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[Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 4 Avr 2013 - 21:24
Bon j'en avais déjà parlé, du livre du keum à Andrea, mais là j'ai reçu le manuscrit donc je pense que je vais vous en faire aussi un résumé comme pour les femmes de droite.

(pas pour tout de suite néanmoins vu la masse de boulot que j'ai en ce moment Sad )

John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

Depuis sa publication en 1989 (New York, Routledge), Refuser d’être un homme est devenu un classique dans les études de genre, largement cité dans les ouvrages de référence.
John Stoltenberg déconstruit l’identité masculine comme un rapport social et trouve dans cette analyse les raisons de penser son changement. L’ouvrage aborde successivement la question de l’identité sexuelle masculine, de la pornographie et de la suprématie masculine et enfin la question du militantisme féministe et de l’identité sexuelle masculine.
Le titre provocateur du livre interpelle tous les hommes qui s’interrogent sur leur identité et les rapports de genre dominants dans la société. À ceux-là, ce livre ouvre l’espoir d’un changement possible basé sur le consentement, la réciprocité et le respect dans les relations entre les hommes et les femmes. Les hommes ont le choix, nous dit John Stoltenberg, ils peuvent refuser l’identité masculine dominante.

Je crois qu'il sort dans pas très longtemps. Pour le moment j'ai juste regardé vite fait le manuscrit, ça a l'air intéressant.
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Lubna
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 0:18
Avant propos de Christine Delphy :

Pourquoi publier le livre d’un homme dans une collection féministe, qui publie d’ordinaire des livres écrits par des femmes ? Est-ce une entorse aux principes du féminisme radical ? À mon sens, non. Le mouvement féministe de la deuxième vague, né dans les années 1970 dans tous les pays occidentaux, et qui s’est inspiré du mouvement américain des droits civiques, estimait – et pour ma part j’estime toujours – que la libération des opprimé·es doit être l’œuvre de celles-ci et de ceux-ci ; que l’intervention des hommes dans les réunions, les réflexions, les ouvrages féministes a trop souvent comme effet de faire jouer à nouveau le prestige qu’a le groupe dominant aux yeux des dominé·es ; et de permettre ainsi à ce groupe de continuer à jouer son rôle naturel  : à diriger, à exercer son pouvoir jusque dans les lieux qui ont pour but de le contester.

Et c’est bien ce que l’on constate, en étudiant l’histoire du féminisme, ou en observant les pratiques contemporaines : des experts blancs discourent sur l’oppression des groupes racisés, des expert·es hétérosexuel·les discourent sur l’oppression des lesbiennes et des gays.

Et « parce que les hommes sont concernés aussi par le sexisme », des experts-hommes se mêlent de théorie féministe  : donnent leurs définitions de ce dont souffrent les femmes, des définitions qui ne sont pas forcément les mêmes que celles données par les femmes. Mais plutôt forcément pas les mêmes. Ainsi leur sympathie et leur intérêt deviennent-ils des prétextes pour introduire une parole plus « raisonnable », plus « équilibrée » (« il y a des torts des deux côtés ») et pour mettre sur l’agenda des féministes des thèmes – des devoirs de vacances – qu’elles n’ont pas choisis. En d’autres termes, aujourd’hui comme en 1970, ils parlent à la place des femmes.

Il est donc juste de leur refuser ce rôle. Mais cela signifie-t-il qu’ils n’ont aucune place dans ce combat ? Non. Ils en ont une  : la leur. Et dès qu’ils cessent de parler prétendument de notre place, et à notre place, dès qu’ils parlent à partir de leur place, et de leur place, on peut à nouveau les écouter.

John Stoltenberg est un de ces hommes. Il parle de sa place  : sa place c’est celle d’un homme, donc d’un dominant, « touché par les idées du féminisme ». Il décrit ce qu’il voit, perçoit, analyse, de cette place, sans prétendre, au contraire de ceux qui parlent à notre place, cacher ce qu’est cette place.

Ce qu’il voit le conduit à « refuser d’être un homme », et pour cette raison, ce livre est un brûlot. Il éveillera le malaise chez beaucoup d’hommes, mais aussi chez certaines femmes, y compris chez des féministes.

Car nous sommes encore dans une période de compromis, ou peut-être de schizophrénie ; d’un côté, on proclame urbi et orbi un désir d’égalité, des sexes, des races, des sexualités ; mais de l’autre, jamais depuis quarante ans on n’a autant inculqué, et si tôt dans la vie des enfants, les « différences » entre celles nées en rose et ceux nés en bleu, les « différences » qui sous-tendent idéologiquement et produisent pratiquement l’inégalité, la domination, et finalement l’oppression d’un « sexe » (c’est-à-dire d’un genre) par l’autre.

Cependant, ce livre n’éveillera pas que le malaise. Il ravivera aussi l’espoir que des hommes participent enfin vraiment au combat, et ils peuvent y participer. Car si les femmes possèdent un « privilège épistémologique » (l’expression est de Nancy Hartsock), en ce qu’elles sont les seules à connaître de l’intérieur l’oppression subie, et que, de ce point de vue, les hommes ont un désavantage épistémologique, ils sont en revanche les seuls à connaître les stratégies de domination qu’ils forgent consciemment, comme l’a mis en évidence Léo Thiers-Vidal1.

Seuls, ils savent comment ils capitalisent la situation dominante que leur confère le système patriarcal ; seuls, ils savent comment ils utilisent leurs avantages initiaux de classe de sexe pour en conquérir d’autres dans leurs rapports individuels avec des femmes.

Quoi qu’en pensent ceux qui estimeront incompréhensible – voire «  castratrice  » – la démarche de Stoltenberg, il existe beaucoup de raisons pour lesquelles un homme acquiert des convictions féministes. Stoltenberg en fait une liste au début de sa préface : « l’engagement envers une femme », le désir « d’être son allié, de ne pas la trahir2 ». D’autres, dit-il, trouvent ces raisons « dans leur propre expérience de violence sexuelle dans l’enfance ou l’adolescence ».

Il y a quarante ans, les hommes d’extrême gauche – les autres s’en fichaient – luttaient contre le mouvement féministe qui ne respectait pas l’ordre des priorités fixé par « la révolution » (qui parle par leur bouche). Avec le temps, tout fout l’camp, et ils acceptent maintenant l’existence du féminisme ; mais ils ne viennent pas aux réunions qui se tiennent à l’intérieur de leurs propres groupes quand elles portent sur le féminisme.

Ces questions ne concernent selon eux que les femmes. Ils se retranchent derrière l’idée – juste – que l’oppression des femmes a des causes structurelles : institutionnelles, économiques, juridiques, et qu’aucun individu n’est responsable de l’organisation globale de la société. Toutefois, ils ne répondent pas à la question que soulève Stoltenberg, comme l’a soulevée après lui Léo Thiers-Vidal, comme les hommes qui ont traduit ce livre la soulèvent. Car si un individu ne peut guère changer, à lui seul, le marché du travail (ou l’organisation politique, ou les codes juridiques), ce n’est pas le seul domaine de la vie où se jouent la domination et l’oppression.

La question de ce qui se passe « dans le privé » – euphémisme pour tout ce qui concerne la sexualité des hommes3 – cette question-là est balayée sous le tapis. Les féministes elles-mêmes l’abordent peu. Certes elles dénoncent les violences, le viol et la prostitution, mais gardent encore souvent comme une île, isolée et préservée de ces continents noirs, la sexualité « ordinaire ».

Ce dont Stoltenberg, comme Andrea Dworkin4 dont il était le compagnon, parle, c’est de la culture qui est la nôtre, de notre conception, française, européenne, occidentale, peut-être mondiale, des rapports sexuels hétérosexuels – mais aussi gays – de ce qu’ils expriment, de ce qu’ils disent, de ce qu’ils doivent dire ; de la façon dont dans cette culture la sexualité est inextricablement emmêlée avec la domination.

Et si nous ne mettons pas en cause cette imbrication-là, si nous essayons souvent de la cacher à nous-mêmes, c’est parce qu’il nous est très difficile d’imaginer d’autres rapports, et surtout d’autres sens à ces rapports. Les sens que notre culture leur donne ne nous paraissent pas comme une application dans la sexualité de la hiérarchie et de la violence de l’organisation sociale ; bien au contraire, il nous semble, conformément à la mythologie largement partagée par toutes les cultures patriarcales, que c’est dans ces rapports, censés être non sociaux, que l’organisation sociale trouve son origine – sa fondation, qui serait, elle, « naturelle ».

Ces sens, ils sont explicités dans la littérature, et surtout dans la littérature pornographique. Le pouvoir exercé, le pouvoir subi, se montre là sans fards, sans voiles romantiques, et revendique non seulement d’être érotique, mais de constituer le tout, l’essence même de l’érotisme. C’est pourquoi Catharine MacKinnon parle d’« érotisation de la domination ».

Cet érotisme a été exposé et dénoncé par plusieurs auteures féministes modernes, de Simone de Beauvoir à Andrea Dworkin, Catharine MacKinnon et Sheila Jeffreys en passant par Kate Millett. Mais ce n’est pas ce qui est retenu de leur œuvre, et quand c’est retenu, c’est pour déconsidérer cette œuvre, comme les attaques infatigables du courant queer contre Andrea Dworkin et Catharine MacKinnon le montrent. C’est de cet érotisme, tel qu’exhibé en particulier dans la pornographie, que parle Stoltenberg. Il semble souvent aux femmes, et en particulier aux féministes, qu’il s’agit là uniquement de la sexualité masculine, mais il faut tempérer cette intuition  : d’une part, beaucoup de femmes « trouvent leur compte » (ou le prétendent) dans ce qui est globalement un érotisme sado-masochiste ; d’autre part, à l’inverse, certains hommes « ont vécu la honte de grandir avec une sexualité qui ne correspondait pas au “modèle normal” […] une sexualité avide de partenariat et de tendresse ardente, que n’excitaient pas la suprématie et la contrainte5 ».

Ces hommes existent, comme existent les femmes attachées au modèle sadomasochiste et qui soutiennent la philosophie queer, selon qui seuls les « différentiels de pouvoir6 » peuvent susciter le désir. Pour les féministes, si le pouvoir est lié à la sexualité c’est parce que celle-ci est liée au genre – que le genre est indissociable de la contrainte à l’hétérosexualité, ce qu’a magistralement démontré Adrienne Rich7. Et quant à la nature « naturelle » de la sexualité en général, deux sociologues hommes, Simon et Gagnon8, dans les années 1970, ont soutenu d’une façon convaincante et empiriquement étayée que le désir sexuel a un contenu entièrement culturel. Les féministes disent de leur côté depuis longtemps que le lien entre pouvoir et désir sexuel n’est pas plus inévitable que les autres rôles sexués/genrés ; que rien – ni les hormones ni les gènes, ni une configuration universelle du psychisme – ne dicte la forme que prend chez l’être humain la sexualité.

Pour Stoltenberg, l’identité d’homme est liée à la domination et au mépris, domination et mépris qui s’expriment ouvertement dans les sens donnés à la sexualité. Et « parce que cette identité personnelle et sociale est construite […], nous pouvons la refuser9 ».

J’ai souhaité qu’une partie de cet avant-propos soit écrite par ses traducteurs, trois hommes, Mikael Merlet, Yeun L-Y et Martin Dufresne.

Qu’ils disent pourquoi ils ont été, eux, enthousiasmés par ce livre, pourquoi ils ont voulu le traduire. En quoi il a rencontré leurs préoccupations, leurs questions, les a aidés à mieux comprendre comment on fabrique chez les hommes la conviction qu’ils ne peuvent être des hommes qu’en déshumanisant d’autres personnes (les femmes) ; comment ce livre les a confortés dans l’idée qu’on peut se déprendre de certaines habitudes de pensée et de comportement apprises depuis le plus jeune âge ; certes pas d’un seul coup, ni facilement, mais par un long et lent travail. Chacun exprime ce qui est le plus important pour lui dans ce livre, chacun explique quel est le chemin individuel qu’il tente de tracer hors des sentiers battus de la masculinité. Il est important qu’ils le disent avec leurs propres mots.




http://delphysyllepse.wordpress.com/2013/03/26/preface-au-livre-de-john-stoltenberg-refuser-detre-un-homme-pour-en-finir-avec-la-virilite/#comments
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Brad Burroughs
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 2:07
A mon sens, l'erreur vient du fait de découper l'être humain en petits morceaux : les jeunes, les vieux, les riches, les pauvres, les blonds, les bruns, les petits, les gros, les moches, les tordus, les droitiers, les gauchers, les hommes, les femmes, etc.

Peut-être que le féminisme entretient l'un des clivages...

L'humanité doit se libérer de bien des jougs...

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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 8:24
@Brad Burroughs a écrit:Peut-être que le féminisme entretient l'un des clivages...

Mais encore ?
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Lubna
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 9:25
@Brad Burroughs a écrit:A mon sens, l'erreur vient du fait de découper l'être humain en petits morceaux : les jeunes, les vieux, les riches, les pauvres, les blonds, les bruns, les petits, les gros, les moches, les tordus, les droitiers, les gauchers, les hommes, les femmes, etc.

Peut-être que le féminisme entretient l'un des clivages...

L'humanité doit se libérer de bien des jougs...


Je ne crois pas que ce soit le féminisme qui entretienne le clivage hommes/femmes.Il me semble que c est plutôt le patriarcat qui s en charge depuis des lustres.
Qu on estime que le genre ne devrait pas avoir plus d importance que la couleur des cheveux,ok,très bien,mais le fait est que ce n est pas le cas et que la société s'organise sur le clivage hommes/femmes et ce au détriment de ces dernières.Tout ceci s'operant par ailleurs dans la violence.
Il est crucial,à mon sens,que les femmes apprennent à penser entre elles,à s'organiser entre elles, à créer de la solidarité féminine,à se valoriser.
Par ex,j'ai mis longtemps à comprendre la pertinence de la non-mixité dans certaines rencontres féministes,mon sentiment premier était que celle-ci ne pouvait être que contre-productive,qu il ne fallait pas exclure les hommes (ce n était pas tellement "gentil") .Et puis quand on observe un peu,on se rend compte que les rapports de pouvoir ,de domination hommes/femmes sont grosso modo les mêmes dans les milieux "anti-sexistes" que dans la société que l on se plait à fustiger.
Depuis quelques temps c est moi qui la défend cette non-mixité,je m aperçois qu on se heurte toujours aux mêmes reproches,dont celui que tu émets ici : l'entretien d un clivage.
Nous avons récemment crée un petit groupe féministe dans ma ville .
J'en avais trop marre d être en rage toute seule dans mon coin .Bien que je fréquente un milieu censé être anti-sexiste ( et majoritairement masculin) ,je ne trouvais pas de réels échos à mes préoccupations,je ne me sentais pas libre d'exprimer ce que je pouvais parfois ressentir. La colère par ex,je ne me sentais pas en mesure de l exprimer.
J'ai bien perçu que mes "camarades" masculins n étaient pas disposés à l entendre,qu il nous était demandé de l enrober de multiples précautions pour ne point les froisser ,que l on en revient toujours plus ou moins à les rassurer et à devoir supporter le fameux réflexe défensif du " mais on est pas tous pareils!!" quand on ne sombre pas dans le "mais il y a aussi des hommes violés!" versus "il y a aussi des hommes qui font le ménage!" (quoi de mieux que de pointer du doigt des exceptions pour relativiser voire nier la réalité d un système d oppression).
( excellent article à ce sujet : http://lartetlamaniere.wordpress.com/2012/11/14/le-nombrilisme-des-hommes-face-au-feminisme/ )
J ai bien compris aussi qu ils étaient extrêmement réfractaires à la non-mixité.Nous avons fait le choix de ne pas les consulter, d organiser nos réu non-mixtes et basta.
Ben oui,je crois que les opprimé-e-s doivent déjà s organiser entre elle-eux ,parce qu on a vite fait de retomber dans les rapports de pouvoir traditionnels,d'accepter d' être en colère "mais pas trop quand même",de se laisser dicter l ordre des priorités par des gens qui méconnaissent pourtant grandement notre situation.Et je n ai pas l impression d entretenir un clivage mais au contraire d y résister...
Ca n empêche pas l acceptation de la solidarité mais encore faut-il qu'elle soit sincère et humble.


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Elfvy
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 10:39
j'avais lu un bon billet sur cette question du clivage que certains croient entretenu par le féminisme : http://unesorcierecommelesautres.wordpress.com/2013/03/27/feminisme-ou-antisexisme-2/

En fait, je me rends compte que j’aurais dû commencer par là : dire que les genres sont une construction sociale, n’invalide en rien leur existence, l’existence des hommes et des femmes. En tant que classes, donc. Et c’est précisément cela, une position non-idéaliste, non essentialiste : le réel n’est pas le reflet d’une essence intangible ; il n’en est pas moins réel.
[...]
j’ai compris que la seule chose qui faisait qu’on était « femme », ce n’était aucunement le fait de se reconnaître dans les stéréotypes de la « féminité », mais bien le fait que nous étions en tant que telles opprimées par le patriarcat, et donc par les hommes – qui eux aussi existent en tant que classe.

etc.

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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 10:43
@Elfvy a écrit:j'avais lu un bon billet sur cette question du clivage que certains croient entretenu par le féminisme : http://unesorcierecommelesautres.wordpress.com/2013/03/27/feminisme-ou-antisexisme-2/

En fait, je me rends compte que j’aurais dû commencer par là : dire que les genres sont une construction sociale, n’invalide en rien leur existence, l’existence des hommes et des femmes. En tant que classes, donc. Et c’est précisément cela, une position non-idéaliste, non essentialiste : le réel n’est pas le reflet d’une essence intangible ; il n’en est pas moins réel.
[...]
j’ai compris que la seule chose qui faisait qu’on était « femme », ce n’était aucunement le fait de se reconnaître dans les stéréotypes de la « féminité », mais bien le fait que nous étions en tant que telles opprimées par le patriarcat, et donc par les hommes – qui eux aussi existent en tant que classe.

etc.

C'est exactement ça.
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 13:12
@Lubna a écrit:Je ne crois pas que ce soit le féminisme qui entretienne le clivage hommes/femmes.Il me semble que c est plutôt le patriarcat qui s en charge depuis des lustres.
ah ouais, c'est clair ! Tiens, Brad, prends-toi ça dans les gencives... :poire:

Mais le combat pour l'égalité des femmes, au même titre que celui pour la défense des animaux, l'écologie, etc, ne devrait-il pas plutôt se diriger contre ce "patriarcat", justement ? Mener le combat à sa source ? Car si l'oppression des femmes est le résultat de la domination du patriarcat, il me semble qu'il serait peut-être sain de lutter pour s'en débarrasser (du patriarcat - pas des femmes ! geek ) ?

Du coup, la lutte pour "la défense des femmes" monopoliserait les forces pour éradiquer le "patriarcat". Parce qu'il est plus facile de "lutter contre un système" que de "tenter de le supprimer". Ce n'est pas incompatible, mais ça peut être épuisant...

Je ne sais pas si je suis très clair...




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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 13:55
scratch euh non, dsl, je comprends pas.

Puisque nous combattons contre le patriarcat. Nous le nommons, nous l'identifions, nous analysons le système et nous tentons de le déconstruire. Que penses-tu que nous faisons alors si nous, féministes, nous ne luttons pas contre le patriarcat ???

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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 14:15
@Brad Burroughs a écrit:
@Lubna a écrit:Je ne crois pas que ce soit le féminisme qui entretienne le clivage hommes/femmes.Il me semble que c est plutôt le patriarcat qui s en charge depuis des lustres.
ah ouais, c'est clair ! Tiens, Brad, prends-toi ça dans les gencives... :poire:

Mais le combat pour l'égalité des femmes, au même titre que celui pour la défense des animaux, l'écologie, etc, ne devrait-il pas plutôt se diriger contre ce "patriarcat", justement ? Mener le combat à sa source ? Car si l'oppression des femmes est le résultat de la domination du patriarcat, il me semble qu'il serait peut-être sain de lutter pour s'en débarrasser (du patriarcat - pas des femmes ! geek ) ?






Mais heu… Qu'est-ce que tu crois qu'on fait? Suspect (les féministes je veux dire)?
Je comprend pas trop ton point de vue

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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 14:24
@Brad Burroughs a écrit:
Mais le combat pour l'égalité des femmes, au même titre que celui pour la défense des animaux, l'écologie, etc, ne devrait-il pas plutôt se diriger contre ce "patriarcat", justement ? Mener le combat à sa source ? Car si l'oppression des femmes est le résultat de la domination du patriarcat, il me semble qu'il serait peut-être sain de lutter pour s'en débarrasser (du patriarcat - pas des femmes ! geek ) ?

Et ce serait quoi se diriger contre la source du patriarcat selon toi?
Il me semble que lutter pour s en débarasser, c est bien ce que font les féministes
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 18:57
Et bien se serait éradiquer le capitalisme.

Après, tout le reste s'enchaine.
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 9 Mai 2013 - 19:00
Euh... le patriarcat existe depuis bien plus longtemps que le capitalisme !
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Ven 10 Mai 2013 - 19:52
Je l'ai commencé today....

Bon jpense pas que je vais faire des notes de lectures approfondies : je n'ai pas le temps.

Mais il est intéressant ce bouquin.

Pour l'instant de ce que j'ai lu :

- la masculinité est un mensonge, un masque. Elle est comparée à un rôle de théâtre par Stoltenberg (et la comparaison est intéressante, je trouve). Être violent pour un homme, en particulier sexuellement, permet de renforcer sa croyance en l'appartenance à la classe homme.

- il donne quelques conseils d'éducation sexuelles aux hommes. Je me suis dit que ça serait évident pour n'importe quel homme pro-féministe Smile ... et que ceux qui auraient besoin de ces conseils ne liront pas son livre No : ne pas s'inspirer de la pornographie (et arrêter d'en regarder...), être sûr du consentement de sa partenaire, explorer d'autres possibilités que la pénétration.
Rappel aussi que faire l'amour avec quelqu'un =/= baiser quelqu'un
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Brad Burroughs
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Ven 10 Mai 2013 - 20:12
Ce qu'il y a, c'est que la pornographie s'est tellement imposée comme modèle que personne n'imagine comment faire autrement.

Ni même pourquoi.
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Ven 10 Mai 2013 - 20:25
@Brad Burroughs a écrit:Et bien se serait éradiquer le capitalisme.

Après, tout le reste s'enchaine.

Je suis à fond pour éradiquer le capitalisme! Mais je ne suis pas du tout convaincue que tous les systèmes de domination s abattraient automatiquement avec lui.


Dernière édition par Lubna le Ven 10 Mai 2013 - 20:41, édité 1 fois
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Ven 10 Mai 2013 - 20:32
Moi aussi je suis pour abattre le capitalisme, mais ne surtout pas oublier que ce n'est pas suffisant.

Et puis j'ai l'impression que la capitalisme n'est qu'une nouvelle d'aristocratie, non ? (= une élite qui garde le pouvoir pour soi)
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sandrine
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Mar 14 Mai 2013 - 0:53
mardi 28 mai 2013 à 19h Dans le cadre du FRAP (Festival des résistances et alternatives à Paris):

Le nouveau Stendhal
5 rue de Stendhal
Métro Pére-Lachaise

(Repas végétariens à prix libre presque tous les jours)

Critique de la virilité

19h - 20h15 : Présentation avec le collectif "rage de nuit" des marches de nuit non-mixtes (débat en mixité)
21h - 22h30 : Présentation du livre "refuser d'être un homme" avec deux traducteurs: ouvrage écrit par un homme au sujet de la situation dominante
que confère le système patriarcal aux hommes

Lien : http://www.demosphere.eu/rv/25873
Source : message reçu le 12 mai 14h
Refuser d'être un homme - Pour en finir avec la virilité

Stoltenberg John

Depuis sa publication en 1989 (New York, Routledge), Refuser d'être un homme est devenu un classique dans les études de genre, largement cité dans les ouvrages de référence. John Stoltenberg déconstruit l'identité masculine comme un rapport social et trouve dans cette analyse les raisons de penser son changement. L'ouvrage aborde successivement la question de l'identité sexuelle masculine, de la pornographie et de la suprématie masculine et enfin la question du militantisme féministe et de l'identité sexuelle masculine. Le titre provocateur du livre interpelle tous les hommes qui s'interrogent sur leur identité et les rapports de genre dominants dans la société. À ceux-là, ce livre ouvre l'espoir d'un changement possible basé sur le consentement, la réciprocité et le respect dans les relations entre les hommes et les femmes. Les hommes ont le choix, nous dit John Stoltenberg, ils peuvent refuser l'identité masculine dominante. Au moment où se multiplient des tentatives de restaurer la virilité et détourner l'ébranlement du virilisme par le mouvement des femmes, John Stoltenberg déconstruit avec brio et dans un langage accessible l'essentiel du patriarcat tel que le vivent les hommes. Au-delà de la scie libérale des « stéréotypes », il y montre un investissement actif dans le pouvoir sur l'autre, instillé dans le rapport aux femmes et aux hommes, la sexualité, le contrôle social de la procréation et, en bout de ligne, dans l'identité sexuelle masculine. Militant proféministe et compagnon d'Andrea Dworkin (Pouvoir et violence sexiste, Sisyphe, 2007), Stoltenberg demeure l'analyste le plus attentif du machisme et du masculinisme contemporains. Il témoigne du construit de la virilité patriarcale dans ses diverses conséquences (viol, homophobie, objectification sexuelle, pornographie, violence conjugale, militarisme et contrôle masculin sur la procréation des femmes). Ses coups de sonde trouvent dans la culture occidentale et dans le quotidien des hommes - gays comme hétérosexuels - des résistances et des accointances (chez James Baldwin et Kafka, notamment) au projet radical d'une véritable égalité sexuelle, en validant une identité morale intime, qui place la justice au-dessus du plaisir encore éprouvé à « être un homme ».


Le site du FRAP:


http://frap.samizdat.net/

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Brad Burroughs
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Mar 14 Mai 2013 - 1:01
Merci pour l'info, Sardine !

(purée ! en m'inscrivant sur ce forum, j'ignorais que j'allais devenir un vrai rebelle !) :lhomme:
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Lubna
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Mar 14 Mai 2013 - 9:43
sardine a écrit:mardi 28 mai 2013 à 19h Dans le cadre du FRAP (Festival des résistances et alternatives à Paris):

Le nouveau Stendhal
5 rue de Stendhal
Métro Pére-Lachaise

(Repas végétariens à prix libre presque tous les jours)

Critique de la virilité

19h - 20h15 : Présentation avec le collectif "rage de nuit" des marches de nuit non-mixtes (débat en mixité)
21h - 22h30 : Présentation du livre "refuser d'être un homme" avec deux traducteurs: ouvrage écrit par un homme au sujet de la situation dominante
que confère le système patriarcal aux hommes

Lien : http://www.demosphere.eu/rv/25873
Source : message reçu le 12 mai 14h
Refuser d'être un homme - Pour en finir avec la virilité

Stoltenberg John

Depuis sa publication en 1989 (New York, Routledge), Refuser d'être un homme est devenu un classique dans les études de genre, largement cité dans les ouvrages de référence. John Stoltenberg déconstruit l'identité masculine comme un rapport social et trouve dans cette analyse les raisons de penser son changement. L'ouvrage aborde successivement la question de l'identité sexuelle masculine, de la pornographie et de la suprématie masculine et enfin la question du militantisme féministe et de l'identité sexuelle masculine. Le titre provocateur du livre interpelle tous les hommes qui s'interrogent sur leur identité et les rapports de genre dominants dans la société. À ceux-là, ce livre ouvre l'espoir d'un changement possible basé sur le consentement, la réciprocité et le respect dans les relations entre les hommes et les femmes. Les hommes ont le choix, nous dit John Stoltenberg, ils peuvent refuser l'identité masculine dominante. Au moment où se multiplient des tentatives de restaurer la virilité et détourner l'ébranlement du virilisme par le mouvement des femmes, John Stoltenberg déconstruit avec brio et dans un langage accessible l'essentiel du patriarcat tel que le vivent les hommes. Au-delà de la scie libérale des « stéréotypes », il y montre un investissement actif dans le pouvoir sur l'autre, instillé dans le rapport aux femmes et aux hommes, la sexualité, le contrôle social de la procréation et, en bout de ligne, dans l'identité sexuelle masculine. Militant proféministe et compagnon d'Andrea Dworkin (Pouvoir et violence sexiste, Sisyphe, 2007), Stoltenberg demeure l'analyste le plus attentif du machisme et du masculinisme contemporains. Il témoigne du construit de la virilité patriarcale dans ses diverses conséquences (viol, homophobie, objectification sexuelle, pornographie, violence conjugale, militarisme et contrôle masculin sur la procréation des femmes). Ses coups de sonde trouvent dans la culture occidentale et dans le quotidien des hommes - gays comme hétérosexuels - des résistances et des accointances (chez James Baldwin et Kafka, notamment) au projet radical d'une véritable égalité sexuelle, en validant une identité morale intime, qui place la justice au-dessus du plaisir encore éprouvé à « être un homme ».


Le site du FRAP:


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Il est vachement bien ce festival!
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Mer 15 Mai 2013 - 13:24
J'avance dans ma lecture... j'ai pas le bouquin sous les yeux, mais j'en suis à un chapitre très intéressant.

L'auteur y parle de l' Ordonnance des Droits civils Anti-pornographie (Antipornography Civil Rights Ordinance), des lois locales, dans le droit civil (=/= pénal), qui permet à toute femme blessée par la pornographie, de poursuivre en justice des producteurs de pornographie. Cette ordonnance a été rédigée par A. Dworkin et C. MacKinnon, célèbres féministes.

J'ai lu rapidement, mais je crois que n'importe quelle femme (ou trans, ou homosexuel...) pouvait en fait poursuivre en justice des producteurs en disant que ça allait contre ses droits civiques.

Pour précision : la pornographie est décrite comme la subordination sexuelle explicites des femmes à travers les images. Autrement dit, pas de soucis avec la pornographie féministe.

Il s'agit d'une loi civile, donc en fait ça n'aboutissait pas à des peines de prison ou des amendes, mais en des dommages & intérêts, et aussi à des interdictions de produire de la pornographie.

Ca permettait aux femmes qui avaient été exploitées/violées dans la pornographie (comme Linda Lovelace dans "Gorge Profonde") de toucher des dommages & intérêts et de faire stopper la distribution de la vidéo de ... son viol.

Bref, je trouve que cette loi avait l'air vraiment bien conçue. Elle a été votée par certains les conseils municipaux de plusieurs villes, mais des maires (hommes) s'y sont opposés parce qu'elle irait prétendument à l'encontre du 1er amendement de la Constitution des E-U (Liberté d'expression) Rolling Eyes Evil or Very Mad

J'ai l'intention de relire bien ce chapitre et de vous en faire un résumé.

Sinon, des infos sont disponibles (en anglais) sur wikipédia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Antipornography_Civil_Rights_Ordinance
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 16 Mai 2013 - 8:54
Juste pour dire que j'ai fini le chapitre... et ça m'a laissé un goût amère.

La loi a été annulée car considérée comme anti-constitutionnelle, car s'opposant à la "liberté d'expression".

Et en gros quand on lit le chapitre, on comprend clairement que les juges et les maires ont considéré que l'intégrité physique des femmes avaient moins de valeur que la "liberté d'expression" des pornographes.

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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Jeu 16 Mai 2013 - 14:21
En France, deux décisions de justice me semblent aller dans le sens de ce projet de loi (je ne sais pas si j'ai déjà posté ce lien) :

http://www.francesoir.fr/people-tv/sexeinsolite/une-ancienne-actrice-porno-obtient-justice-face-a-google-200111.html

La justice a considéré que ces films pornos, même destinés à la publication lors de leur tournage, relèvent de la "vie privée" et du "droit à l'oubli" des actrices, dans ces deux affaires.
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

le Sam 11 Avr 2015 - 17:11
Au final, d'un point de vue féministe, ce livre est il intéressant ? Est-il adapté aux "débutant-e-s" ? Je me tâte a l'acheter.

Merci ! Smile
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blog sorcièrecommelesautres disparu?

le Mer 26 Aoû 2015 - 13:21
@Elfvy a écrit:j'avais lu un bon billet sur cette question du clivage que certains croient entretenu par le féminisme : http://unesorcierecommelesautres.wordpress.com/2013/03/27/feminisme-ou-antisexisme-2/

En fait, je me rends compte que j’aurais dû commencer par là : dire que les genres sont une construction sociale, n’invalide en rien leur existence, l’existence des hommes et des femmes. En tant que classes, donc. Et c’est précisément cela, une position non-idéaliste, non essentialiste : le réel n’est pas le reflet d’une essence intangible ; il n’en est pas moins réel.
[...]
j’ai compris que la seule chose qui faisait qu’on était « femme », ce n’était aucunement le fait de se reconnaître dans les stéréotypes de la « féminité », mais bien le fait que nous étions en tant que telles opprimées par le patriarcat, et donc par les hommes – qui eux aussi existent en tant que classe.

etc.
Je me demandais si ce blog était encore consultable ailleurs?
Je ne connais pas le fonctionnement des archives...
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Re: [Livre] John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité

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