les ouvriers actuellement que cela ne l'était pour eux : "Nous, on avait notre travail, déclare l'un d'eux, là aujourd'hui, ils se battent parce qu'ils n'ont plus de travail."

Pour finir sur une note un peu positive, quand même (oui, ce documentaire est très intéressant, mais aussi un peu plombant) : pour sortir de cette situation, il faut encourager le développement de l'économie sociale et solidaire et renforcer les liens entre les territoires. Ainsi, une paysanne explique comment le système de l'AMAP a sauvé son exploitation.

D'autres avis sur ce documentaire ?

Lila78
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 808
Date d'inscription : 05/03/2012

http://lilablogue.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Cyb le Mar 29 Oct 2013 - 15:20

Je suis tombée dessus mais il était déjà bien entamé. Il m'a semblé très intéressant, mais un peu démoralisant. J'ai vu un peu sur l'industrie en Lorraine, et les souvenirs de jours plus heureux, lorsqu'il y avait de la vie dans cette région.
avatar
Cyb
Hystérique
Hystérique

Messages : 431
Date d'inscription : 10/09/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Lila78 le Mar 29 Oct 2013 - 15:30

@Cyb a écrit:Il m'a semblé très intéressant, mais un peu démoralisant.
Ouais, j'avoue qu'on était un peu démoralisés après avec mon amoureux... (d'autant que soyons honnête, on fait partie des bobos qui gentrifient les quartiers populaires parisiens, on sait qu'on a une certaine responsabilité dans ce qui se passe). Mais en même temps, je pense qu'il est vraiment utile à voir.

Lila78
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 808
Date d'inscription : 05/03/2012

http://lilablogue.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Cyb le Mar 29 Oct 2013 - 15:34

Je le verrai Smile. Je n'aime pas entamer un truc du coup, j'ai préféré voir autre chose. Je ferai en sorte de regarder ce documentaire en tout cas.
La gentrification, je la vois dans la ville où j'habite... Je n'ai pas les moyens d'acheter un truc sur Paris par contre Laughing . La ville où je vis, j'y suis depuis mon enfance et elle a désormais beaucoup changé. C'est devenu bien cher et certaines de mes connaissances d'école, qui voulaient acheter sur place en grandissant, n'ont tout simplement pas pu. La gentrification n'est pas vraiment quelque chose que j'apprécie, même si ça fait de très jolis quartiers, certes.
avatar
Cyb
Hystérique
Hystérique

Messages : 431
Date d'inscription : 10/09/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Lila78 le Mar 29 Oct 2013 - 15:58

@Cyb a écrit:Je n'ai pas les moyens d'acheter un truc sur Paris par contre Laughing
Moi non plus, hein !
Mais même en étant locataire, on contribue à faire monter les loyers puisqu'on a les moyens de payer, on contribue à l'émergence de boutiques qui font disparaître celles des classes populaires... :s 
Après, je considère aussi que je lutte par mon boulot contre les inégalités sociales dans l'accès à la culture, et ce dans mon quartier, donc peut être que ça compense un peu...

Lila78
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 808
Date d'inscription : 05/03/2012

http://lilablogue.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Cyb le Mar 29 Oct 2013 - 16:42

Je suis totalement d'accord, même en étant locataire, on contribue à faire monter les loyers. Dans la ville où j'habite, on voit beaucoup de cadres débarquer car ils ne peuvent plus habiter sur Paris. C'est aussi ça, on gentrifie mais pas par plaisir, plutôt par obligation.
avatar
Cyb
Hystérique
Hystérique

Messages : 431
Date d'inscription : 10/09/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par exno le Mar 29 Oct 2013 - 18:42

Je l'ai regardé d'un oeil et justement la critique de la gentrification m'a un peu soûlée. Le doc parle de ça avec des "on" genre "on gentrifie" --> mais qui ? Les grands méchants bobos qui viennent exprès pour chasser les ouvriers ? Et puis s'il y a de plus en plus de "bobos" c'est bien qu'une frange de la population s'enrichit, les gens qui arrivent en ville ne viennent pas de nulle part Surprised En plus après avoir dit tout ça, le doc s'extasie sur les AMAP sans préciser que les clients en sont justement des bobos... Et puis à un moment sur St Germain des Près on nous dit que les librairies ont été remplacées par des boutiques de haute couture... Oui parce que les ouvriers ils passaient leur temps à acheter des bouquins quoi.
En plus j'avais lu un petit article dessus dans Metro ou 20minutes, avec une citation du chercheur à l'origine de ce doc, où en expliquant la gentrification des centres-villes dit que les nouveaux arrivants sont des bobos "aux idéaux de gauche malgré leurs comptes en banque bien fournis" --> quel intérêt ici de préciser que ces gens sont de gauche ? (comme si, en plus, tous les riches qui vivent en centre-ville étaient de gauche) A part taper sur la gauche ?

_________________
Attack of the 50ft. feminazi
avatar
exno
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 1121
Date d'inscription : 24/08/2013

http://lesossurlapeau.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Lila78 le Mar 29 Oct 2013 - 22:04

@exno a écrit:Je l'ai regardé d'un oeil et justement la critique de la gentrification m'a un peu soûlée. Le doc parle de ça avec des "on" genre "on gentrifie" --> mais qui ? Les grands méchants bobos qui viennent exprès pour chasser les ouvriers ?
Ce n'est pas forcément volontaire ni conscient, ils ne sont pas méchants et ne font pas exprès, n'empêche que ça se passe.

@exno a écrit:Et puis s'il y a de plus en plus de "bobos" c'est bien qu'une frange de la population s'enrichit, les gens qui arrivent en ville ne viennent pas de nulle part Surprised
Je suis moins optimiste que toi, je pense que c'est justement les gens favorisés des zones fragiles qui ont les moyens d'arriver en ville et de s'y installer, et pas des gens qui s'enrichissent.

@exno a écrit:En plus après avoir dit tout ça, le doc s'extasie sur les AMAP sans préciser que les clients en sont justement des bobos...
Pas faux :dents 

@exno a écrit: Et puis à un moment sur St Germain des Près on nous dit que les librairies ont été remplacées par des boutiques de haute couture... Oui parce que les ouvriers ils passaient leur temps à acheter des bouquins quoi.
Il me semble qu'il est précisé dans le documentaire que ces quartiers abritaient des étudiants aux revenus modestes auparavant.

@exno a écrit:En plus j'avais lu un petit article dessus dans Metro ou 20minutes, avec une citation du chercheur à l'origine de ce doc, où en expliquant la gentrification des centres-villes dit que les nouveaux arrivants sont des bobos "aux idéaux de gauche malgré leurs comptes en banque bien fournis" --> quel intérêt ici de préciser que ces gens sont de gauche ? (comme si, en plus, tous les riches qui vivent en centre-ville étaient de gauche) A part taper sur la gauche ?
Bah à moi il me semble logique qu'une personne libérale puisse se ficher de ce phénomène, autant à mes yeux les personnes aux idéaux de gauches devraient au moins en prendre conscience et chercher à faire autrement.

Lila78
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 808
Date d'inscription : 05/03/2012

http://lilablogue.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par exno le Mar 29 Oct 2013 - 22:56

Mais faire autrement que quoi ? Je vais quand même pas me (dans l'optique où je serai une "bobo", c'est le milieu dont je viens mais pour l'instant je suis juste étudiante) forcer à ne pas vivre en ville si j'en ai envie !
Si les gens étaient dans des zones fragiles avant, c'est bien qu'ils n'avaient pas les moyens d'aller ailleurs, non ?

_________________
Attack of the 50ft. feminazi
avatar
exno
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 1121
Date d'inscription : 24/08/2013

http://lesossurlapeau.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Lila78 le Mar 29 Oct 2013 - 23:24

Il me semble que le sens du documentaire c'est que justement cette séparation entre zones fragiles et villes riches est (relativement) nouvelle, ou en tout cas qu'elle s'est accentuée au cours de ces trente dernières années. Dans le documentaire, c'est tout le passage sur la Lorraine : c'était une zone industrielle, toutes les usines ont fermé, les ouvriers se retrouvent sans rien sur place, je ne pense pas que ce soit le cas des cadres qui eux peuvent bouger. On peut aussi citer la fin des services publics dans les zones rurales aussi.

Sinon, mon "faire autrement" dans le message précédent était maladroit, l'idée serait plutôt de "le prendre en compte". Mes parents l'ont fait de façon radicale en allant vivre pendant plusieurs années dans une ZUP et en travaillant (pour ma mère) et en nous scolarisant sur place.
Perso, je ne pense pas que j'irais jusque là. Je vis dans un quartier "en cours de gentrification", on va dire, avec une population bobo de plus en plus importante mais aussi une forte population de classe populaire. Mais j'essaye de faire des petites choses :
- fréquenter les boutiques du quartier et pas seulement les boutiques bobo bio genre biocoop
- travailler dans le quartier et pas seulement avec les bobos, mais aussi avec les classes populaires (même si c'est pas toujours facile en bibliothèque)
- faire attention avec mon fils à ne pas fréquenter que des enfants de bobos mais de lui faire rencontrer vraiment tous les enfants du quartier (en fréquentant le centre social voisin par exemple). Par la suite, ça sera l'inscrire dans l'école publique du secteur et pas dans une école privée genre pédagogie alternative. Bien payer la personne qui le garde.
- trouver l'équilibre en participant à la mixité sociale sans envahir les espaces où les personnes issues des classes populaires peuvent se réunir
- ne pas chercher à "nettoyer" le quartier en faisant disparaître les classes populaires de l'espace public (souligné dans le reportage) : acheter des livres au SDF qui fait de la bouquinerie sauvage sur le trottoir, ne pas appeler les flics quand il y a des vendeurs à la sauvette, se dire que même si j'aurais préféré qu'il y ait des jeux pour enfants sur la place à côté de chez moi, il ne faut pas râler contre les gens qui squattent ou contre les groupes de jeunes qui font du bruit dans la rue parce qu'ils n'ont pas forcément d'autres lieux pour se rencontrer.

Et pour moi, l'idéal est de s'engager pour aider les classes populaires à continuer à vivre dans les quartiers. Je suis admirative de Sandrine pour ça. Je ne le fais pas (encore ?), j'ai peut être une piste, à laquelle je dois encore réfléchir (une réunion de "femmes solidaires" au centre social voisin).

Voilà, même si ça fait préoccupations de petite bourgeoise gâtée (c'est le cas d'ailleurs).

Lila78
Grand⋅e Prêtre⋅sse
Grand⋅e Prêtre⋅sse

Messages : 808
Date d'inscription : 05/03/2012

http://lilablogue.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Hercule le Mer 30 Oct 2013 - 21:35

Exemple de "gentrification" près de Paris (extraits):

Théâtre des opérations : un quartier jadis ouvrier. Las, à partir de la fin des « Trente Glorieuses », usines et entrepôts se vident, rachetés par la mairie. La commune perd alors une partie de ses habitants, les logements se vident ou se dégradent, les hôtels meublés et les immeubles insalubres se peuplent de précaires. Mais le renouveau pointe à l'horizon. Nul besoin d'une maîtrise de sociologie urbaine pour savoir à qui s'adressent les immeubles résidentiels récemment éclos dans le quartier : PLU(1), accession à la propriété, résidences étudiantes, ateliers d'artistes... Les 83 % de demandeurs de logements sociaux qui ne rentrent que dans la catégorie PLAI(2) peuvent aller se rhabiller. La population s'accroît enfin. Mais cela ne concerne plus les mêmes habitants. Le projet, dont la mise en œuvre devrait s'échelonner sur une vingtaine d'années, prend place au cœur d'une ZAC de 145 hectares. Au programme ? La destruction de plus de 50 % du bâti et la construction de locaux destinés à des activités économiques, des équipements publics et des logements. Ces derniers se répartissent pour moitié en logement social (dont 15 % seulement de PLAI) et pour moitié en accession. En prime : un « pôle de compétitivité » et un « pôle d'excellence ». Entre « optimisme » et « synergie », difficile de discerner ce que recouvre cette novlangue euphorisante. Sauf à aller « sur le terrain », à la rencontre des habitants qui ne s'en laissent pas compter. Eux racontent l'envers de ce décor urbain rutilant que font miroiter maquettes, panneaux, clips et présentations power point. Rétention d'information et maquettes du projet non remises à jour ; expulsions par dizaines ces derniers mois, sans proposition de relogement ; démolition de plus de 400 logements ; préemptions et expropriations à des prix inférieurs au marché ; propositions de relogement indécentes pour les locataires (plus petit, plus cher, pas dans le quartier) ; fermetures de dizaines de commerces de proximité au profit d'enseignes franchisées et de centres commerciaux ; destruction des liens sociaux et des solidarités...

(1) PLU : Prêt locatif à usage social. Financé par l’État, il permet de rendre le logement social accessible à des locataires dont les ressources dépassent jusqu’à 20 % du plafond.

(2) Destiné aux HLM et aux sociétés d’économie mixte, le prêt locatif aidé d’intégration (PLAI) est destiné à l’acquisition, la construction et la transformation de logements loués à des personnes cumulant difficultés économiques et sociales.
http://www.article11.info/?Renovation-urbaine-a-Ivry-sur
avatar
Hercule
Poilu⋅e
Poilu⋅e

Messages : 28
Date d'inscription : 17/04/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: La France d'en face

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum